Danny Reweghs
Opinion

19/10/15 à 14:50 - Mise à jour à 15:39

'La taxe sur la spéculation est absurde !'

La semaine dernière, le particulier qui investit en " bon père de famille " a reçu un nouveau coup de massue. La fameuse taxe sur la spéculation se révèle plus lourde que prévu. C'est ce qu'écrit Danny Reweghs, directeur stratégie pour Inside Beleggen.

'La taxe sur la spéculation est absurde !'

© iStock

Trente-trois pour-cent, c'est le taux de taxation qui sera appliqué sur la plus-value des actions cotées en bourse achetées puis revendues dans un intervalle de moins de 6 mois. Mais c'est surtout le fait qu'il n'y ait aucune compensation possible pour les moins-values qui est du jamais vu et jamais entendu.

La liquidité de la bourse bruxelloise va par conséquent encore diminuer et le seuil pour les nouvelles introductions en bourse va sérieusement augmenter. Une mesure dotée d'une haute technicité, qui nécessitera beaucoup d'efforts et rapportera en fin de compte peu ou rien du tout. Un vrai cas d'école de mesure contre-productive, ne laissant que des perdants au bout du voyage.

Megabrew

Heureusement, les investisseurs belges peuvent se consoler avec la nouvelle spectaculaire au sujet de la plus importante capitalisation boursière belge de tous les temps: AB InBev est en route vers un nouveau et ultime tour de force. Un accord a en effet été conclu avec les actionnaires de référence pour l'acquisition de SAB Miller à un prix de 44 livres sterlings (GBP) par action. 'Megabrew' est donc en gestation! Un long chemin juridique est encore à parcourir, mais un nouveau géant de la bière encore plus grand que le précédent est sur le point de naître.

Résultats saisonniers importants

Entre-temps, Wall Street a démarré la moisson des résultats saisonniers. Une saison de résultats américains plus que moyennement importante. En ce sens où, en tant qu'entreprise, il vaut mieux que vous soyez capable de répondre aux attentes du marché. Bien que cette année, ce soit moins évident pour les (plus) grandes entreprises américaines à cause d'un dollar (USD) fort qui a augmenté en valeur par rapport à quasi toutes les monnaies mondiales importantes au cours des douze derniers mois. Voilà pourquoi, en cours d'année, les prévisions de bénéfices sont (à nouveau) tempérées.

Pour les entreprise de l'indice Standard&Poor's500, le bénéfice est calculé à 118,3 USD par action, 4,5% de plus que les 113,3 USD par action pour 2014. En d'autres mots, une croissance modérée des bénéfices, parce que les multinationales ont plus de mal, avec le raffermissement du dollar (USD).

Cela signifie que les grandes valeurs américaines sont négociées à 16,5 fois le bénéfice escompté en moyenne pour l'exercice comptable. Pas exagérément cher, mais aussi loin de bon marché étant donné la croissance modérée des bénéfices. Le fait que, à la mi-octobre, les indices américains soient encore toujours plus bas qu'en début d'année, est explicable de manière logique, précisément par l'abaissement des attentes de bénéfices.

Valeurs de croissance vulnérables

Les valeurs de croissance sont les plus vulnérables en matière de bénéfices décevants. Le passage de l'étiquette 'de croissance forte' à 'de croissance modérée' peut coûter des dizaines de pour-cent aux cours des actions. EVS et Fagron sont deux exemples, sur Euronext Brussels, qui illustrent parfaitement le danger. Une perte (temporaire?) du statut de croissance auprès des analystes et des investisseurs peut à relativement court terme signifier une réduction de moitié des cours.

Alors que tout le monde pensait, au cours de cette année, que la plus grande menace pour Wall Street, et par extension pour le reste des bourses occidentales, résiderait dans le(s) relèvement(s) des taux, le noeud sera selon nous dans les prochaines semaines du côté des bénéfices d'entreprise.

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