Pourquoi ce n'est pas une bonne idée de mettre votre argent sous un matelas

26/08/16 à 11:50 - Mise à jour à 11:49

Source: Moneytalk

L'avenir ne semble pas rose pour les épargnants maintenant que KBC a prouvé qu'il y a moyen de contourner le taux minimum de 0,11%. "Ce n'est tout de même pas une raison de mettre votre argent sous un matelas", dit Michel Vermaerke, CEO chez Febelfin.

Pourquoi ce n'est pas une bonne idée de mettre votre argent sous un matelas

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KBC a touché une corde sensible en ramenant les taux d'intérêt sur les comptes d'épargnes pour les indépendants à 0 à partir du 23 octobre. Le bancassureur a trouvé le moyen de le faire, en convertissant les livrets d'épargne réglementés en comptes d'épargne non réglementés. De cette manière, la banque n'est plus obligée de payer les 0,11% d'intérêts minimum.

Test-Achats a réagi de manière consternée à la nouvelle. "Ce qui est possible pour les sociétés l'est aussi pour le consommateur", dit le porte-parole Simon November. La fédération bancaire Febelfin confirme qu'une telle reconversion est théoriquement possible pour les épargnants particuliers aussi.

Beaucoup d'épargnants ne voient dès lors plus l'utilité de placer leur argent dans une banque. "Malgré tout, ce n'est pas une bonne idée de thésauriser votre argent", dit Michel Vermaerke, CEO de Febelfin, la fédération belge du secteur financier.

"Ce n'est plus de ce temps"

Il souligne que l'octroi de crédits se fait sur base des dépôts que des personnes placent auprès des banques. "Plus d'argent sous le matelas signifie moins d'argent à la banque et donc moins de capital qui circule vers les familles et les sociétés", explique Vermaerke. "Nous maintenons ainsi l'économie en mouvement. Si tout le monde revient au cash, cela aura un impact néfaste sur notre croissance économique."

Thésauriser l'argent n'est également pas sans conséquence pour l'épargnant. Pour commencer, les paiements en cash au-dessus de 3000 euros sont exclus dans notre pays. "Une limite est en vigueur sur les paiements en cash, pour lutter contre la fraude", poursuit Vermaerke. La Banque Centrale européenne (BCE) a en outre planifié la suppression du billet de 500 euros.

D'autre part, les paiements en ligne sont hors de question si l'argent ne se trouve plus sur un compte bancaire. Maintenant que l'e-commerce commence à décoller dans notre pays. Des chiffres de BeCommerce, l'association belge des commerçants en ligne, il ressort que les consommateurs belges ont acheté l'an dernier pour 8,2 milliards d'euros en ligne. "Cela prouve une fois de plus que le paiement électronique est devenu monnaie courante", selon Vermaerke. "Nous voyons en outre que l'an dernier plus de 750 millions de virements électroniques ont été effectués et qu'environ 3,1 millions de Belges utilisent une application mobile pour consulter leurs comptes. S'il n'ont plus d'argent sur leur compte bancaire, toutes ces options disparaissent."

Plus sûr dans une banque

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Les taux négatifs ne sont pas à l'ordre du jour dans notre pays. Les banques doivent offrir un taux minimum déterminé

Ensuite, Vermaerke souligne que l'argent est beaucoup plus en sécurité dans les mains des banques que sous un matelas. "En Belgique, une garantie de 100.000 euros s'applique sur l'argent déposé dans une banque. Si l'argent est conservé à la maison, il risque d'être volé." En outre, il est beaucoup plus pratique d'avoir une vue d'ensemble sur votre situation financière si votre argent se trouve sur un compte. À tout moment, vous pouvez consulter votre compte bancaire, via des applications ou en agence. "Si vous thésaurisez tout votre argent, vous perdez cette vue d'ensemble", argumente Vermaerke.

Selon Vermaerke, une société avec cash n'est tout simplement plus de ce temps. "C'est comme si quelqu'un proposait de remplacer les smartphones par des cabines téléphoniques." Il souligne une fois de plus que les épargnants ne doivent pas craindre les taux négatifs, plaidés plusieurs banques. "Les taux négatifs ne sont pas à l'ordre du jour dans notre pays. Les banques doivent offrir un taux minimum déterminé. La faiblesse des taux restent en outre une bonne affaire pour les consommateurs", conclut Vermaerke.

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