Nous avons à peine traité tous les résultats annuels pour 2020 des sociétés belges cotées en bourse que les premiers résultats du premier trimestre nous parviennent déjà des États-Unis. Comme d'habitude, ce sont les grandes institutions financières américaines qui donnent le coup d'envoi. Mercredi c'était au tour de JPMorgan Chase et Goldman Sachs, jeudi, de la Bank of America et de Citigroup. Jeudi, le géant de l'alimentation PepsiCo a également donné un aperçu de ses résultats pour les trois premiers mois de 2021. Il est difficile d'établir une comparaison avec le premier trimestre de 2020, la crise sanitaire s'étant déjà bien installée en mars 2020. Il convient donc de relativiser la croissance bénéficiaire moyenne attendue de près de 24 % pour les sociétés du S&P500
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Nous avons à peine traité tous les résultats annuels pour 2020 des sociétés belges cotées en bourse que les premiers résultats du premier trimestre nous parviennent déjà des États-Unis. Comme d'habitude, ce sont les grandes institutions financières américaines qui donnent le coup d'envoi. Mercredi c'était au tour de JPMorgan Chase et Goldman Sachs, jeudi, de la Bank of America et de Citigroup. Jeudi, le géant de l'alimentation PepsiCo a également donné un aperçu de ses résultats pour les trois premiers mois de 2021. Il est difficile d'établir une comparaison avec le premier trimestre de 2020, la crise sanitaire s'étant déjà bien installée en mars 2020. Il convient donc de relativiser la croissance bénéficiaire moyenne attendue de près de 24 % pour les sociétés du S&P500 Encore plus rapides que les Américains, les Chinois annonceront cette semaine déjà le taux de croissance pour le premier trimestre de 2021. Il y a un an, ce trimestre se déroulait sous le signe de la pandémie après l'apparition de la Covid-19 au début de l'année à Wuhan. Un taux de croissance annuel de 18 % est attendu ! Par rapport au dernier trimestre de l'année dernière, une croissance trimestrielle de 1,4 % est attendue.La bourse japonaise renaîtOn l'a appris il y a quelque temps : l'indice Nikkei a de nouveau franchi la barrière des 30 000 points. Le Nikkei est l'indice le plus connu de la bourse japonaise, mais n'en est pas le plus pertinent. Il est comparable à ce que représente l'indice Dow Jones pour la bourse américaine, où l'indice Standard & Poor's 500 est aujourd'hui l'indice le plus pertinent. Pour la Bourse de Tokyo, c'est l'indice Topix qui mérite le plus d'attention. L'avantage du Dow Jones et du Nikkei, est qu'ils permettent d'analyser le passé.Comme les autres grands marchés boursiers occidentaux, le marché boursier japonais bénéficiera de la reprise économique attendue une fois que la pandémie de covid-19 sera derrière nous et que la vie économique se rétablira.Non pas que l'environnement économique soit si déterminant pour le marché boursier japonais. Si la politique extrêmement accommodante de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, a encouragé les performances des actions américaines, la Banque du Japon va un peu plus loin en achetant indirectement des actions en plus des obligations. Ainsi, la Banque du Japon soutient les cours, et il n'est pas surprenant que le marché boursier japonais ait enregistré de bonnes performances ces dernières années, à l'exception de la période creuse résultant de la pandémie.Attente de plusieurs décenniesNous ne sommes pas tellement intéressés par l'évolution de l'indice boursier japonais. La présence d'investisseurs étrangers sur le marché boursier japonais est plutôt limitée. Toutefois, remontée de l'indice Nikkei au-dessus de 30 000 points a attiré l'attention du monde entier car l'indice est effectivement repassé au-dessus de cette limite, et que la dernière fois, c'était en 1990, il y a plus de trente ans. Le pic historique de l'indice Nikkei se situe autour de 39 000 points et remonte à 1989.Cela montre que si les investisseurs exagèrent et misent avidement sur la hausse des cours, sans regarder les valeurs fondamentales, une bulle gigantesque apparaît. Comme elle doit dégonfler, il peut s'écouler plusieurs décennies avant qu'un nouveau pic ne soit atteint. Ceux qui ont acheté beaucoup d'actions à Wall Street en 1929 ont dû attendre 1955 pour récupérer leur argent. Et la patience n'est pas la qualité principale des investisseurs. En 2013, lorsque l'indice Nikkei était au plus bas (environ 8000 points) une enquête a été réalisée auprès des investisseurs qui avaient fait leurs premiers pas en bourse en 1989. Il s'est avéré que 24 ans plus tard, à peine 8 % d'entre eux investissaient encore dans des actions. Tous les autres avaient déjà subi des pertes, grandes ou petites.Si les marchés boursiers continuent au même rythme dans les mois et les années à venir, nous risquons de nous retrouver dans la situation de 1929 (Wall Street) et de 1989 (Japon). Nous verrons alors les cours des actions perdre leur lien avec la réalité et des bulles se formeront. Une fois une bulle éclatée, il faudra des décennies avant que les bourses retrouvent leurs beaux jours. Nous n'en sommes pas encore là, mais nous devrons en tenir compte dans les années à venir.