Un homme est à la boulangerie et commande des pistolets. "Vous prendrez bien un prêt voiture avec ça?", demande le vendeur derrière le comptoir. Cela ressemble au début d'une blague, mais c'est le préambule d'un spot radio lancé par une grande banque peu avant le Salon de l'auto.
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Un homme est à la boulangerie et commande des pistolets. "Vous prendrez bien un prêt voiture avec ça?", demande le vendeur derrière le comptoir. Cela ressemble au début d'une blague, mais c'est le préambule d'un spot radio lancé par une grande banque peu avant le Salon de l'auto.C'est comme si emprunter ne coûtait rien, avec des taux d'intérêt inférieurs à 1% pour les prêts voiture. La même grande banque a également mis des publicités pour des prêts voiture sur des sachets de pain."Le taux d'intérêt sur les prêts voiture se situe à un niveau historiquement bas", commente Herman Bruyland, le gérant de Konsilas Credit Experts. "Mais ce n'est pas étonnant. Les banques croulent toujours sous l'épargne. Si elles veulent faire un dépôt de ce cash auprès de la Banque centrale européenne, elles paient un taux de pénalisation de 0,4%.""Il est dans ce cas plus avantageux d'utiliser ce cash pour l'octroi de crédits auto à des familles et des entreprises, pour lesquels les banques peuvent obtenir une rémunération de par exemple 1%. Et les promotions liées au Salon de l'auto ont l'air formidables, mais la mensualité ne diffère parfois que de quelques euros par rapport au taux normal."À première vue, les informations concernant l'augmentation du taux d'intérêt à long terme contrastent avec le taux bon marché des prêts voiture. Mais les taux d'intérêt à court terme en Europe ont beaucoup moins augmenté. Le taux d'intérêt sur les obligations d'État belges d'une durée de deux ans n'est que légèrement supérieur à celui de l'an dernier, environ -0,5%. Le taux d'intérêt que les banques européennes se facturent entre elles pour les prêts à douze mois est toujours en diminution et varie autour de -0.2%.En janvier 2016, Beobank a été la première banque à plonger sous 1% dans notre pays, avec un taux annuel effectif global (TAEG) de 0,99%. Tout comme les années précédentes, la banque est, cette année encore, celle qui casse les prix. Au début du Salon de l'auto, Beobank a diminué son taux d'intérêt à 0,65%, tant pour les particuliers que pour les professionnels qui démarrent un crédit de maximum 50.000 euros, avec une durée de remboursement maximale de 60 mois. Cette action temporaire court jusqu'au 31 mars, sur présentation d'une facture ou d'un bon de commande récent signé par les deux parties. Elle s'applique aussi aux voitures d'occasion de moins de deux ans. Beobank n'est plus la seule banque qui demande moins de 1% pour les prêts voiture. Dans plusieurs banques, les taux d'intérêt les plus faibles sont néanmoins réservés aux voitures écologiques. Il s'agit par exemple des voitures hybrides, mais également des voitures à essence avec une émission de CO2 de maximum 130 grammes au kilomètre ou des voitures au diesel avec une émission de CO2 maximale de 115 grammes par kilomètre.Dans le tableau ci-dessous, nous vous donnons un aperçu des banques qui demandent moins de 1% pour des emprunts jusqu'à 10.000 euros avec une durée de remboursement maximum de 48 mois.Cela fait déjà longtemps que les consommateurs peuvent s'adresser directement aux concessionnaires automobiles pour un prêt dit gratuit. L'acheteur paie 0% d'intérêt, mais il doit néanmoins payer le crédit d'une manière ou d'une autre. Certaines réductions ou options gratuites auxquelles ont droit les personnes qui payent en cash, le concessionnaire ne les octroie pas à la personne qui achète à crédit.C'est la raison pour laquelle il est conseillé de d'abord demander au vendeur de voitures quel est son meilleur prix et de discuter seulement après de la manière dont vous allez payer la voiture. Vous pourrez dès lors comparer l'ensemble des coûts. (voir encadré au bas de cet article)En alternative à l'achat à tempérament, il y a le contrat de leasing. "Un contrat auprès d'une société de leasing peut offrir davantage de flexibilité pour une optimisation fiscale, en particulier pour les clients professionnels", ressort-il chez Beobank."Tout dépend bien sûr de la situation et des besoins du client. Pour nos clients particuliers, nous conseillons plutôt un financement auto classique." Les frais liés à un prêt classique sont en général inférieurs. L'organisation de défense des consommateurs Test-Achats affirme également qu'il est généralement plus avantageux pour un particulier d'acheter une voiture ou de la financer via un crédit."Un autre avantage est que l'emprunteur est, dès l'achat, 100% propriétaire de la voiture", poursuit le porte-parole de Beobank. Cet avantage est en même temps un inconvénient, car les frais imprévus, qui tombent en dehors de la garantie, sont à charge du propriétaire. "Selon moi, le leasing n'est, en soi, ni moins cher ni plus cher. Les sociétés de leasing peuvent souvent faire de plus grosses commandes et négocier ainsi des réductions supplémentaires sur le prix d'achat des voitures", précise Bruyland. "Le grand avantage du leasing est le fait que les frais imprévus sont couverts. Il s'accompagne aussi d'une certaine simplicité administrative, car l'entretien et l'assurance sont par exemple aussi réglés pour l'utilisateur.""Les sociétés peuvent alléger leur bilan par un leasing opérationnel. Les prêts voitures sont comptabilisés comme des dettes dans le bilan, alors que les frais mensuels pour un leasing peuvent, d'un point de vue comptable, être considérés comme une location. Le leasing permet également aux sociétés de faire davantage de frais pour réduire leur bénéfice. Le fisc n'accepte les amortissements de voitures que sur minimum cinq ans compte tenu de leur durée de vie moyenne. Vous pouvez toutefois prendre des voitures de société en leasing pour des périodes plus courtes."Parmi ses clients, Bruyland observe que davantage de PME, professions libérales et indépendants privilégient le leasing au financement d'une voiture neuve avec un crédit. "Dans les plus grandes sociétés, le leasing est déjà bien établi depuis longtemps. J'observe à présent que les PME optent de plus en plus souvent pour le leasing. C'est une rupture de tendance, qui s'est probablement déjà manifestée prudemment lors du Salon de l'auto de l'an dernier et qui est vraiment clairement présente cette année.""J'ai moins de vue sur le private lease, la formule pour les particuliers. L'offre est souvent encore limitée, mais le private lease progresse doucement. Je pense néanmoins que la majeure partie des particuliers privilégient encore le crédit au leasing."