'Avec sa réforme, le ministre Bacquelaine diminue la pension de près d'un pensionné sur cinq'

26/10/17 à 15:36 - Mise à jour à 15:35

Le PTB met en garde: tout le monde ne sera pas tiré d'affaire maintenant que la réforme des pensions a été retenue. "Des prépensionnés et des chômeurs risquent de perdre 100 euros par mois."

'Avec sa réforme, le ministre Bacquelaine diminue la pension de près d'un pensionné sur cinq'

Le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine (MR). © Belga

'Personne ne perdra un euro de sa pension', se faisait fort Jan Spooren, député N-VA et spécialiste des pensions, après que le gouvernement Michel a retenu sa réforme des pensions après les critiques de l'opposition. Mais le PTB prévient à présent, après lecture d'une analyse d'impact réalisée par le service fédéral des Pensions, que les prépensionnés (CCT) et les chômeurs ne bénéficieront pas tous de cette correction. Et qu'ils ne sont donc toujours pas certains de leur pension.

Kim De Witte.

Kim De Witte.

La cause en est une réforme de l'"unité de carrière". Celle-ci détermine que celui qui travaille plus de 45 ans, ce qui est nécessaire pour avoir une pension complète, aura le droit d'inclure les années supplémentaires dans le calcul de sa pension. Cela vaut aussi pour celui qui a passé ces années en restant à la maison en étant malade, au chômage ou en prépension. Le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine (MR) désire supprimer cette règle pour les prépensionnés et les chômeurs. "Ces groupes auront à cet égard bel et bien une pension inférieure", prévient le spécialiste des pensions Kim De Witte du PTB. "Et ils sont en outre nombreux. Celui qui touche actuellement entre 1.300 et 1.800 euros perdrait en moyenne une centaine d'euros brut par mois."

De Witte donne l'exemple de Pierre, ouvrier chez Audi Brussels : "Il a commencé à travailler à 16 ans et il a pris sa prépension 45 ans plus tard, à son 61e anniversaire. Normalement, il devrait encore constituer 4 années de pension légale. A présent, il risque de recevoir 135 euros brut de moins par mois." C'est logique: si ces dernières années ne comptent plus, les premières pèsent dans ce cas plus lourdement. Et celles-ci sont plus mal payées. "C'est assurément ainsi pour les personnes pour lesquelles ce qui suit s'applique : elles ont commencé à travailler dans les années soixante, alors qu'elles avaient 14, 15 ou 16 ans, dans des secteurs lourds comme la construction, les soins de santé ou le nettoyage. Après 45 années, beaucoup d'entre elles sont par exemple prépensionnées ou elles reçoivent un revenu d'intégration. Elles sont doublement victimes."

Outre l'impact financier, le nombre de personnes touchées est également important. De Witte: "selon le service public fédéral des Pensions, il s'agit de quasi 1 pensionné sur 5. Ce nombre va toutefois diminuer, du fait que de moins en moins de personnes ont commencé à travailler aussi jeunes."

De Witte condamne la mesure. "Le gouvernement veut récompenser le travail, dit-il. Faites-vous cela en retirant 100 euros par mois à des personnes qui ont travaillé durement depuis leur adolescence, parce qu'elles ont accepté une prépension lors d'une restructuration ou qu'elles n'ont plus trouvé de travail ? Est-ce cela récompenser le travail ?"

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