Ce dernier vient d'annoncer son résultat au premier trimestre. Le premier assureur belge a engrangé un bénéfice de 251 millions d'euros au premier trimestre, un résultat quasiment stable (+1%) par rapport à l'année précédente. Mais, surtout, il dispose aujourd'hui d'une cagnotte de 1,3 milliard pour des achats. Il pourrait même, avec l'aide d'un emprunt, viser une cible de 2 milliards d'euros, le cas échéant. Mais les gibiers sont rares. Certains prêtent à Ageas des vues sur la compagnie espagnole Caser, une hypothèse ni infirmée ni confirmée par le CEO d'Ageas, Bart De Smet.

Le holding D'Ieteren ne publie lui que des résultats semestriels, mais il se porte bien également : il vient de revoir à la hausse ses perspectives de bénéfices, grâce notamment à la performance de Belron, le propriétaire de Carglass. Et il dispose lui aussi d'un ample trésor de guerre, évalué à environ 1 milliard d'euros. D'Ieteren est confronté au même problème qu'Ageas : il recherche une acquisition importante, mais n'a pas encore jeté son dévolu sur l'un ou l'autre actif. Les divergences de vues sur sa stratégie seraient d'ailleurs à l'origine du départ du CEO Axel Miller.

Car disposer d'abondantes liquidités n'est pas nécessairement perçu comme un " plus ". C'est plutôt le contraire. Pour D'Ieteren, " le marché applique une décote de 100% sur le cash du groupe " observe un analyste d'ING. Car à l'heure des taux d'intérêt négatifs, les liquidités ne rapportent rien. Et si l'on veut les investir en rachetant une société, le risque est de l'acheter trop cher. Dans sa note sur D'Ieteren, Nathalie Debruyne, analyste chez Degroof Petercam, explique ainsi qu'elle applique une décote de 20% aux actifs du holding pour refléter notamment " le risque de réinvestissement " de ces abondantes liquidités. Vous avez dit paradoxal ?

2,3 milliards

Le trésor de guerre d'Ageas est estimé à 1,3 milliard. Celui de D'Ieteren à 1 milliard. Ces deux groupes pourraient donc viser des acquisitions importantes...