Depuis la semaine dernière, nous avons enfin un gouvernement en Belgique. Elio Di Rupo, le Premier ministre fraîchement nommé, a présenté son équipe au Roi Albert II, le 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas. Quoi de plus ironique quand on sait que ce gouvernement ne fera pas de cadeaux, mais imposera plutôt à ses concitoyens de se serrer la ceinture. Certes, il faut avouer que les mesures fiscales proposées sont moins graves que prévu pour les épargnants et les investisseurs. Mais ces mesures sont bel et bien là. Et nous n'en resterons malheureusement pas à ce stade. Le budget présenté est encore insuffisant pour redresser la situation que l'on a laissé dégénérer pendant des années, voire des décennies.

L'énième sommet européen "crucial" de ces dix-huit derniers mois s'est à nouveau révélé décevant. Insuffisant. Les marchés avaient été assez naïfs pour penser qu'une solution miracle en ressortirait. Ce sommet organisé à Bruxelles a une nouvelle fois démontré le manque d'harmonie et les trop nombreuses divergences entre les membres dans leur vision de l'Europe. Ceci les empêche de parvenir à un accord complet qui pourrait convaincre les marchés. Désormais, on mise tout sur une harmonisation fiscale renforcée, qui implique surtout une plus grande discipline budgétaire que par le passé.

Cet accord a essentiellement pour objectif d'éviter qu'une crise de l'euro ne se répète à l'avenir. Mais cela ne va pas suffire pour résoudre la crise de la dette. Il n'est nullement question des euro-obligations ni d'un engagement plus important de la Banque centrale européenne. Seulement quelques centaines de milliards du FMI, c'est tout. On a de nouveau sorti le pistolet à eau au lieu du bazooka. En attendant, les membres de la zone euro vont réaliser des économies draconiennes afin de combler leur déficit budgétaire le plus rapidement possible et ainsi inverser la tendance en termes d'endettement. C'est du jamais vu. Cette opération ne semble, en outre, pas réaliste dans un contexte où la récession menace un nombre croissant de pays. En Belgique, la récession paraît déjà être un fait au vu de la croissance légèrement négative enregistrée au troisième trimestre.