Le président de la Fed, Jerome Powell, a insisté sur la nécessité de soutenir le marché de l'emploi tout en se montrant plus souple vis-à-vis de l'inflation. Concrètement, la Fed ne réagira pas "pendant un certain temps" si l'inflation accélère à plus de 2%, son objectif officiel. Elle ne devrait donc pas relever son taux directeur, actuelleme...

Le président de la Fed, Jerome Powell, a insisté sur la nécessité de soutenir le marché de l'emploi tout en se montrant plus souple vis-à-vis de l'inflation. Concrètement, la Fed ne réagira pas "pendant un certain temps" si l'inflation accélère à plus de 2%, son objectif officiel. Elle ne devrait donc pas relever son taux directeur, actuellement fixé entre 0% et 0,25%, avant plusieurs années. Cette perspective de maintien des taux à un niveau historiquement bas a pesé sur le dollar. La baisse est toutefois restée limitée, les observateurs s'attendant à ce que les autres banques centrales emboîtent le pas à la Fed. A priori, cela ne change rien, l'inflation étant fébrile depuis de nombreuses années. Mais elle pourrait s'accélérer à la suite des amples plans de relance budgétaire destinés à limiter l'impact économique de la crise du coronavirus. Rappelons qu'après la crise de 2008, les programmes d'assouplissement monétaire avaient été accompagnés d'une réduction des déficits publics. Mais pour 2021, le CBO, le bureau du Budget du Congrès, a déjà relevé le déficit attendu des Etats-Unis de 966 à 2.100 milliards de dollars. Une accélération de l'inflation est ainsi un scénario réaliste dès que l'économie se normalisera. Avec des taux qui restent à leur niveau actuel, les investisseurs en obligations seraient contraints de se contenter d'un rendement réel sensiblement négatif. Tout profit pour les actifs risqués qui bénéficieraient plus que jamais du syndrome Tina (There is no alternative), à savoir qu'il n'y a pas d'alternative... aux actions.