BNP Paribas rassure mais ne convainc pas

02/07/14 à 15:50 - Mise à jour à 15:50

Source: Moneytalk

Malgré une amende monstre de 8,97 milliards de dollars, BNP Paribas se montre extrêmement sereine et confirme ses objectifs, notamment en matière de maintien de sa solvabilité et de versement de dividendes. Les analystes évoquent un faible impact comptable mais sont plus partagés sur les perspectives de résultats.

BNP Paribas rassure mais ne convainc pas

Désormais que le note (salée) est connue, le principale crainte des actionnaires et clients de BNP Paribas est de savoir qui va régler l'ardoise in fine. La banque française s'est toutefois montrée rassurante en confirmant l'ensemble de ses objectifs stratégiques.

Le dividende (1,50 euro par action pour 2013) ne devrait donc pas être remis en cause. Bien que colossale, l'amende ne représente qu'une année de bénéfice pour le groupe qui s'est montré prudent en matière de dividendes ces dernières années, ne distribuant qu'environ 30% de ses bénéfices.

Par ailleurs, BNP Paribas peut envisager d'autres moyens de financement de son amende comme des obligations convertibles lorsque les fonds propres de la banque passent sous certains niveaux (titres baptisés coco's). Ces dettes peuvent ainsi entrer en ligne de compte pour la mesure des ratios de solvabilité, nécessaire dans le contexte de nouvelles normes plus sévères.

La principale inconnue demeure l'impact de cette affaire sur les activités, BNP Paribas étant interdit de réaliser certaines opérations en dollars en 2015. Maxime Jadot, CEO de BNP Paribas Fortis, épingle que cela ne concerne qu'un certain type d'opération assez limité. Du côté des analystes, c'est toutefois l'incertitude. Paul Vrouwes d'ING évoque un impact négligeable tandis qu'Omar Fall de Jefferies International estime que les perspectives de résultats sont faibles. Les observateurs plus inquiets épinglent notamment la détérioration de la réputation de BNP Paribas aux États-Unis où le groupe comptait réaliser 25% de sa croissance au cours des prochaines années. En chiffres, Citigroup a réduit ses prévisions de résultats de 3% pour 2015 et 4% pour 2016.

Cédric Boitte

Nos partenaires