Le confinement a pour effet de pousser les frais de chauffage et d'électricité des familles à la hausse. Les mesures d'hygiène, comme le lavage répété des mains pour lutter contre le coronavirus, font grimper la facture d'eau. Heureusement, les températures estivales des dernières semaines limitent quelque peu les frais de chauffage. Depuis qu'on est passé à l'heure d'été et que les jours rallongent, on allume aussi un peu plus tard. Il n'empêche, bon nombre d'entre nous commencent à se demander comment ils vont payer leur facture d'eau et d'énergie mensuelle avec des revenus réduits, voire nuls.
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Le confinement a pour effet de pousser les frais de chauffage et d'électricité des familles à la hausse. Les mesures d'hygiène, comme le lavage répété des mains pour lutter contre le coronavirus, font grimper la facture d'eau. Heureusement, les températures estivales des dernières semaines limitent quelque peu les frais de chauffage. Depuis qu'on est passé à l'heure d'été et que les jours rallongent, on allume aussi un peu plus tard. Il n'empêche, bon nombre d'entre nous commencent à se demander comment ils vont payer leur facture d'eau et d'énergie mensuelle avec des revenus réduits, voire nuls. A Bruxelles et en Wallonie, les autorités réfléchissent à toutes sortes de mesure de soutien, une aide qui ne porte pas spécialement sur la facture d'eau et d'énergie. Le gouvernement flamand, lui, a promis un versement unique pour aider les innombrables chômeurs à régler leur facture d'eau et d'énergie mensuelle. Ainsi, 202,68 euros ont été versés sur le compte des chômeurs concernés : 30,77 euros pour la facture d'eau, 95,05 euros pour le chauffage et 76,86 euros pour l'électricité. Le montant a été calculé sur base de la facture moyenne des ménages, question d'accélérer la procédure. Heureusement, le soutien vient parfois d'où on ne s'y attend pas. Comme le prix de l'énergie et du chauffage, qui est en chute libre depuis quelques mois. Pour toute commande de 2.000 litres au moins, le prix du mazout de chauffage est en effet de 0,40 euro/litre depuis le 11 avril, le tarif le plus bas depuis quasi quatre ans. Début 2020, il avoisinait encore 0,70 euro/litre, soit une différence de 900 euros pour une citerne de 3.000 litres. Le prix du mazout de chauffage suit celui du baril de pétrole sur les marchés internationaux. Le baril de pétrole Brent de la mer du Nord tourne ainsi autour des 30 dollars. Fin 2019 et début 2020, il coûtait au moins deux fois plus cher. L'explication est évidente. Suite à l'arrêt de l'économie dans de nombreux pays, la demande de pétrole s'est effondrée. Malgré la diminution de production historique décidée récemment par les pays producteurs, l'offre actuelle surpasse donc encore la demande, ce qui met les prix sous pression. Cette baisse des prix est à l'origine de nombreux problèmes budgétaires pour les pays producteurs. Mais pour ceux qui importent, elle fait office de ballon d'oxygène. D'autant que les prix du gaz et de l'électricité sont eux aussi entraînés vers le bas. " La baisse s'est encore accélérée ces dernières semaines ", constate Quentin Gonay, chief technology officer de Wikipower, organisateur d'achats groupés. La demande de gaz et d'électricité a considérablement régressé dans les différentes régions du fait de la crise sanitaire et du ralentissement de l'activité économique. " Jamais le prix du gaz naturel n'a été aussi bas en Belgique, et celui de l'électricité a retrouvé son taux plancher de 2017. Fin 2018, la partie 'énergie' de la facture de gaz naturel des consommateurs belges était quasi 60 % plus chère qu'aujourd'hui, et 50% pour celle d'électricité. " Le moment est donc venu, surtout si vous vous retrouvez sans emploi, de comparer l'offre des différents fournisseurs d'énergie. Le changement de fournisseur peut se