Le secteur financier connaît l'une des crises les plus graves depuis la Grande Dépression. Pensez-vous que la crise touche à sa fin ou craignez-vous qu'elle s'aggrave encore ?

Je distingue plusieurs éléments positifs depuis quelques semaines, mais l'insécurité reste grande. Bien entendu, il reste de nombreux indicateurs témoignant d'une nouvelle dégradation de la situation économique. L'image est donc mitigée, avec tout de même quelques facteurs positifs, tels que l'évolution du Baltic Dry Index. Les prix du fret maritime, qui avaient chuté, se sont quelque peu redressés et donnent à penser que le commerce mondial a repris.

En outre, de nombreux dirigeants d'entreprise n'éprouvent guère l'impact de la crise, même si d'autres compagnies subissent une baisse de chiffre d'affaires de 40 % ou plus. Ces baisses prouvent, selon moi, que nous ne sommes pas tout à fait sortis de l'ornière. Nous avons peut-être franchi l'étape la plus pénible, mais il est trop tôt pour parler d'un redressement fondamental.

Des rumeurs concernant la position de KBC dans les pays émergents ont pesé très lourd sur le cours de l'action. Le risque est-il réellement bien plus élevé dans ces pays que sur d'autres marchés ?

Le risque y est effectivement plus élevé, mais les chutes de cours successives de 20 % en janvier étaient en effet basées sur des rumeurs. Nous avions prétendument subi une perte considérable en Irlande, une grande perte de change en Russie, une grande perte en Europe centrale et KBC Ancora devait vendre des actions KBC suite à des problèmes de liquidité. Mais ces rumeurs, nous les avons démenties aussitôt : nos amortissements de crédits en Irlande ne représentent que 30 points de base environ, l'actif net de nos acquisitions en Russie est financé en devise locale, les amortissements de crédits en Europe centrale n'étaient pas d'une telle ampleur et KBC Ancora n'était pas en train de vendre.

Nous faisons face actuellement à un problème de perception, où chacun tire ses propres conclusions. Nous le remarquons aussi à propos des prévisions d'amortissements de crédits pour cette année. Nous partons du principe qu'en Europe centrale et de l'Est, ils seront de l'ordre de 135 points de base, alors que le consensus des analystes part de 200 points de base. Ce n'est pas exclu, mais si le scénario le plus pessimiste se réalise effectivement, nous nous retrouverons dans une économie basée sur la chasse et la pêche.

Comment expliquez-vous l'abondance de telles rumeurs ?

Il est quand même étrange que les rumeurs aillent bon train lorsque le cours chute. Après cette période (quatre jours de chutes de cours consécutives en janvier), il a fallu trois jours pour liquider toutes les positions sur actions KBC, ce qui révèle quand même qu'il y a eu beaucoup de ventes à découvert. On ne peut alors que s'interroger sur le lien de causalité : les rumeurs étaient-elles la cause ou la conséquence de ces baisses de cours ? Il n'est pas possible de le prouver, mais j'ai lu cette semaine qu'un fonds à levier londonien a émis une déclaration dans laquelle il confirme avoir vendu KBC à découvert. De cette façon, on joue un jeu quasiment sans risque dans un marché qui réagit à la moindre rumeur.

Cédric Boitte et Ken Van Weyenberg

Vous pourrez découvrir l'interview complète d'André Bergen dans le Cash de ce jeudi.

Le secteur financier connaît l'une des crises les plus graves depuis la Grande Dépression. Pensez-vous que la crise touche à sa fin ou craignez-vous qu'elle s'aggrave encore ?Je distingue plusieurs éléments positifs depuis quelques semaines, mais l'insécurité reste grande. Bien entendu, il reste de nombreux indicateurs témoignant d'une nouvelle dégradation de la situation économique. L'image est donc mitigée, avec tout de même quelques facteurs positifs, tels que l'évolution du Baltic Dry Index. Les prix du fret maritime, qui avaient chuté, se sont quelque peu redressés et donnent à penser que le commerce mondial a repris.En outre, de nombreux dirigeants d'entreprise n'éprouvent guère l'impact de la crise, même si d'autres compagnies subissent une baisse de chiffre d'affaires de 40 % ou plus. Ces baisses prouvent, selon moi, que nous ne sommes pas tout à fait sortis de l'ornière. Nous avons peut-être franchi l'étape la plus pénible, mais il est trop tôt pour parler d'un redressement fondamental.Des rumeurs concernant la position de KBC dans les pays émergents ont pesé très lourd sur le cours de l'action. Le risque est-il réellement bien plus élevé dans ces pays que sur d'autres marchés ?Le risque y est effectivement plus élevé, mais les chutes de cours successives de 20 % en janvier étaient en effet basées sur des rumeurs. Nous avions prétendument subi une perte considérable en Irlande, une grande perte de change en Russie, une grande perte en Europe centrale et KBC Ancora devait vendre des actions KBC suite à des problèmes de liquidité. Mais ces rumeurs, nous les avons démenties aussitôt : nos amortissements de crédits en Irlande ne représentent que 30 points de base environ, l'actif net de nos acquisitions en Russie est financé en devise locale, les amortissements de crédits en Europe centrale n'étaient pas d'une telle ampleur et KBC Ancora n'était pas en train de vendre.Nous faisons face actuellement à un problème de perception, où chacun tire ses propres conclusions. Nous le remarquons aussi à propos des prévisions d'amortissements de crédits pour cette année. Nous partons du principe qu'en Europe centrale et de l'Est, ils seront de l'ordre de 135 points de base, alors que le consensus des analystes part de 200 points de base. Ce n'est pas exclu, mais si le scénario le plus pessimiste se réalise effectivement, nous nous retrouverons dans une économie basée sur la chasse et la pêche.Comment expliquez-vous l'abondance de telles rumeurs ?Il est quand même étrange que les rumeurs aillent bon train lorsque le cours chute. Après cette période (quatre jours de chutes de cours consécutives en janvier), il a fallu trois jours pour liquider toutes les positions sur actions KBC, ce qui révèle quand même qu'il y a eu beaucoup de ventes à découvert. On ne peut alors que s'interroger sur le lien de causalité : les rumeurs étaient-elles la cause ou la conséquence de ces baisses de cours ? Il n'est pas possible de le prouver, mais j'ai lu cette semaine qu'un fonds à levier londonien a émis une déclaration dans laquelle il confirme avoir vendu KBC à découvert. De cette façon, on joue un jeu quasiment sans risque dans un marché qui réagit à la moindre rumeur.Cédric Boitte et Ken Van WeyenbergVous pourrez découvrir l'interview complète d'André Bergen dans le Cash de ce jeudi.