Voici pourquoi les banques désirent facturer des frais supplémentaires aux épargnants

01/09/16 à 14:09 - Mise à jour à 14:08

Source: Moneytalk

2016 semble se révéler une année juteuse pour les banques. Le leader du marché, BNP Paribas, a notamment publié de très beaux chiffres à la mi-année. Ce qui n'empêche pas les banques de procéder à une augmentation des frais.

Voici pourquoi les banques désirent facturer des frais supplémentaires aux épargnants

© Belga

BNP Paribas Fortis et Argenta ont publié de beaux résultats cette semaine. Les six derniers mois, BNP Paribas Fortis a enregistré un bon milliard de bénéfice, tandis qu'Argenta affiche un bénéfice de 97 millions d'euros. Belfius vient pour sa part d'annoncer 249 millions d'euros de bénéfice et KBC enregistre un bénéfice de 721 millions d'euros - incluant des revenus non-récurrents - au deuxième trimestre.

Politique monétaire de la BCE

Malgré ces résultats, les banques ne sont pas optimistes pour le futur. La politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE) augmente la pression sur les revenus d'intérêts des banques.

Les effets néfastes de cette politique ne sont pas encore directement perceptibles cette année. Selon le bancassureur Argenta, cela s'explique notamment par le fait que les banques ont pu, en 2016 encore, diminuer les taux d'intérêt sur l'épargne. Toutes les grandes banques, et la plupart des petites banques, ont ainsi abaissé les intérêts sur leurs livrets d'épargne traditionnels pour les amener au minimum absolu de 0,11%.

"La diminution des revenus d'intérêts a été compensée par une plus grande diminution des frais financiers en conséquence de la diminution des taux sur les dépôts d'épargne", faisait savoir la banque mercredi au cours de la présentation des résultats.

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La baisse des revenus d'intérêts a été compensée par une plus grande diminution des frais financiers

Ensuite, les banques ont tout juste pu garder la tête hors de l'eau grâce aux indemnités de remploi que les consommateurs doivent payer en cas de révision d'un crédit logement. Lors d'un refinancement, l'emprunteur doit payer trois mois d'intérêts. Les banques ont en outre, jusqu'à présent, octroyé plus de crédits en 2016. Chez KBC par exemple, le nombre de crédits a augmenté de 4% en glissement annuel. Argenta a même enregistré une hausse de 51% en Belgique et de 88% aux Pays-Bas.

Les banques craignent 2017

Mais selon Max Jadot, le CEO de BNP Paribas Fortis, ces effets positifs s'atténueront à partir de 2017. Et maintenant que les taux d'intérêt sont arrivés au minimum légal, les banques doivent se procurer d'autres sources de revenu pour garder leurs marges bénéficiaires à niveau.

KBC a été discrédité la semaine dernière, il est vrai, lorsque la banque a contourné le taux minimum en rebaptisant certains produits d'épargne pour les professionnels en comptes d'épargne non-réglementés. De ce fait, KBC n'est plus contraint de payer 0,11% d'intérêts à ses clients. Johan Van Overtveldt, le ministre des Finances, a déjà fait savoir qu'il examine comment il peut empêcher que les banques touchent au taux minimum.

Selon Max Jadot, les banques n'ont également pas d'autre choix que d'augmenter certains services bancaires. BNP Paribas Fortis a en l'occurrence déjà fait le premier pas en augmentant les frais de dossier pour les crédits hypothécaires et les refinancements de crédits logement. Les banques pourraient aussi rendre payants certains services actuellement gratuits, rendre de nouvelles applications mobiles payantes, ou ne plus donner de conseils gratuits aux clients. Toutes les banques ne semblent toutefois pas emprunter cette voie.

Au cours de la présentation de ses résultats de mi-année, Belfius a fait savoir que la banque ne planifie pas d'augmentation des frais pour les services bancaires à court terme. La banque a toutefois l'objectif de vendre plus de cinq produits par client, donc pas seulement un livret d'épargne mais par exemple aussi des produits d'investissement. La banque d'Etat désire de cette manière trouver de nouveaux revenus.

Ce que les autres banques vont décider reste de la pure spéculation. Nous pouvons cependant déjà dire avec certitude que la prochaine réunion de la BCE au sujet des taux d'intérêt aura un impact sur les plans des banques.

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