Crédit logement: le remboursement peut-il dépasser un tiers du salaire ?

06/02/17 à 10:02 - Mise à jour à 10:01

Source: Moneytalk

Les personnes qui achètent une habitation ont intérêt à ne pas dépenser plus d'un tiers de leur salaire pour le remboursement. Ce conseil a été donné pendant de longues années, "mais il n'est plus pertinent", observe AXA Bank.

Crédit logement: le remboursement peut-il dépasser un tiers du salaire ?

© Getty Images/iStockphoto

Tout comme les baby-boomers, les millennials, la génération qui entre aujourd'hui sur le marché immobilier, préfèrent posséder leur propre toit au-dessus de leur tête plutôt que de louer une habitation. Il y a différentes explications à cela, selon AXA Bank. Les jeunes sont persuadés qu'un logement à soi est un bon investissement. "Mais la petite différence entre le prix du loyer et le remboursement mensuel d'un crédit hypothécaire a aussi son importance", dit Nele Bamps, Head of Product Management Credits chez AXA Bank. "Pourquoi loueriez-vous un appartement si, pour le même argent, vous pouvez en posséder un ?"

La recherche d'une habitation ne se déroule toutefois pas toujours comme sur des roulettes, nous apprend une étude de la banque auprès de presque 800 propriétaires de logement. Pas moins de 60% des millennials reçoivent une aide financière des parents, malgré les faibles taux actuels. "Les jeunes ont du mal à respecter le principe du tiers parce que leur épargne a peu rapporté ces dernières années", explique Isabeau De Cleen, porte-parole chez AXA Bank. "Le montant emprunté a en outre augmenté de 56% depuis 2008, alors que les salaires ont augmenté d'environ 45%. Cela conduit à une proportion plus grande du crédit hypothécaire dans le budget."

La règle d'or

"Auparavant, on appliquait la règle selon laquelle vous ne pouviez consacrer qu'un tiers de vos revenus au remboursement d'une habitation. Mais c'est dépassé", affirme Bamps. Seuls les 50-65 ans peuvent encore respecter cette proportion. Les plus jeunes doivent en général aller au-delà. 43% de la catégorie d'âge la plus jeune dépensent jusqu'à 40% de leurs revenus au remboursement d'une habitation. Il y a vingt ans, ils n'étaient que 19%.

Ce sont surtout les personnes seules qui abandonnent la règle du 1/3, nous apprennent les chiffres de BNP Paribas Fortis. Les célibataires qui ont un crédit logement en cours auprès du leader du marché remboursent en moyenne 610 euros par mois. Selon cette règle, ils devraient par conséquent gagner au moins 1.830 euros. Ce qui est le cas pour seulement 50% des Belges selon les chiffres les plus récents du SPF Economie. Un Belge sur deux gagne en moyenne plus de 1.807 euros net.

Planning budgétaire

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À mesure de l'augmentation des revenus, la pertinence de la règle du tiers diminue. Ce qui compte, c'est ce qui reste à la fin du mois

"Une meilleure méthode est la combinaison d'un bon planning budgétaire avec un plan de remboursement réalisable", continue Bamps. Le revenu disponible, le montant qui reste après le remboursement mensuel d'un crédit logement, joue un rôle essentiel selon AXA Bank. "Nous appliquons la ligne directrice de 1.200 euros par mois pour un couple et 1.000 euros pour une personne seule. Ces dix dernières années, le revenu disponible moyen chez les clients d'AXA Bank a augmenté de presque 40%. À mesure de l'augmentation des revenus, la pertinence de la règle du tiers diminue. Ce qui compte, c'est ce qui reste à la fin du mois", précise Bamps.

La ligne directrice d'AXA est surtout utile pour les personnes seules. "Les frais fixes sont presque aussi élevés pour un célibataire que pour un couple, ils pèsent donc relativement plus lourd", selon De Cleen.

On prévoit que les crédits logement deviendront plus chers cette année. Greet Van Criekingen, responsable des crédits hypothécaires chez BNP Paribas Fortis, parle d'une légère augmentation, de pas plus de 0,5 point de pourcent. Mais cela n'arrêtera pas la course à l'immobilier. Selon De Cleen, les taux d'intérêt restent suffisamment attrayants pour les personnes à la recherche d'une habitation. "Il est possible qu'une légère accalmie intervienne, mais nous prévoyons que l'immobilier restera un investissement intéressant", conclut-elle.

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