Devrons-nous bientôt payer la banque pour garder notre argent en sécurité?

01/03/16 à 14:00 - Mise à jour à 14:01

Source: Moneytalk

Cela semble incroyable que la banque nous facture un jour des intérêts négatifs au lieu de verser des intérêts sur notre compte d'épargne. Différentes banques demandent toutefois de débattre si le taux minimum actuel de 0,11% sur les livrets d'épargne est vraiment tenable.

Devrons-nous bientôt payer la banque pour garder notre argent en sécurité?

© Reuters

"Si nous devons payer, alors je mets mon argent dans des sacs en plastique de sorte qu'il ne se mouille pas et je l'enfouis dans le sol." C'est une citation de l'entrepreneur Willy Naessens lors du dernier épisode de l'émission de télévision The Sky is the Limit (sur la chaîne flamande Vier, NDLR). Cela résume parfaitement le plus grand risque des taux négatifs. Si les banques diminuent leurs taux jusqu'en dessous de zéro, les épargnants risquent de retirer massivement leur argent.

En ce moment, il est légalement interdit de compter des intérêts négatifs sur les livrets d'épargne. "Les taux d'intérêt sur les livrets d'épargne réglementaires sont déterminés par arrêté royal, qui déclare que les intérêts doivent consister en un taux de base et une prime de fidélité", explique la fédération bancaire Febelfin. "Selon l'interprétation des autorités, le minimum légal se situe à 0,1% de prime de fidélité et 0,01% de taux de base."

Bruno Colmant, membre de la direction de DegroofPetercam, a suggéré dans une interview pour De Tijd que la loi pourrait bien à nouveau changer. "Je n'exclus pas que les taux d'intérêt sur les livrets d'épargne deviennent négatifs pour les grands dépôts, si le taux directeur de la Banque Centrale Européenne évolue encore plus négativement. Il y aura peut-être une différence de traitement entre les dépôts en dessous et au-dessus de 100.000 euros. Pour cela, la loi doit toutefois être modifiée."

Limite douloureuse

Febelfin nie qu'il y ait des propositions dans ce sens sur la table. "La modification de la législation n'est actuellement pas en discussion avec les autorités, mais il faut bien sûr souligner que cette loi, et son interprétation, datent de temps normaux. Aujourd'hui, nous nous trouvons dans un climat historiquement atypique, avec des taux d'intérêt particulièrement bas, guidés par la politique monétaire de la BCE."

Selon Febelfin, le taux d'intérêt minimum devient de plus en plus "une limite douloureuse", parce que les banques doivent elles-mêmes payer de plus en plus d'intérêts de pénalité pour déposer leur argent auprès de la Banque Centrale européenne. "Nous ne pouvons pas nier que le système actuel suscite de plus en plus de questions, et que le débat devra probablement être mené dans le futur."

Nous synthétisons encore rapidement pour vous ce que les personnes au top des banques ont dit au cours des dernières semaines au sujet du taux d'intérêt minimum sur les livrets d'épargne.

Johan Thijs (KBC):

"Le taux d'intérêt de la BCE est notre matière première. Si le prix de notre matière première change, c'est particulièrement dangereux de ne pas le répercuter. J'imagine que la Banque Nationale, en tant qu'autorité de surveillance, va examiner comment ce ratio évolue."

Marc Raisière (Belfius):

"N'oubliez pas que nous payons aussi des taxes sur base du livret d'épargne, au total pour 0,31%. Nous offrons pour l'instant un taux d'intérêt de 0,15%. En tout, cela fait donc 0,46%. Nous verrons si le minimum de 0,11% sera maintenu."

Rik Vandenberghe (ING Belgique):

"Si les taux d'intérêt restent aussi faibles qu'aujourd'hui - et nous pensons effectivement que le climat des taux bas sera encore maintenu un certain temps - alors cela met la pression sur la rentabilité. Mais le secteur bancaire n'est pas demandeur d'une diminution du taux d'intérêt minimum."

Jan Smets (Banque Nationale):

"Les banques doivent s'adapter et peuvent garder leurs marges à niveau en diminuant les coûts ou en devenant plus efficientes. Les banques doivent soigneusement gérer les taux de marché très bas, mais une diminution du minimum légal n'est pas à l'ordre du jour."

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