À supposer que le Belge se mette tout à coup à épargner sans retenue, l'économie en souffrirait et son fragile redressement serait remis en question. Malgré cela, Johan Van Gompel (KBC) estime que le gouvernement doit encourager les citoyens à épargner davantage, pour leurs vieux jours surtout. "La pension légale complétée par une modeste épargne ne suffit pas à conserver son train de vie à l'heure de la retraite", ajoute-t-il.

Koen De Leus (BNP Paribas Fortis) lance des propositions concrètes pour alimenter la caisse des pensions. "Primo, les pensions professionnelles pourraient être rendues obligatoires. Les travailleurs sont trop peu nombreux à épargner par l'entremise de leur employeur. Secundo, le deuxième pilier de la pension pourrait être imposé aux fonctionnaires également. Leur pension serait ainsi alignée sur celle des salariés. On fait ainsi d'une pierre deux coups. Tertio, les incitants fiscaux de l'épargne-pension individuelle, le troisième pilier, pourraient être renforcés."

Si l'intérêt croît, le taux d'épargne augmentera automatiquement puisque les revenus financiers seront plus conséquents. Et l'épargne grossira. Mais plutôt que d'attendre Godot, pourquoi ne pas envisager d'autres mesures pour accroître les revenus de la propriété ? Koen De Leus suggère par exemple de rendre les actions fiscalement plus attrayantes pour encourager le transfert de l'argent des carnets d'épargne, dont le rendement est quasi nul, vers la Bourse. Geert Gielens évoque quant à lui une réforme fiscale. "On pourrait étendre l'avantage fiscal actuel sur les carnets d'épargne réglementés aux autres placements par une exonération fiscale d'un montant maximum de revenus. Mais le Belge demeure un épargnant viscéralement conservateur, en dépit des incitations à prendre davantage de risques."