Le gang de criminels faisait transiter l'argent volé par le biais d'un enchevêtrement de 'mules à argent'. Les hackers transféraient les sommes vers des comptes étrangers via la plateforme de transaction Western Union Money Transfer. Ils contactaient des complices potentiels par e-mails et dans lesquels ils offraient de généreuses rémunérations. Des montants allant jusque 3.000 euros par mois étaient destinés à les inciter à franchir le pas. La seule chose que ces complices devaient faire, c'était donner leurs numéros de compte et de GSM.

L'argent promis provenait d'un client d'une grande banque qui s'était fait hacker. Derrière l'opération, qui vit le jour en 2007, une figure centrale se dissimulait sous une adresse mail Yahoo, écrit De Standaard.

Tuyau danois

L'affaire a connu un coup d'accélérateur lorsqu'une perquisition a permis de mener à l'une des figures centrales belges, Maria Polonski. Les enquêteurs ont pu, grâce à un tuyau issu du Danemark, mettre son réseau à nu et attraper plusieurs 'petits poissons'. Cette Bruxelloise avait reçu des versements provenant du Danemark pour un montant total de 11.908 euros.

A l'échelle internationale aussi, on a vu une percée. L'été dernier, un membre central du réseau a été arrêté à Miami. Il fait toujours l'objet d'un interrogatoire, mais il est déjà clair aujourd'hui que les hackers sont partis avec au minimum 4,6 millions d'euros et ont fait 1.458 victimes belges. Le gang s'est de plus rendu coupable de plus de 12.000 piratages dans notre pays.

Le parquet bruxellois veut assigner 21 personnes devant le tribunal, dont cinq Russes soupçonnés de blanchiment d'argent. Les autres suspects sont poursuivis pour blanchiment et fraude informatique.

(NS)