Les enseignants - mais aussi les parents - ont un rôle crucial à jouer dans l'éducation financière des plus jeunes. "Pour les parents, l'argent est souvent un sujet tabou, au même titre que le sexe, constate Immele Bosman, professeure de gestion d'entreprise. Mais on peut très bien parler d'argent aux enfants dès qu'ils commencent à compter. Avant même l'âge de cinq ans pour certains, à condition évidemment d'adapter le discours à leur degré de maturité."
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Les enseignants - mais aussi les parents - ont un rôle crucial à jouer dans l'éducation financière des plus jeunes. "Pour les parents, l'argent est souvent un sujet tabou, au même titre que le sexe, constate Immele Bosman, professeure de gestion d'entreprise. Mais on peut très bien parler d'argent aux enfants dès qu'ils commencent à compter. Avant même l'âge de cinq ans pour certains, à condition évidemment d'adapter le discours à leur degré de maturité." "Les enfants doivent apprendre la valeur des choses, estime Nathalie De Martelaere, enseignante dans le primaire qui raconte sa vie d'institutrice et de mère sur le blog Unicorns & Fairytales. Certains enfants reçoivent tout ce qu'ils désirent. Ils ne sont pas conscients du travail que leurs parents doivent fournir pour pouvoir le leur offrir, et encore moins du prix de ce qu'ils reçoivent. C'est indispensable, notamment pour comprendre que certains enfants sont moins gâtés que d'autres." L'argent de poche participe à l'éducation financière. "Il n'y a évidemment aucune obligation, indique Yves Coemans, attaché à Gezindsbond, l'équivalent flamand de la Ligue des familles. Les parents doivent pouvoir se le permettre financièrement mais donner de l'argent de poche permet à l'enfant de s'essayer à la gestion d'un budget. Un budget vêtements peut aussi être alloué à l'enfant plus âgé. Il se rend ainsi compte que l'argent permet d'acheter des jouets pour son plaisir mais oblige aussi parfois à faire des choix, entre un nouveau pull ou de nouvelles chaussures par exemple." Donner de l'argent de poche ne suffit pas. "Il faut aussi en parler, précise Yves Coemans. Es-tu satisfait? Cela suffit-il? Tu arrives à épargner?" L'éducation financière va bien au-delà de la quantité d'euros. L'administration, les crédits, les assurances, etc., font partie intégrante de la gestion budgétaire. Les compétences financières sont nettement insuffisantes dans notre pays, selon une enquête menée récemment auprès des jeunes qui débutent dans la vie professionnelle. "D'une part, ils ont tendance à surestimer leur salaire parce qu'ils ont pris l'habitude, du temps de leur job de vacances, de considérer leur salaire brut comme du net, fait remarquer Yves Coemans. C'est pourquoi les parents feraient bien de parler de leur propre salaire aux enfants. D'autre part, les jeunes sous-estiment le coût de la vie, d'où la nécessité d'apprendre à gérer un budget." Nathalie De Martelaere suggère en outre une multitude de conseils aux parents. "L'initiation peut se faire de façon ludique, en jouant au petit magasin avec de vrais euros afin d'inculquer à l'enfant les bons réflexes d'un consommateur averti. Expliquez-lui, par exemple, pourquoi certains biscuits sont plus chers et qu'il vaut donc mieux en choisir d'autres. Nous organisons aussi de temps à autre des ventes de seconde main pour permettre aux élèves de cerner la valeur des choses. Nous faisons aussi des dons à des organisations caritatives. Les élèves sont encouragés à faire un don à titre individuel. Une façon de leur faire comprendre que d'autres sont dans le besoin." Beaucoup d'entre nous ont été encouragés à épargner, dès notre plus tendre enfance, par le biais du fameux carnet d'épargne. Mais les taux d'intérêt sont aujourd'hui tellement bas que l'épargne ne rapporte quasi plus rien. "Il est toutefois important de faire comprendre aux enfants qu'en maîtrisant leur consommation, ils pourront faire un achat plus important plus tard, insiste Immele Bosman. Apprendre la patience et renoncer à la tentation de recourir systématiquement au crédit est une bonne chose en soi. Il faut aussi leur faire comprendre l'importance de se confectionner une réserve. Selon l'enquête évoquée plus haut, de nombreuses familles sont en effet dans l'incapacité de faire face à une dépense imprévue de 1.000 euros.""Il faut parfois se montrer patient pour réaliser son rêve le plus cher", tel est le message que Nathalie De Martelaere veut faire passer à ses enfants. Ainsi, elle a ouvert un compte Yongo chez AG Insurance pour son fils afin de l'encourager à épargner pour son train Lego. "Quand ils se rendent compte qu'il faut économiser longtemps, ils prennent conscience de la valeur des choses. Il a dû épargner plusieurs mois pour s'offrir ce train... dont il prend aujourd'hui le plus grand soin."Du fait des taux d'intérêt historiquement bas de l'épargne, il est important d'aborder un autre thème avec les enfants: l'investissement. Ce n'est pas simple, constate Immele Bosman. "Je commence par expliquer les grands principes économiques et qu'investir dans les entreprises permet à celles-ci d'investir à leur tour et de créer des nouveaux emplois. Qu'investir est tout sauf négatif, mais au contraire, indispensable", assure-t-elle. "Les jeunes veulent savoir comment investir, ajoute-t-elle. Ils veulent aussi savoir combien d'argent il faut pour pouvoir le placer. Il est clair que tout le monde ne dispose pas des moyens nécessaires pour envisager un investissement. Idem pour la durabilité. Le sujet intéresse beaucoup les jeunes..., ce qui ne les empêche pas de se ruer chez Primark après les cours parce que c'est moins cher." Pour Yves Coemans, il importe également d'apprendre à évaluer correctement les risques. "Les jeunes doivent, par exemple, savoir quels risques sont liés à tel ou tel produit financier." Les réseaux sociaux se font l'écho des succès retentissants deTesla et ou du bitcoin. "Il faut apprendre aux jeunes à se méfier de ce genre de messages tonitruants, conclut Yves Coemans. Et attirer leur attention sur les exemples d'échecs, tout aussi nombreux."