faire sans aucun frais, à condition de respecter un préavis de quatre semaines, et très facilement puisque le nouveau fournisseur règle tout pour vous. Selon la Creg, la Commission de régulation de l'électricité et du gaz, 470.000 ménages en Flandre, 165.000 en Wallonie et 3.000 à Bruxelles paient encore pour de " vieux " produits. " Il s'agit de prolongations de contrat sur base de produits qui ne sont plus repris par les sites comparateurs de prix, le plus souvent des produits à tarif fixe de longue durée, généralement vendus très cher ", dit la porte- parole Sophie Lenoble. Le comparateur de la Creg, le Creg Scan, est le seul outil qui permet aux ménages de comparer le niveau de prix de ces produits à ceux de l'offre actuelle. La Creg calcule aussi chaque mois les économies que peuvent réaliser les ménages liés par de coûteux contrats, souvent conclus à long terme. En Wallonie, le potentiel d'économies grimpe à 450 euros pour l'électricité et 910 euros pour le gaz naturel. En Flandre, il est de 406 euros pour l'électricité et 910 euros pour le gaz naturel. A Bruxelles, la différence entre le contrat le plus cher et le meilleur marché est de 390 euros pour l'électricité et 858 euros pour le gaz naturel. Autrement dit, plusieurs milliers de familles peuvent économiser plus de 1.000 euros par an en changeant de fournisseur d'énergie. Et il n'est pas rare que l'offre la plus avantageuse soit proposée non par les grands acteurs mais par les petits fournisseurs. Sachez par ailleurs que si vous changez maintenant de fournisseur via le site Comparateur-Energie.be, vous soutenez en outre une bonne cause. En effet, la plateforme qui répond à tous les critères de qualité de la Creg, comme l'exhaustivité et l'exactitude, verse à la Croix-Rouge 2 euros pour chaque changement de contrat d'énergie dans le cadre d'une action valable jusqu'au 26 avril. Le 15 avril, le site a fait la comparaison pour une famille à la consommation moyenne. La différence était de 240 euros par an entre le contrat le plus onéreux et le meilleur marché pour l'électricité à tarif fixe. Pour le gaz, la différence s'élevait à 450 euros par an. La comparaison portait uniquement sur les contrats que les familles peuvent conclure aujourd'hui. Pour les contrats à prix variable, les différences de prix étaient par contre un peu moins marquées : 230 euros pour l'électricité et 300 euros pour le gaz. " La composante énergétique de la facture est la seule façon pour les fournisseurs d'énergie de faire la différence ", explique Quentin Gonay de Wikipower, qui est aussi à l'origine de la plateforme Comparateur- Energie.be. En effet, cette composante ne représente qu'un cinquième du montant total de la facture d'électricité, et 37% à peu près de celle de gaz naturel. La plus grosse partie étant le fait de la TVA, des coûts de réseaux, des taxes et surtaxes. A noter que ce travail de comparaison peut aussi se faire sur les sites des régulateurs régionaux : BruSim pour la Région de Bruxelles-Capitale, CompaCWaPE pour la Région wallonne et V-test pour la Région flamande. Reste la question du type de contrat. Faut-il en choisir un à tarif fixe ou à tarif variable ? " Les prix énergétiques étaient au plus haut fin 2018. Le tarif variable était alors le meilleur choix et la baisse des prix de 2019 du pain bénit pour les ménages ayant opté pour lui, analyse Quentin Gonay. Nous n'avons pas de boule de cristal mais c'est exactement le contraire aujourd'hui. Les marchés énergétiques sont dans un creux. Mais les consommateurs qui choisissent le tarif variable n'ont aucune garantie que les prix resteront aussi bas. Nous conseillons donc à nos clients de jouer la carte de la sécurité et de geler pour trois ans les prix actuels, extrêmement compétitifs. L'indemnité de rupture de contrat a été abrogée en 2012. C'est donc vraiment le moment idéal pour le renouveler. "