Depuis le référendum britannique sur le Brexit, le marché unique européen essuie un vent de critiques. La sortie annoncée de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne a inspiré plusieurs politiciens d'autres pays européens à également inclure une sortie dans leur programme de parti, comme la candidate à la présidence Marine Le Pen (FN) en France et le leader du PVV Geert Wilders aux Pays-Bas. "Si je deviens Premier ministre, un rapide Nexit est la première chose que je ferai", a annoncé Wilders dans des interviews.

Le Pen et Wilders reçoivent, dans leur propre pays, beaucoup de vent contraire des autres partis. Ces derniers ont le soutien de Karl Cox, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, et de Jyrki Katainen, le vice-président de la Chambre de Commerce américain en Europe (AmCham EU). Ils se basent sur une analyse économique du bureau London Economics concernant les avantages de l'Union européenne. "Ces avantages sont enracinés tellement profondément dans notre vie quotidienne qu'ils sont considérés comme allant de soi. C'est pourquoi nous nous trouvons devant des défis gigantesques", écrit Katainen dans l'avant-propos de la recherche.

UE sous pression

L'Union Européenne a créé de la prospérité tant pour les entreprises que pour les consommateurs

Cox renforce ces propos: "L'Union européenne ne s'est jamais trouvée autant sous pression. La montée du populisme, la mise en place de frontières intérieures et le résultat du référendum sur le Brexit ne sont que quelques éléments qui remettent en cause le marché unique. Nous avons dès lors besoin de voix plus affirmées et plus fortes dans l'Union européenne. Cette étude dépeint combien le marché unique européen est précieux et l'ampleur de son impact sur notre vie quotidienne. L'Union Européenne a créé de la prospérité tant pour les entreprises que pour les consommateurs." Les deux experts sont persuadés que personne ne ressortirait gagnant d'un affaiblissement de l'Union européenne.

L'étude a utilisé 1990 comme année de référence. Une des conclusions les plus marquantes est que la Belgique est l'un des plus grands gagnants du marché unique. Sans l'Union européenne, la croissance économique dans notre pays serait inférieure de 2,51 %. La moyenne dans l'Union européenne est de 1,7 %. Ce chiffre n'est plus élevé qu'en Autriche (2,58 %), Tchéquie (2,61 %), Slovaquie (2,67 %) et Estonie (3 %). Grâce au marché interne, le Belge a vu sa richesse augmenter de 2.053 euros. C'est 1.006 euros de plus que le citoyen européen moyen. L'adhésion à l'Union européenne a également créé une consommation supplémentaire de 1.057 euros par ménage. Selon le rapport, grâce à l'Union européenne, 113.000 emplois se sont ajoutés dans notre pays.

Et les autres pays membres de l'UE ?

Notre pays n'est pas le seul à bénéficier de l'Union européenne. Les pays où les eurosceptiques gagnent en popularité doivent eux aussi une partie considérable de leur prospérité au projet européen. Grâce à l'Union européenne, les Britanniques sont plus riches de 933 euros et la croissance de l'économie britannique est à un niveau plus élevé de 1,3 %. Le projet européen y a aussi créé 389.000 emplois. Si la Grande-Bretagne restait dans le marché intérieur et que le niveau de son intégration augmentait par exemple jusqu'au niveau de celle de notre pays, une croissance supplémentaire de 0,48 % et 165.000 emplois de plus seraient encore possibles.

En France et aux Pays-Bas, des évolutions similaires se profilent. Les Français ont vu leur prospérité progresser de 1.213 euros depuis 1990. L'économie française s'est renforcée de 1,67 % grâce à l'Union européenne. Cela représente 436.000 places de travail supplémentaires. Les Hollandais se sont enrichis de 967 euros. Leur économie a connu une croissance de 1,13 % grâce à l'Union européenne et 92.000 créations d'emplois.