Il ne devrait en effet pas y avoir d'accord au sein du gouvernement pour appliquer la recommandation de la Banque nationale visant à pénaliser les prêts hypothécaires à quotité élevée (montant emprunté dépassant 80 % de la valeur du bien). Objectif : éviter une surchauffe du marché immobilier tout en renforçant la solidité des banques. Et cela, via une légère augmentation des taux d'intérêt pour les emprunteurs qui ne pourraient pas eux-mêmes mettre sur la table au moins 20 % de la valeur de leur future maison.

Imbuvable pour le cdH, alors que le ministre des Finances a fait preuve de peu d'entrain pour le défendre, le projet suscite depuis plusieurs semaines la polémique sur le thème électoralement porteur de l'accès à la propriété. Au point pour Charles Michel de dénoncer les fake news humanistes. Et pour le président du MR Olivier Chastel, exaspéré par les propos du président du Parlement wallon André Antoine, de rappeler qu'il était fermement opposé à la recommandation de la Banque nationale et qu'il n'avait jamais été question pour les réformateurs d'instaurer une différence entre ceux qui emprunteraient à 80 % et plus. Encore moins d'interdire les crédits aux quotités supérieures à 100 %. De quoi rassurer donc ceux qui envisagent de souscrire un crédit hypothécaire sans (gros) apport personnel. Quitte à disqualifier publiquement la BNB dans son rôle de superviseur des banques, lesquelles devraient malgré tout suivre dans les grandes lignes ses recommandations.

79%. La quotité moyenne des nouveaux crédits hypothécaires accordés l'an dernier par le leader du marché BNP Paribas Fortis, contre 76 % en 2015.