"À court terme, il serait indiqué de sécuriser les bénéfices réalisés en bourse"

26/04/16 à 12:53 - Mise à jour à 12:53

Source: Moneytalk

Après deux semaines relativement calmes sur les marchés, le stratège en chef d'ABN AMRO, Erik Joly, pense que les investisseurs ont intérêt à quelque peu sécuriser leurs bénéfices. "La Grèce et le référendum sur le Brexit peuvent à nouveau échauffer les esprits."

"À court terme, il serait indiqué de sécuriser les bénéfices réalisés en bourse"

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Le Bel20 a enregistré neuf jours de bénéfice consécutifs. Comme les bourses naviguent actuellement dans des eaux plus calmes, le moment est-il venu d'effacer des tableaux la perte enregistrée depuis le début de cette année, actuellement encore à environ 5% ? Ou voyez-vous plutôt cela comme une courte période de calme avant la prochaine tempête ?

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Les marchés seront probablement à nouveau plus nerveux à mesure que nous approcherons du référendum sur le Brexit

Erik Joly: Que le Bel20, et par extension la plupart des autres bourses, présentent de belles performances depuis deux mois a différentes origines. En premier lieu, on assiste à la fin de la chute effrénée du prix du pétrole. Le prix de l'or noir a même augmenté de plus de 50% par rapport au point le plus bas de janvier. Dans le sillage du pétrole, les prix de la plupart des autres matières premières ont également grimpé. Cette évolution est à attribuer à la meilleure conduite des affaires en Chine. Pour l'instant, le marché estime les probabilités d'un "atterrissage difficile" à nouveau plus basses. En même temps, les résultats des entreprises s'avèrent jusqu'à présent bons et la situation se stabilise dans les pays émergents. Mais ce serait aller un peu trop vite en besogne de déclarer que la volatilité a disparu de l'horizon. Les marchés deviendront probablement à nouveau plus nerveux à mesure que nous approcherons du référendum sur le Brexit. Et la situation en Grèce peut aussi soudainement échauffer les esprits. A très court terme, il est indiqué de quelque peu sécuriser les bénéfices réalisés sur les bourses."

Selon les données les plus récentes, l'économie de la zone euro continue à faire du surplace. Prévoyez-vous encore une accélération de la croissance plus tard dans l'année ? Quels sont les facteurs susceptibles de déterminer la direction dans laquelle nous allons?

Joly: "Les données les plus récentes confirment la tendance déjà observable depuis un certain temps, à savoir celle d'une économie stagnante dans la zone euro. Ceci étant dit, nous tablons sur une croissance modérée de l'économie au cours des prochains trimestres. Les prix (plus) faibles du pétrole et l'octroi de crédit plus souple par les banques peuvent soutenir la demande intérieure au cours des prochains mois. Et la politique monétaire souple ainsi que certaines mesures fiscales prises çà et là, devraient également fournir l'appui nécessaire."

Eurostat a calculé que l'endettement public belge a augmenté jusqu'à 434 milliards d'euros, soit 106% du produit intérieur brut. Devons-nous d'abord nous attaquer d'urgence à cette montagne de dette ou d'autres priorités s'imposent-elles ?

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Bien sûr, l'assainissement des finances de l'État, ainsi que l'instauration d'un certain nombre de réformes structurelles restent d'une importance capitale

Joly: "Notre pays souffre surtout d'un problème d'image, en ce moment. Les attentats du 22 mars, et la grève, peu appréciée, des contrôleurs aériens qui s'en est suivi, font que nous recevons le vent de face sur le plan international. À court terme, nous devons travailler d'urgence à la réparation de l'image cabossée si nous voulons éviter que les clients et entreprises étrangers négligent la Belgique dans le futur. Mais bien sûr, l'assainissement des finances de l'État, ainsi que l'instauration d'un certain nombre de réformes structurelles restent d'importance capitale. Cela doit en effet soutenir la croissance de l'économie à long terme."

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