La semaine cauchemardesque d'Ahold Delhaize

16/06/17 à 21:25 - Mise à jour à 21:25

Source: Moneytalk

En l'espace de 5 séances, le champion belgo-néerlandais a abandonné 13% de sa valeur, une dégringolade essentiellement liée à la perspective d'un net renforcement de la concurrence. Aux États-Unis, Ahold Delhaize est pris en tenaille entre Amazon et Lidl.

La semaine cauchemardesque d'Ahold Delhaize

Le sort d'Albert Heijn en Belgique fait l'objet de nombreuses hypothèses. © BELGAIMAGE

Dès l'annonce de la fusion entre Ahold et Delhaize au printemps 2015, certains analystes avaient épinglés la menace pesant sur les activités de deux distributeurs aux États-Unis avec l'arrivée d'un nouvel acteur de poids en 2017. Ce qui est désormais chose faite puisque Lidl a ouvert ses 10 premiers supermarchés américains cette semaine et a déjà placé la barre haut avec 100 points de vente pour la mi-2018. Les analystes américains prédisent d'ores et déjà un chiffre d'affaire de 9 milliards de dollars en 2023. L'essentiel, voire l'entièreté, sera réalisé sur la côte Est, marché de prédilection d'Ahold Delhaize outre-Atlantique.

Guerre des prix

Cette arrivée de Lidl intervient dans un contexte concurrentiel d'ores et déjà attisé par une multiplication des ouvertures, le nombre de supermarchés ayant augmenté de 4,5% l'année dernière aux États-Unis. Les discounters américains (Dollar General, Family Dollar, Dollar Tree) ont multiplié les ouvertures, Aldi a accéléré le développement de ses activités locales en prévision de l'arrivée de Lidl et le géant Wal Mart a répondu à la guerre des prix qui s'engage afin de maintenir ses parts de marché. Le numéro deux américain (et trois mondial), Kroger, en a déjà été victime, ayant dû se résoudre à un important avertissement sur résultats annuels ce jeudi. Son profit trimestriel a chuté de plus de moitié sur fond de baisse des prix alimentaires : -1,1% sur le trimestre au niveau de l'indice des prix des États-Unis.

Amazon se positionne

Tout cela sans compter sur Amazon. Jusqu'à présent, son offensive restait contenue et basée sur un développement interne sur le long terme. Le numéro un mondial de l'e-commerce vient toutefois de nettement revoir ses ambitions à la hausse dans la distribution alimentaire en annonçant le rachat ce vendredi Whole Foods et ses 460 supermarchés bio pour 13,7 milliards de dollars. Les analystes ajoutent également qu'Amazon met ainsi la main sur un réseau de distribution très précieux pour compléter son service Amazon Fresh. Combiné à son leadership technologique, Amazon pourrait rapidement devenir un acteur de poids en usant de l'argument de vente numéro un : le prix.

Les États-Unis puis l'Europe ?

En une semaine, les perspectives de rentabilité d'Ahold Delhaize se sont donc sensiblement dégradées aux États-Unis, avec la crainte de la part des marchés que les mêmes acteurs (Amazon, Aldi, Lidl) lui mènent également la vie dure en Europe au cours des prochaines années.

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