Une saison des résultats cruciale à Wall Street

07/04/16 à 22:35 - Mise à jour à 22:34

Source: Moneytalk

Alcoa donnera lundi le signal de départ officieux de ce qui devrait devenir la pire saison des résultats depuis 2009. La chute du pétrole et des matières premières ne sont plus les seuls en cause d'une baisse des profits qui dure depuis plus d'un an aux États-Unis et n'a pu être évitée que grâce à la chute de l'euro en Europe.

Une saison des résultats cruciale à Wall Street

© Epa

Pétrole, matières premières et Chine

Selon FactSet, les 500 principales entreprises américaines (indice S&P500) ont vu leurs profits (par action) baisser de 8,5% au cours du premier trimestre 2016. La chute du prix du pétrole continue évidemment de peser sur le secteur énergétique qui a subi de légères pertes ajustées (hors dépréciations, etc.) selon le consensus. Les valeurs liées aux matières premières ont également vu leurs bénéfices fondre de 22% et les profits des groupes industriels ont baissé de 9% selon FactSet. Ces données sont assez conformes à ce que l'on a pu constater tout au long de l'année dernière, ces secteurs étant directement ou indirectement exposé à la chute du prix des commodities, au ralentissement économique de la Chine et à la hausse du dollar. L'indice S&P 500 a ainsi connu en 2015 le premier repli de ses profits (-1,1%) depuis la Grande Récession.

Les banques, Apple et la pharma

Le consensus pour le premier trimestre 2016 fait toutefois état d'une nette accélération du repli des profits malgré que le poids des secteurs en difficultés ait déjà diminué. Globalement, un recul généralisé des performances, la faible croissance nominale au niveau mondial pesant sur les revenus et profits. Plus spécifiquement, nous pouvons épingler trois tendances dominantes. La volatilité des marchés financiers a plombé les activités des banques d'investissement (trading, conseils en fusion et acquisition, introductions en Bourse, financement), faisant chuter globalement les profits du secteur financier (-8,5%). Le coup de mou d'Apple, qui a ralenti ses cadences de production d'iPhone 6S en début d'année, pèsera lourdement sur le secteur des technologies de l'information (-7,1%), déjà malmené par les difficultés des fabricants de PC et des spécialistes des semi-conducteurs. En proie aux critiques en matière de prix des médicaments, le secteur de la santé a vu la croissance de ses profits ralentir à 2,4% selon le consensus contre 13,5% l'année dernière.

Les prévisions guideront les Bourses

À en croire les tendances historiques, les chiffres définitifs devraient être moins mauvais de quelques pour cent, sans éviter un quatrième trimestre consécutif de recul des bénéfices. Cela devrait toutefois avoir peu d'impact sur les Bourses qui seront bien plus sensibles aux prévisions. Actuellement, les analystes prévoient une nouvelle baisse des bénéfices au second trimestre (-2,5%) avant une nette reprise au troisième (+3,7%) et au quatrième (+11%). Ces prévisions sont toutefois encore sujettes à révision. Fin 2015, le consensus pour le premier trimestre 2016 était encore une légère croissance. La perspective d'une baisse durable des profits pourrait peser sur la confiance des investisseurs alors que le S&P 500 cote déjà plus de 18 fois les bénéfices des 12 derniers mois, soit une prime de 17% par rapport à valorisation moyenne de la décennie écoulée.

La méfiance domine déjà en Europe

Ils ont ainsi déjà perdu confiance envers les sociétés européennes, les investisseurs américains retirant des capitaux des actions européennes semaine après semaine depuis début février. C'est-à-dire depuis la publication de chiffres annuels (à nouveau) décevants, les sociétés de l'indice Stoxx Europe 600 ayant vu leurs profits progresser de moins de 2% en 2015, reflétant à peine l'impact positif de la baisse de l'euro pour les multinationales. Pour 2016, les analystes tablent d'ores et déjà sur un recul des profits des 600 principales compagnies européennes. En Bourse, cela se traduit par une chute de plus de 10% pour le Stoxx Europe 600 depuis le début de l'année alors que le S&P 500 affiche un léger gain.

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