"La bourse de Bruxelles n'est plus une bonne affaire"

07/06/16 à 14:21 - Mise à jour à 14:19

Source: Moneytalk

Crelan a finalisé la vente de Keytrade Bank à la française Crédit Mutuel Arkéa. Pour le stratège en chef de la banque en ligne, Geert Van Herck, le business est 'as usual'. Il estime par ailleurs que les investisseurs peuvent trouver davantage de bonnes affaires au sud de l'Europe, en France et au Royaume-Uni, qu'en Belgique.

"La bourse de Bruxelles n'est plus une bonne affaire"

© Belga

Nous sommes presque à la moitié de l'année et le Bel-20 se situe toujours presque 5% plus bas qu'à la fin de l'an dernier. Les investisseurs peuvent-ils encore tabler sur un rendement positif cette année ?

Geert Van Herck: "Quel que soit l'angle sous lequel on la regarde, l'évolution du cours de la bourse de Bruxelles sera étroitement liée à l'évolution du cours à Wall Street. Les graphiques du S&P 500 et du Dow Jones sont pour l'instant particulièrement intéressants: depuis plus d'un an, ces indices sont stables et il semble qu'une remontée hors de la zone de consolidation est en perspective. Une remontée serait positive et nous ressentirions aussi cet effet en Europe. C'est surtout intéressant pour le court terme."

"A long terme, la valorisation de la bourse de Bruxelles par rapport à d'autres pays européens et d'autres régions est de grande importance. La bourse de Bruxelles n'est plus vraiment une bonne affaire. En Europe, il y a déjà de nombreuses bourses qui sont valorisées moins cher. Nous pensons aux pays du sud de l'Europe, à la France et au Royaume-Uni. Sur base de trois ratios de valorisation, le rapport entre le cours et le bénéfice, le rapport entre le cours et la valeur comptable et le rendement du dividende, ces pays sont plus intéressants que la Belgique. Et nous ne parlons pas encore des pays émergents qui, par leurs valorisations actuellement basses, apparaissent très intéressants."

La semaine dernière, le cartel pétrolier de l'OPEP n'est pas parvenu à fixer un nouveau plafond de production. De ce fait, le prix du pétrole a à nouveau plongé sous les 50 dollars le baril. Comment voyez-vous l'évolution future des prix ?

Van Herck: "Cela peut sembler paradoxal, mais nous devrions oser déclarer: au plus le prix du pétrole est élevé, au mieux c'est. Un prix du pétrole élevé indique une forte expansion de l'économie mondiale. Par extension, cela vaut bien sûr pour tous les prix des matières premières. La chute des prix du pétrole et des matières premières des deux dernières années indique plutôt un essoufflement de l'économie mondiale, malgré les injections massives d'argent des banques centrales. La hausse du prix du pétrole des derniers mois devrait par conséquent aussi être un signe positif."

"Mais nous craignons qu'il s'agisse plutôt d'une reprise technique: la diminution du prix du pétrole a mené à un sentiment extrêmement négatif parmi les investisseurs pétroliers. Tout le monde était "short" sur le prix du pétrole. Cela signifie qu'ils ont spéculé sur une poursuite de la diminution du prix du pétrole. Une inversion est dans ce cas souvent proche et cet effet, nous le voyons maintenant. Nous voyons le prix du pétrole évoluer plutôt horizontalement au cours des prochains mois, mais nous n'excluons pas une dernière plongée finale et des nouveaux records à la baisse."

La Banque Centrale Européenne commencera à acheter des obligations d'entreprise à partir de la semaine prochaine. Quel en sera l'effet sur les marchés ? Et un investisseur peut-il réagir à cela ?

Van Herck: "Après l'annonce de l'achat d'obligations d'entreprise en mars, nous avons vu une flambée du cours de l'indice qui suit les obligations d'entreprise européennes. L'achat par la BCE va continuer à soutenir les cours des obligations d'entreprise de haute qualité. L'investisseur peut réagir à cela en achetant un tracker sur cet indice.

"N'oubliez également pas que ces obligations d'entreprise de qualité donnent encore plus de rendement que les obligations d'État européennes. Dans l'univers des obligations européennes, nous sommes d'avis que les obligations de société qualitatives, tout comme les obligations liées à l'inflation, sont les investissements les plus intéressants".

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