mercredi 16 mai 2012

Meilleur fonds alternatif sur 1 an : Invesco Balanced-Risk Allocation Fund

jeudi 09 février 2012 à 00h00

Les fonds alternatifs ont réalisé des performances assez contrastées en 2011, la performance du meilleur de la classe l'Invesco Balanced-Risk Allocation Fund (+14,6%) étant plus de 4% supérieure à celle du deuxième fonds du classement. A l'occasion du Spécial Fonds publié en octobre 2011, nous avions déjà eu l'occasion d'interviewer Scott Wolle, qui dirige l'équipe d'Invesco assurant la gestion du fonds. A l'époque, ce fonds affichait déjà une performance de 8%, ce qui lui a permis de terminer l'année avec une avance appréciable.
 
Trois pôles
 
Pour rappel, Invesco Balanced-Risk Allocation Fund est un fond géré de manière purement quantitative, et qui vise à réaliser de bonnes performances quel que soit l'environnement de marché. Pour y arriver, le fonds fera varier les pondérations entre trois grands pôles (actions, obligations, matières premières) selon le contexte économique, en utilisant des contrats à terme sur obligations gouvernementales, des dérivés sur indices boursiers ou des ETF sur matières premières. "Des produits très liquides dont nous pouvons entrer et sortir très rapidement".
 
Pas de stock picking ou d’analyse bottom-up dans ce fonds, la décision d’investissement est gérée automatiquement par le modèle. « A la base, il y a un travail de recherche fondamental effectué par les analystes sur les attentes quant à l’évolution du scénario macroéconomique. Ensuite, le modèle tourne chaque jour, et les portefeuilles sont rééquilibrés chaque mois. Toutes les décisions d’investissements sont basées sur les résultats du modèle ».
 
Surprise
 
Le but sera de maintenir un niveau de risque identique pour les trois grandes classes d'actifs. Si les obligations gouvernementales sont perçues à un moment comme étant devenues plus risquées, il faudra moins de contrats futures pour remplir le quota de risque. "Notre but est clairement de gagner en ne perdant pas. En outre, nous ne prenons pas de risque sur les devises dans le cadre de ce portefeuille, et toutes les positions seront couvertes en euros. Le risque de change est traditionnellement un de ceux qui est systématiquement sous-estimé par les investisseurs".
 
"La valorisation des marchés boursiers est devenu de plus en plus attractive durant l'automne tandis que certaines obligations souveraines (notamment allemandes) sont devenues très chères", constate Scott Wolle (Invesco). "La vigueur des indicateurs américains nous a surpris. Initialement, nous ne pensions pas que le processus de désendettement au niveau américain serait compatible avec une croissance économique forte. Nous sommes donc pratiquement revenus en position neutre sur les actions à la fin 2011", avec une surpondération tactique sur les Etats-Unis et le Royaume-Uni et une sous-pondération sur l'Europe.
 
Pétrole
 
L'autre grand changement sur les derniers mois est le passage à une position surpondérée en pétrole, dans le portefeuille consacré aux matières premières. "Les fondamentaux ont commencé à s'améliorer avec l'embellie économique. Nous sommes assez enthousiastes sur le prix de l'or noir, d'autant qu'il y aura des facteurs à plus long terme qui vont jouer, comme la montée en puissance de l'Iran dans le paysage politique du Proche Orient". Toujours au niveau des matières premières, la surpondération en or a été corrigée suite au comportement moins explosif du cours sur les derniers mois."Mais nous sommes toujours surpondérés sur le métal jaune, dans un climat de taux réels négatifs qui devrait encore se prolonger".
 
Pour 2012, Scott Wolle souligne que si l'économie se reprend, il faudra être sous-investi en obligations gouvernementales. "Il semble que l'économie américaine se porte mieux, et que la Chine devrait être en mesure d'éviter un ralentissement économique brutal. Nous n'avons toutefois que peu de visibilité sur les bourses européennes, et je crains qu'il faudra que les marchés subissent encore l'indécision des politiques européens dans les mois à venir"
 
Comgest Growth Europe
 
L'année 2011 a été difficile sur les marchés boursiers, mais les meilleurs gestionnaires ont démontré qu'il était possible de dégager une performance attrayante dans ce contexte difficile. Si le marché belge a été particulièrement difficile à négocier (le meilleur gestionnaire reculant de plus de 12%), certains fonds européens et de nombreux fonds américains ont fait plus que tirer leur épingle du jeu. Enfin, sur les pays émergents, l'année s'est également terminée sur un repli de plus d'au moins 10% pour la plupart des fonds, même si certains marchés se sont nettement mieux comportés que d'autres.
 
Comgest Growth Europe, notre vainqueur dans la catégorie des fonds en actions européennes, est ainsi parvenu à perdre moins de 1% sur l'année 2011. Arnaud Cosserat (gestionnaire du fonds) relativise toutefois cette performance. "Pour nous, ce n'est pas un but en soit d'être premier sur un horizon artificiel de 1 an. Je préfère me considérer comme un marathonien, qui peut parfois être dépassé par des sprinters qui n'arriveront jamais au but".
 
