Il aura fallu attendre l'approche des commémorations pour que la situation se débloque. Il y a quelques jours à peine, Assuralia - l'union professionnelle des entreprises d'assurances - s'est en effet engagée à accélérer et améliorer l'indemnisation des victimes des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles. Il faut dire que quelques coups de gueule avaient été poussés ces dernières semaines et qu'une absence totale de réaction aurait fait tâche pendant les cérémonies du souvenir.
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Il aura fallu attendre l'approche des commémorations pour que la situation se débloque. Il y a quelques jours à peine, Assuralia - l'union professionnelle des entreprises d'assurances - s'est en effet engagée à accélérer et améliorer l'indemnisation des victimes des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles. Il faut dire que quelques coups de gueule avaient été poussés ces dernières semaines et qu'une absence totale de réaction aurait fait tâche pendant les cérémonies du souvenir. Tant du côté des victimes que du monde politique pris à partie par les personnes blessées, le constat d'une insoutenable lenteur a été dressé ; la ministre de la Santé Maggie De Block jugeant même la situation " anormale et inacceptable " pour les 1.361 victimes des attentats et leurs familles dont certaines n'ont toujours pas reçu la moindre indemnisation. Mis sous pression, le secteur des assurances a donc réagi vendredi dernier en proposant " un règlement unique et exceptionnel " du dommage moral encouru par les personnes ciblées. Concrètement, les montants versés seront revus à la hausse et doublés dans la plupart des cas, selon la situation des victimes ou de leurs ayants droit en ce qui concerne les 32 morts recensés à Brussels Airport et à la station de métro Maelbeek. " C'est un engagement du secteur, précise Hans De Cuyper, le président d'Assuralia. Nous avons bien écouté les victimes et nous allons bien au-delà d'une indemnisation normale. Aurions-nous pu prendre un tel engagement plus tôt ? Potentiellement oui." Si l'union professionnelle des entreprises d'assurances affirme que trois quarts des victimes des attentats ont été partiellement ou totalement indemnisées par les compagnies, il n'en reste pas moins qu'une grande partie de l'argent n'a pas encore été versé. En effet, les attentats terroristes du 22 mars 2016 ont entraîné une charge provisionnée de 136 millions d'euros pour les assureurs - selon des chiffres communiqués début mars lors de la présentation du rapport annuel d'Assuralia - et seulement 16 millions d'euros ont déjà été versés aux personnes concernées, soit 12 % à peine des montants qui devraient être débloqués. Outre la lenteur des paiements, c'est surtout le sentiment d'abandon et la lourdeur de certaines démarches administratives qui ont poussé les victimes ou leurs proches à sortir de l'ombre. Un sentiment pleinement relayé par le Premier ministre Charles Michel qui, la semaine dernière, a pressé le secteur des assurances d'accélérer les procédures tout en présentant ses excuses aux victimes, au nom du gouvernement fédéral, pour la solitude qu'elles ont pu ressentir dans leur calvaire. Des mesures et des excuses toutefois insuffisantes pour certaines personnes amputées qui ont purement et simplement décidé de boycotter les cérémonies du souvenir ce mercredi.