Nous venons d'entamer le dernier trimestre de 2018. C'est d'ordinaire le moment d'anticiper le bilan de l'année. On ne peut pas affirmer que les marchés des actions ont connu une année forte. Ce constat s'applique certainement aux bourses européennes, qui peinent encore à sortir du rouge. Wall Street s'en sort mieux grâce à une série de grands noms de la technologie.

Passons en revue les facteurs qui sont susceptibles de déterminer ou qui détermineront les tendances des trois derniers mois de cette année boursière et penchons-nous sur la possibilité d'un rallye de fin d'année :

  • Le rôle catalyseur de Wall Street : au regret de certains, le rythme de la Bourse est toujours dicté par New York. En effet, si les marchés n'ont pas décliné ces derniers mois dans le reste du monde, c'est à la tendance haussière continue de la Bourse américaine que nous le devons. Le taureau de Wall Street montre cependant des signes manifestes de profonde fatigue, la hausse n'étant plus tirée que par une poignée d'actions, les autres ayant dévissé. Cela n'empêche pas le S&P 500 de dépasser encore le seuil des 3.000 points, une hausse qui n'est peut-être pas terminée. Nous nous attendons à une forte correction mais celle-ci ne devrait pas survenir avant 2019.

Ce n'est qu'en 2019 que les difficultés arriveront sur les marchés des actions

  • La guerre commerciale : ces derniers mois, les marchés ont régulièrement dû composer avec l'intensification du conflit commercial qui oppose les États-Unis à la Chine et qui a dépassé le stade de la violence verbale. Les augmentations des taxes douanières imposées d'un côté comme de l'autre n'ont pas fait du bien aux marchés. L'approche des élections de mi-mandat qui se tiendront le 6 novembre aux États-Unis a certainement joué un rôle. Toutefois, nous entrevoyons la possibilité d'un accord puisque Donald Trump entend marquer des points sur ce sujet avant le 6 novembre. C'est pourquoi nous écartons provisoirement toute prochaine escalade, qui aurait pour effet de faire dégringoler les bourses dans les prochains mois.
  • Les dérapages budgétaires en Italie : si les bourses européennes ont affiché des résultats inférieurs à Wall Street depuis le printemps, c'est en partie dû à la vie politique italienne. Deux partis extrémistes (le Mouvement 5 étoiles et la Lega) se sont alliés dans le cadre d'un accord de gouvernement expérimental qui brandit un doigt d'honneur à la discipline budgétaire appliquée par l'Union européenne. Avec son objectif de déficit public de 2,4% du PIB, l'Italie n'inquiète pas seulement l'Union, mais aussi l'ensemble des marchés financiers.
  • Les crises dans les pays émergents : les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine d'une part et la vigueur du dollar d'autre part ont à nouveau plongé plusieurs marchés émergents dans la tourmente. Parmi les plus "mauvais élèves", on retrouve l'Argentine, la Turquie et l'Afrique du Sud. Mais on ne devrait pas assister à un déraillement semblable à celui de 1998 et la crise ne devrait pas non plus s'étendre aux autres pays émergents.

Des difficultés en 2019

Jusqu'à nouvel ordre, nous maintenons que les marchés des actions connaîtront un quatrième trimestre positif et, espérons-le, le fameux rallye de fin d'année. C'est plutôt pour 2019 que nous anticipons des difficultés. Nous déterminerons dès lors au cours des prochains mois s'il convient ou non de liquider certaines positions afin de ne pas subir de plein fouet la chute attendue des bourses, avec les valeurs technologiques américaines en tête.

Traduction : virginie·dupont·sprl