Très concentré
 
Avec Comgest Growth Europe, nous passons à une gestion bottom-up pure et dure, avec une sélection de valeurs totalement désindexée, qui respecte seulement quelques règles de diversification entre les différentes positions. "Notre portefeuille est extrêmement concentré, soit entre 20 et 35 positions". Et de fait, les 10 premières positions pèsent près de 50% du portefeuille. En outre, le turnover est également très faible. "Nous ne faisons pas de trading quotidiennement. Notre travail vise à sélectionner des actions qui vont rester cinq ans en portefeuille".
 
Arnaud Cosserat fait partie d'une équipe de 8 analystes-gérants chez Comgest. "Comme nous faisons peu de mouvements sur notre portefeuille, mon activité de gestionnaire ne prend que 5% de mon temps, et le reste est consacré à étudier les sociétés". Sur les 1.700 sociétés disposant d'une capitalisation suffisante (500 millions d'euros), 200 sont suivies de manière approfondie, et 75 font l'objet d'un suivi très étroit. "Nous sommes en contact au moins une fois par trimestre avec ces 75 entreprises, que ce soit directement ou par le biais d'une participation aux grandes foires professionnelles. Dès lors, nous sommes très souvent en déplacement, et parvenir à maintenir une réunion hebdomadaire entre les gérants est souvent difficile". Il souligne également que le plus gros risque est d'être trop proche des sociétés suivies, et d'en tomber amoureux. "C'est la raison pour laquelle nous procédons tous les ans à une revue des sociétés suivies afin de remettre en question les opinions des gérants".
 
Sélectivité
 
Le premier critère retenu pour faire partie du fonds est une croissance organique suffisamment forte du chiffre d'affaires, qui doit se situer autour de 7-8%. "Il faut surtout que cette progression soit très régulière et durable. La valeur d'une société ne reflète que rarement sa capacité à faire durer sa croissance à long terme". Le deuxième critère est de choisir des sociétés qui ont des produits uniques, qui ne peuvent être facilement substitués. "Ces entreprises ont souvent la capacité de fixer plus librement leurs prix. Notre but est fondamentalement de viser les segments dynamiques, les tendances de long terme de l'économie. Il ne faut pas forcément aller dans les pays émergents pour trouver des marchés émergents".
 
Dès lors, il y a beaucoup de secteurs dans lesquels Comgest Growth Europe n'est pas du tout investi, comme les valeurs financières ou les cycliques dures qui n'ont aucun contrôle sur leurs prix de vente. Ce qui peut être bon à certains moments et mauvais à d'autres. "Nous avions par exemple souffert par rapport aux autres fonds dans la période 2004-2005 en raison de notre absence d'exposition sur le secteur bancaire. Mais en 2011, cela nous a bien aidé. Sur le long terme, ces secteurs dégagent de toute façon des rendements inférieurs à la moyenne".
 
Triple axe
 
Les décisions d'acheter ou de vendre une position se fait classiquement sur un triple axe valorisation / croissance / risque. "Si le risque devient trop élevé, si la croissance est menacée, ou si la valorisation grimpe vers des niveaux excessifs, nous réduirons notre position. L'exemple le plus récent qui me vient à l'esprit est celui de Reckitt Benckiser, une société dans laquelle nous avons eu une position pendant de nombreuses années avant que le groupe subisse des attaques de Procter & Gamble, et que la croissance commence à se ralentir. Nous avons liquidé notre position en 12 mois. Si nous devons choisir d'investir dans deux sociétés équivalentes à tous les niveaux, nous choisirons celle qui est la plus diversifiée et la moins exposée aux risques".
 
Au niveau sectoriel, c'est le secteur des soins de santé qui est le mieux représenté, mais avec très peu d'exposition sur les grandes pharmaceutiques (environ 7% avec Roche et Novo Nordisk), l'essentiel du pôle Healthcare étant constitué de groupes comme Essilor ou Coloplast, Arnaud Cosserat apprécie également des groupes comme Inditex ou H&M, "des sociétés que nous apprécions beaucoup, qui disposent encore d'énormes possibilités de croissance, et qui augmentent d'ailleurs chaque année leur couverture géographique".
 
Croissance propre
 
"En 2012, la croissance sera rare en raison du double effet des mesures d'austérité et de la réduction de l'endettement. Plus que jamais, nous pensons donc qu'investir dans des valeurs affichant un profil de croissance élevé se justifiera, beaucoup plus qu'au milieu des années 2000 quand la croissance était artificiellement dopée par une bulle de liquidité et de dette. Il faut donner la préférence à des sociétés dont les résultats dépendent de leur propre force plutôt que de la santé de l'économie".

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