Quoi de plus machinal, pour effectuer un paiement, que de glisser sa carte bancaire dans le terminal du magasin puis de taper son code secret ? En ces temps où le coronavirus peut facilement se transmettre par leur intermédiaire, les experts recommandent de désinfecter les claviers avant et après chaque utilisation ou, mieux encore, d'éviter tout contact physique. Le secteur bancaire met depuis plusieurs années déjà l'accent sur les solutions sans contact qui sont donc, aujourd'hui, particulièrement bienvenues.
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Quoi de plus machinal, pour effectuer un paiement, que de glisser sa carte bancaire dans le terminal du magasin puis de taper son code secret ? En ces temps où le coronavirus peut facilement se transmettre par leur intermédiaire, les experts recommandent de désinfecter les claviers avant et après chaque utilisation ou, mieux encore, d'éviter tout contact physique. Le secteur bancaire met depuis plusieurs années déjà l'accent sur les solutions sans contact qui sont donc, aujourd'hui, particulièrement bienvenues. Nombre de cartes bancaires sont pourvues d'une puce NFC ( near field communication) reconnaissable aux ondes stylisées de son logo. D'après les données les plus récentes de Febelfin, la fédération belge du secteur financier, 73 % des cartes de débit (Bancontact/Maestro) belges sont d'ores et déjà équipées de cette technologie. Chaque carte nouvellement produite a de surcroît, en principe, sa puce NFC. Les différences entre banques peuvent néanmoins être importantes. Ainsi 97 % des cartes de débit émises par KBC permettent-elles un paiement sans contact, contre 90 % pour celles de BNP Paribas Fortis. Argenta n'a jusqu'à présent équipé qu'un quart de ses cartes de paiement de la technologie NFC. Crelan et bpost banque ne sont pas très avancées mais il est possible de leur réclamer une carte équipée qui, en fonction de la politique de l'établissement, pourra être payante. Les cartes de crédit ne sont pas en reste. " La grande majorité de nos cartes permettent de payer sans contact, annonce Jean-Marie de Crayencour, country manager chez Visa Belux. Celles dont ce n'est pas le cas peuvent être remplacées. " Même son de cloche chez Mastercard : " La moitié de nos cartes de crédit et cartes prépayées sont équipées de la puce NFC, confirme Amandine Servotte, communication manager. Et il est toujours possible d'en obtenir une plus récente. " Dans le contexte de la crise sanitaire, BNP Paribas Fortis a identifié les principaux endroits où les Belges ont recours au paiement sans contact. Près de la moitié (47 %) des transactions s'opèrent dans les supermarchés et les magasins d'alimentation. Les boucheries et les restaurants proposant des plats à emporter représentent 19 % des paiements, les boulangeries 18 %, les stations-services 6 % et les pharmacies 3 %. Le montant moyen par opération s'élève à 23,60 euros, en hausse de 40 % par rapport à l'époque où le virus ne sévissait pas encore. Tous les terminaux installés ces cinq dernières années dans les commerces belges par Worldline, le plus grand fournisseur du pays, permettent de payer sans contact. " C'est désormais la norme, confirme Eric Spapens, le porte-parole de l'entreprise. Le commerçant est toutefois libre de désactiver cette fonction, ou de ne pas accepter certaines cartes, comme les cartes de crédit. " Pour payer sans contact, il faut non pas insérer la carte dans la fente du terminal, mais l'approcher de l'appareil, à une distance de 10 cm tout au plus. Jusqu'à récemment, le système fonctionnait pour chaque achat d'un montant inférieur ou égal à 25 euros, avec une limite cumulée de 50 euros. L'utilisateur qui souhaitait dépasser un de ces deux plafonds devait saisir son code secret. La crise sanitaire a incité Febelfin à faire passer le montant maximum par transaction à 50 euros et le plafond cumulé à 100 euros. " Si par exemple, vous payez successivement sans contact 10, 45, 25 puis 25 euros, il vous faudra, pour ce dernier achat, insérer votre carte dans le terminal et taper votre code secret, détaille un porte-parole. Après quoi vous pourrez recommencer à payer sans contact. " Aucune limite journalière n'est imposée. " On ne décide jamais de relever les limites sans avoir soigneusement pris en compte la facilité d'utilisation d'une part et la sécurité d'autre part, rassure Leo Van Hove, professeur à la VUB et expert en systèmes de paiement. Le