Une entrée en Bourse hors norme à la fois par la taille de l'entreprise et par son actionnariat actuel : Aramco appartient à l'Etat saoudien, dont il est le moteur financier.

Le projet a été lancé voici plus de quatre ans par le prince héritier Mohammed ben Salmane, puis reporté, notamment suite à la scabreuse affaire de l'assassinat de l'opposant Jamal Khashoggi. Il a été officiellement annoncé le 3 novembre dernier, pour une entrée en Bourse en Arabie saoudite en décembre, et plus tard sur une place internationale. L'opération se déroulera sous la forme d'une vente d'une part du capital, 3% peut-être - le communiqué ne précise pas le pourcentage. Elle pourrait rapporter 60 milliards de dollars si l'on prend comme repère la valorisation globale de l'entreprise attendue par le prince ben Salmane, soit 2.000 milliards de dollars. Un niveau qui pourrait ne pas être atteint. La banque Goldman Sachs, dans une note de recherche à ses clients citée par le Financial Times, situe cette valorisation entre 1.600 et 2.300 milliards de dollars.

L'entreprise dégageait en 2018 un bénéfice net de 111 milliards de dollars (quasi le double d'Apple) sur un chiffre d'affaires de 315 milliards, soit plus de 30% de marge. L'IPO vise à donner à l'Etat saoudien des moyens de diversifier son économie totalement liée au sort du pétrole. Un Etat saoudien qui s'efforce de rassurer les investisseurs possiblement inquiets par la nature publique et familiale de l'entreprise, contrôlée de facto par la famille régnante. Il a par exemple récemment réduit le niveau de taxation sur les bénéfices (50% au lieu de 85%). Et une disposition nouvelle garantit un niveau de dividende de 75 milliards de dollars par an, en 2020 et après. Par ailleurs, si un coup dur survient sur la marge, Aramco assure que les actionnaires non étatiques seront prioritaires. Donc que l'Etat saoudien acceptera, en compensation, de recevoir moins d'argent. Le prospectus sera publié le 9 novembre sur le site d'Aramco (rubrique " investors "), qui contient déjà pas mal d'informations.

75 milliards de dollars

Le montant des dividendes par année que l'Etat saoudien garantit aux investisseurs.