L'inquiétant pari de 3 000 milliards de dollars

15/06/15 à 14:18 - Mise à jour à 14:17

Source: Moneytalk

Selon Stephen Antczak, Stratégiste chez Citigroup, le prochain relèvement de ses taux par la Fed pourrait être à l'origine d'une nouvelle crise financière en raison de la raison des obligations d'entreprises au sein de 3 types d'investisseurs.

L'inquiétant pari de 3 000 milliards de dollars

© Thinkstock

Concentration du marché

Traditionnellement, 23 types d'investisseurs (des hedge funds aux fonds de pension) sont actifs sur le marché des obligations d'entreprises aux États-Unis. Depuis 10 ans, Stephen Antczak note toutefois une profonde concentration entre 3 intervenants (fonds mutuels, assureurs et investisseurs étrangers). Ces derniers ont augmenté leur position totale de 3 000 milliards USD à plus de 7 000 milliards USD, répondant à la demande des entreprises qui ont émis pour 9 300 milliards USD d'obligations depuis que la Fed a ramené son taux directeur à quasi zéro fin 2008. Les 20 autres types d'investisseurs ont par contre réduit leurs positions d'un cinquième à 4 000 milliards USD depuis l'éclatement de la crise.

Pas de solution alternative

Cette concentration rend le marché des obligations d'entreprises beaucoup plus sensible au comportement d'une poignée d'intervenants. Si un des trois principaux types d'investisseurs fait défaut, il n'y plus d'autre acteur susceptible de palier à son absence pointe Stephen Antczak. Cela est d'autant plus vrai que la régulation empêche désormais les banques de jouer un rôle de teneur de marché.

L'étincelle de la Fed ou du dollar

Ce manque de liquidité est de nature à aggraver toute correction du marché, notamment lorsque la Fed commencera à relever ses taux ou si le dollar faiblit (fuite des investisseurs étrangers). La chute des cours risquerait ainsi de s'emballer, comme lors des premières tensions autour de la Fed au printemps 2013, faisant s'envoler les taux. Les entreprises verraient ainsi une importante source de financement se tarir, affectant par ricochet l'économie réelle.

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