Une racine carrée ou un "w"

15/06/11 à 16:59 - Mise à jour à 16:59

Source: Moneytalk

En début d'année, il était de bon ton d'évoquer la racine carrée en évoquant la configuration du cycle économique que nous traversons depuis 2007.

En début d'année, il était de bon ton d'évoquer la racine carrée en évoquant la configuration du cycle économique que nous traversons depuis 2007. Un plongeon net et rapide vers la récession en 2008, une reprise fulgurante à cheval sur 2009 et 2010, suivie par une période de stagnation, voire une croissance à peine marquée fin 2010 et en 2011. Jusqu'il y a peu, les indicateurs économiques tendaient à donner raison à cette fameuse racine carrée.

Les choses ont commencéà se gâter au mois de mai aux Etats-Unis. Le taux de chômage, déjà extrêmement élevé, augmente à nouveau ; la confiance des consommateurs américains vacille ; l'activité manufacturière ralentit ; l'immobilier rechute.

Et finalement, si la théorie de la racine carrée était trop optimiste ? N'est-il pas plutôt question du terrible "w" de la double récession ?

Les chiffres publiés ces dernières semaines apportent de l'eau au moulin des plus pessimistes, qui évoquent depuis longtemps déjà le scénario du "double dip".

Ces Cassandre ont d'autant plus d'arguments que la Réserve fédérale va devoir retirer à la fin du mois la béquille qui soutenait jusqu'à présent l'économie américaine.

Qu'à cela ne tienne, Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale, va mettre sur la table un troisième plan de relance : un QE3, diront les plus optimistes.

Si nous n'abondons pas dans le sens des adeptes du "w", nous n'avons pas davantage d'affinités avec les partisans du QE3. Helicopter Ben a trop peu de marge de man£uvre pour se lancer dans un nouveau plan qui creuserait un peu plus les dettes de l'Etat américain pour un résultat hasardeux.

Pour notre part, nous estimons que l'économie américaine reprend son souffle après une longue course ponctuée d'efforts soutenus. Les derniers efforts furent particulièrement difficiles : une saison de tornades destructrices dans l'Est américain, une industrie pénalisée par le manque de fournitures provenant d'un Japon meurtri, ou encore des prix pétroliers élevés. Les marchés d'actions portent les stigmates de cet essoufflement. Nous en sommes à cinq semaines de pertes hebdomadaires. Il n'y a toutefois pas lieu de paniquer. Le maître mot est : patience.

Karine Huet

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