Après la suppression progressive systématique des frais d'itinérance au cours des dix dernières années, depuis ce jeudi, ils sont réellement de l'histoire ancienne. Tout Belge qui appelle, surfe ou échange des SMS à partir d'un autre État membre européen (ou de l'Islande, de la Norvège et du Liechtenstein) avec son appareil mobile ne se verra plus facturer de surcoûts, pour autant que sa consommation tombe sous son forfait belge.

La suppression des frais d'itinérance est une réelle success-story européenne

"L'Union européenne est là pour rapprocher les gens et rendre leur vie plus facile. La suppression des surcoûts d'itinérance est une réelle success-story européenne", disent Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, Antonio Tajani, le président du Parlement européen, et le Premier ministre maltais Joseph Muscat, président intérimaire du Conseil, dans un communiqué de presse. "Grâce à une collaboration étroite, l'UE a atteint un résultat concret, positif, pour les citoyens européens."

Tout le monde ne supprime pas les frais de roaming

Les opérateurs belges ne peuvent évidemment plus facturer de surcoûts d'itinérance. Orange et Proximus ont déjà supprimé ces surcoûts plus tôt cette semaine, Mobile Vikings l'avait déjà fait le mois dernier.

VOO, qui ne dispose pas d'un réseau mobile propre en tant qu'opérateur virtuel, a obtenu l'autorisation du régulateur des télécoms BIPT de continuer à facturer des surcoûts. La société doit notamment porter les coûts des services d'itinérance où ses clients en font usage à l'étranger, mais elle ne peut pas compenser ceux-ci par les revenus des étrangers qui utilisent un réseau belge. Les clients de VOO ne doivent pas payer de frais d'itinérance tant qu'ils ne dépassent pas les limites journalières suivantes: 60 minutes d'appels 'sortants', l'envoi de 60 SMS, 200 MB de data. Ceux qui le font tout de même paieront 3,80 euros par minute d'appel, 1,20 euro par SMS émis, et 0,70 euro par megabyte.

Uniquement au sein de l'Union européenne

Seuls les pays faisant partie de l'UE suppriment les frais d'itinérance. Les personnes qui visitent un pays en dehors de l'UE n'échappent pas aux surcoûts. C'est par exemple le cas de la Suisse et de la Turquie. Il y a certes trois exceptions citées plus haut (Norvège, Islande, Liechtenstein) qui suppriment également ces frais de roaming. Le Royaume-Uni en fait pour l'instant encore partie. Personne ne sait si ce sera encore le cas après le Brexit.

Pas d'abus

"L'itinérance au tarif domestique" sera possible tant qu'aucun abus n'est constaté. Les clients ne pourront dès lors pas faire abusivement usage d'opérateurs étrangers moins chers.

La règle générale est que le roaming peut se faire au tarif domestique tant que le client passe davantage de temps dans son propre pays qu'à l'étranger ou qu'il utilise davantage son téléphone mobile dans son pays qu'à l'étranger. Si l'utilisation de l'itinérance est supérieure à l'utilisation domestique, un surcoût pourra être facturé. Celui-ci s'élève à maximum 3,2 cents par minute d'appel, 1 cent par SMS et 7,70 euros par Gb. Ce dernier tarif va néanmoins progressivement diminuer à 2,50 euros par Gb d'ici 2022.

Appels vers l'étranger

Les personnes qui appellent à partir de la Belgique vers l'étranger doivent certes bel et bien encore tenir compte des surcoûts. Cela reste des appels internationaux. Ce qui signifie que le consommateur doit dans un tel cas payer des tarifs internationaux distincts. Les personnes disposant par exemple d'un abonnement Zen Dauphin chez Orange paient 90 cents par minute si elles appellent un numéro français. Un coup de fil vers les États-Unis coûte 1,8 euro par minute avec le même abonnement. Un bon conseil: le roaming en dehors de l'UE, et dans ce cas surtout le dataroaming, peut revenir très cher, vérifiez dès lors les tarifs de votre opérateur avant de partir en voyage hors UE.