La nouvelle essence E10 est censée réduire les émissions en CO2 des voitures à essence. Celle-ci contient notamment jusqu'à 10% d'éthanol, soit deux fois plus que la Super 95 ordinaire. Dans des pays comme l'Allemagne et la France, l'E10 est déjà en vente depuis longtemps. En Allemagne surtout, des critiques ont été émises sur le fait que l'on utilise des cultures agricoles comme les betteraves sucrières et les céréales pour la production de l'éthanol.

Mais en Belgique aussi, quatre automobilistes sur dix ne sont pas favorables à l'E10. C'est ce qui ressort d'une enquête du club de mobilité VAB auprès de plus de 500 personnes qui roulent à l'essence. Le doute à propos du caractère durable est également grand chez nous: deux conducteurs respectueux de l'environnement sur trois sont sceptiques concernant l'utilisation de produits agricoles dans la fabrication du carburant.

A partir du 1er janvier 2017, il ne sera plus possible de s'approvisionner partout en Super 95 classique. L'enquête du VAB révèle toutefois que le Belge veut une liberté de choix: 7 chauffeurs sur 10 désirent que les stations d'essence proposent les deux types de carburant en même temps, comme c'est aussi le cas en Allemagne et en France. Le club de mobilité demande dès lors au secteur pétrolier de répondre à ce souhait.

Année de fabrication d'avant 2000

Il y a aussi des modèles plus récents dotés d'un système à injection différent, non compatible avec le nouveau carburant

L'instauration de l'E10 a surtout des conséquences pour les voitures fabriquées avant 2000. Selon l'assistant Touring, celles-ci représentent à peu près 2% du parc automobile belge. "Ensuite, il y a aussi des modèles plus récents dotés d'un système à injection différent, non compatible avec le nouveau carburant", explique le porte-parole Danny Smagghe. "C'est également le cas pour pas mal de moteurs et de machines pour le jardin."

Un plein ponctuel ou sporadique d'un véhicule non approprié pour cela ne peut pas faire de mal. Si vous le faites régulièrement, l'E10 peut toutefois causer des dommages ou de la corrosion au système à injection. Il est dès lors sage de vous informer auprès du vendeur, du garagiste ou du fabricant. Sur le site web de la Febiac, vous pouvez également vérifier si votre voiture est compatible avec le nouveau type de carburant.

"Si ce n'est pas le cas, vous pouvez alors passer sans problème à la Super 98", explique Danny Smagghe de Touring. "Ce carburant est néanmoins presque 5% plus cher que la Super 95. Sur un plein de cinquant litres, la différence est presque de 3,5 euros. Mais l'E10 sera aussi un peu plus chère que la Super 95 classique: sans doute de 2 cents par litre. Un plein de cinquante litres sera de ce fait environ plus cher d'un euro.

L'OPEP fait monter le prix du pétrole

Et cela nous amène aux prévisions de l'évolution des prix pétroliers en 2017. La récente décision de l'OPEP de limiter la production jusqu'à 1,2 million de barils par jour à partir de l'année prochaine se fera probablement sentir à la pompe. En outre, des pays en dehors du cartel, comme la Russie, pourraient renforcer la décision en produisant à leur tour 600.000 barils de moins ensemble.

"L'OPEP et surtout la Russie n'ont toutefois pas une bonne réputation sur le plan du respect des limitations de production imposées", explique David Duchi, analyste de marché chez KBC Asset Management. "C'est pourquoi, par mesure de prudence, nous tenons compte d'une limitation de production totale de seulement 900.000 barils par jour dans notre bilan pétrolier."

Selon Duchi, si l'OPEP parvient à tenir sa promesse, les stocks de pétrole ne grandiront plus. En réaction à la décision prise, en l'espace de quelques jours, le baril de pétrole brut est devenu 15% plus cher. Les prix pétroliers au-dessus de 50 dollars sont dès lors à nouveau une bonne nouvelle pour les producteurs américains de pétrole de schiste : à partir de cette limite, leurs installations de forage deviennent à nouveau rentables.

"Perte de pouvoir d'achat limitée"

"Du fait de la reprise des activités de schiste aux Etats-Unis, le potentiel à la hausse en 2017 est probablement limité à quelque 60 dollars", prévoit David Duchi. "Comme la demande mondiale en pétrole continuera en même temps à croître fortement, il y aura toutefois également besoin de plus de pétrole issu des sources conventionnelles. "Pour le long terme, KBC prévoit dès lors une évolution du prix à 70 dollars le baril."

BNP Paribas Fortis a également revu ses prévisions d'augmentation de prix pour 2017, à 50 à 60 dollars le baril de pétrole brut. "Nous ne prévoyons pas directement un prix beaucoup plus élevé", dit le chief investment advisor Marc Eeckhout. "Un prix du pétrole de 55 dollars n'influencera notre pouvoir d'achat que dans une mesure limitée. En effet: mi 2014, le baril de pétrole brut coûtait encore deux fois plus."