Janet Yellen saura-t-elle déconstruire ce qu'elle a bâti ?

10/10/13 à 11:47 - Mise à jour à 11:47

Source: Moneytalk

Barack Obama a donc confirmé ce que tout le monde pressentait depuis le retrait de Larry Summers, c'est bien Janet Yellen qui prendra le relais de Ben Bernanke à la tête de la Fed. L'architecte des plans d'assouplissement monétaire devient donc la personne clé de leur déconstruction.

Janet Yellen saura-t-elle déconstruire ce qu'elle a bâti ?

La confirmation de la nomination de Janet Yellen au poste de présidente de la Réserve fédérale américaine a pris aux investisseurs de se détourner quelque temps du problème de la paralysie du Congrès américain qui ne parvient pas à trouver un accord sur le budget et sur le plafond de la dette.

L'actuelle vice-présidente de la Fed est en effet considérée comme plus laxiste que Ben Bernanke sur le plan monétaire. Elle est notamment une des grandes artisane des différents plans d'assouplissement monétaire dont le troisième est toujours en cours au rythme de 85 milliards de dollars par mois. Dans ses discours, elle a toujours plaidé pour une remontée des taux très lente avec une normalisation qui n'interviendrait que dans 5 ans si l'économie poursuit son redressement.

Même si cela est de nature à rassurer les investisseurs sur le court terme étant donné le moindre risque d'une réduction trop rapide des soutiens à l'économie, la politique prêtée à Janet Yellen inquiète de nombreux économistes. Ces derniers craignent qu'en trainant trop, la Fed soit amenée à subir les événements (remontée des taux sur les marchés par exemple), avec comme conséquence une politique devant finalement être menée dans l'urgence comme au milieu des années 90 lorsque la Fed avait dû porter son taux directeur de 3% à 6% en 12 mois engendrant un krach obligataire. Les données du problème sont de plus encore plus complexes qu'il y a 20 ans étant donné que Janet Yellen devra également veiller durant son mandat à réduire le poids de la Fed -dont le bilan approche déjà les 4 000 milliards de dollars- sans heurter les marchés, ni l'économie. Pour la future première présidente d'une grande banque centrale, cela revient donc à déconstruire sans dégâts un gratte-ciel dont elle a elle-même conseillé et supervisé la construction.

Cédric Boitte

Nos partenaires