relèvement récemment opéré en Belgique s'inscrit (bien que tardivement) dans la droite ligne de ce qu'ont fait d'autres pays européens : l'Allemagne, le Luxembourg, la France et les Pays-Bas, par exemple, ont eux aussi porté la limite à 50 euros. A l'inverse, l'Italie en est toujours à 25 euros. " Le smartphone est un autre outil de paiement sans contact. Les appareils tournant sous Android qui sont équipés de l'application Payconiq by Bancontact peuvent tout simplement être tenus à proximité du terminal. Le système est soutenu par la quasi-intégralité des banques belges et la procédure d'association à la carte ou au compte bancaire est un jeu d'enfant. Aucune confirmation n'est nécessaire pour les montants allant jusqu'à 25 euros. Au-delà, l'utilisateur doit introduire son code secret, mais sur son téléphone même. Cette fonction Tap & Pay n'est pas encore disponible sur les iPhone. Ceci dit, Payconiq by Bancontact a mis au point une solution qui fonctionne sur tous les smartphones : le scannage du code QR. De plus en plus de commerces affichent leur code QR à proximité de leur caisse ou sur leur terminal ; il suffit de le scanner pour que le montant de l'achat s'affiche à l'écran du téléphone, dont le propriétaire n'a plus qu'à introduire le code secret. Certaines banques ont développé leur propre système. Les applications Belfius Mobile et KBC Mobile permettent de payer sans contact, en tenant le téléphone Android à quelques centimètres du terminal ou en scannant le code QR du commerçant. D'autres ont intégré la fonction Bancontact dans leur application ; les possibilités sont généralement les mêmes que celles offertes par Payconiq by Bancontact mais le système permet à l'organisme de regrouper l'intégralité de ses services financiers dans une application synoptique. Quelle que soit la méthode choisie, n'oubliez pas de désinfecter régulièrement l'écran de votre téléphone, sur lequel, d'après certaines études (contredites par d'autres), le virus pourrait survivre plusieurs heures. Certains appareils permettent de confirmer les paiements au moyen d'un système de reconnaissance digitale ou faciale, ce qui réduit au minimum absolu les contacts physiques. Apple Pay met une solution NFC à la disposition des utilisateurs d'iPhone. Le système n'est toutefois accessible qu'aux clients de BNP Paribas Fortis (et de ses filiales Fintro et Hello bank ! ) et de quelques acteurs de niche, comme N26, Bunq, Buy Way, Revolut et Monese. Il suffit d'associer la carte de débit ou de crédit à l'application pour pouvoir payer en tenant, ici encore, le GSM à quelques centimètres du terminal. Pour confirmer la transaction, le consommateur introduit son code secret ou utilise le système de reconnaissance faciale ou digitale du téléphone. Apple Pay est en principe utilisable à tous les terminaux qui proposent un paiement sans contact. " Les limites sont celles applicables aux cartes associées, résume Hilde Junius, chez BNP Paribas Fortis. Le client peut donc payer jusqu'à 2.500 euros par semaine dans les magasins, pour autant que le solde de son compte le lui permette. Il peut par ailleurs faire relever ce plafond. Le même principe vaut pour les cartes de crédit. " Sur les smartphones Android, cette fonction porte le nom de Google Pay. Elle est à la disposition des clients des banques qui soutiennent Apple Pay, auxquelles s'ajoute KBC. Elle permet elle aussi de payer sans contact, dans le respect des limites applicables aux cartes qui lui sont liées. " Comme lors de toute période d'innovation technologique, il est normal que plusieurs acteurs tentent de s'approprier le marché du paiement sans contact, analyse le professeur Leo Van Hove. Pour autant, on n'assiste pas, en Belgique, à un développement anarchique. La réunion, l'an passé, de Bancontact et de Payconiq en une seule appli a même constitué un premier pas en direction d'une universalité. Mais c'est du consommateur que dépendra la survie de telle ou telle solution. Mon sentiment est qu'à terme, la technologie NFC a davantage de chances d'être conservée que les systèmes qui utilisent le code QR. " La Smartwatch est un autre moyen de paiement sans contact. Les détenteurs d'une Apple Watch peuvent y télécharger Apple Pay. Les montres sportives de Garmin et de FitBit sont équipées de la solution Garmin Pay ou FitBit Pay. Ces appareils de technologie portable fonctionnent avec les cartes de débit de Belfius, de KBC et du groupe BNP Paribas Fortis.