Bien plus encore, le taux de chômage américain de 5 % semble à première vue être un résultat brillant, si on le compare à ceux de la plupart des Etats européens, y compris la Belgique et la France. Ces chiffres peuvent toutefois aussi être vus comme des trompe-l'oeil.

Ainsi, le maintien du déficit à 3,1 % n'est en soi pas un succès puisqu'il s'agit du taux auquel avait mené la ruineuse politique militaire de Georges W. Bush. Ce taux n'a de plus été acquis, paradoxalement, que parce que Barack Obama n'avait pas la maîtrise du budget. Il n'a en effet pu faire passer ses budgets de manière aisée au Congrès que pendant les deux premières années de son premier mandat, années pendant lesquelles il disposait d'une majorité parlementaire. Et, pendant cette période, sa politique a engendré des déficits budgétaires colossaux atteignant les 8 % du PIB.

Ce n'est que lorsque les Républicains ont pris le contrôle du congrès qu'ils ont pu imposer à Barack Obama une politique budgétaire plus rigoureuse, quoique probablement insuffisante, qui a réduit le déficit au niveau des 3 % : si ce taux, que le gouvernement belge essaye péniblement d'atteindre, a été celui du déficit américain, c'est beaucoup plus un succès relatif à mettre au crédit du Tea Party que de Barack Obama lui-même.

Quant au chômage de 5 %, il cache mal une réduction colossale de la population active américaine, de l'ordre de près de 15 millions de personnes, qui ne travaillent plus, sans être des bénéficiaires du chômage, et 43,6 millions d'Américains (11 millions de plus qu'à l'arrivée de Barack Obama au pouvoir) dépendent de l'aide alimentaire officielle (food stamps). De plus, l'augmentation de l'activité est propre à certains Etats, républicains et peu taxateurs, comme le Texas, alors que des Etats très imposés et démocrates, comme la Californie, ont vu de nombreuses entreprises importantes les quitter. La concurrence fiscale a ses mérites, même à l'intérieur des Etats-Unis...

La première puissance du monde a, sous la présidence de Barack Obama, voulu imiter l'Europe, ses déficits budgétaires et son Etat providence.

Comme nombre d'Etats européens, l'administration Obama a aussi augmenté les dépenses publiques, souvent au profit de proches du parti démocrate. Le meilleur exemple en est la faillite de Solyndra, qui, après avoir englouti d'énormes subsides fédéraux en faveur de l'environnement, n'a pu atteindre les objectifs poursuivis. Pendant ce temps, le revenu moyen des Américains baissait, en huit ans, de 57.744 à 54.045 dollars.

Cela explique une dette publique qui est aujourd'hui de plus de 100 % du PIB, soit un niveau dangereux, comparable à celui de la Belgique. Pour chaque Américain, l'Etat devait 31.000 dollars il y a huit ans, et plus de 61.000 dollars aujourd'hui. Tout comme la Belgique, Barack Obama n'a pas réduit le taux très élevé de l'impôt des sociétés américain (35 %), ce qui a accru la tendance des entreprises à produire ailleurs qu'aux Etats-Unis. Ce taux a également contribué dans une très large mesure, au maintien d'énormes " trésors de guerre " d'entreprise américaines comme Apple et beaucoup d'autres, dans des pays étrangers. Ces capitaux restent artificiellement à l'étranger parce qu'ils seraient soumis à un impôt très élevé s'ils étaient rapatriés aux Etats-Unis. Cette norme n'est en soi pas critiquable et est d'ailleurs la même en Belgique, mais si l'on veut que les capitaux reviennent dans la maison mère, il faut réduire le taux de l'impôt des sociétés, comme Donald Trump voudrait le faire aux Etats-Unis, et comme notre ministre des Finances le ferait, s'il n'était contrarié dans ses projets par le CD&V.

Enfin, l'Obamacare, système obligatoire d'assurance maladie, représentera, s'il n'est pas abrogé par la nouvelle administration, environ 6.000 dollars en moyenne par an de prélèvements obligatoires supplémentaires pour les foyers américains.

L'échec de Barack Obama dans le domaine budgétaire et le domaine fiscal est assez explicable. Sur tous ces points, la première puissance du monde a, sous la présidence de Barack Obama, voulu imiter l'Europe, ses déficits budgétaires et son Etat providence. Il ne s'est apparemment pas rendu compte que l'Europe est aujourd'hui, en raison précisément de ce rôle excessif de l'Etat, le continent en déclin. Il faut espérer, sans être sûr qu'il en sera ainsi, que son successeur l'aura compris, et prendra les mesures pour mettre fin aux conséquences nuisibles de cette tentative " d'européanisation des Etats-Unis ".