Profitant de son envolée boursière en 2020, argenx a procédé à une augmentation de capital par placement privé la semaine dernière. L'engouement des investisseurs institutionnels lui a permis de lever 1,15 milliard de dollars (955 millions d'euros), moitié plus qu'initialement prévu. Ces liquidités vont venir gonfler sa trésorerie qui atteignait 1,8 mill...

Profitant de son envolée boursière en 2020, argenx a procédé à une augmentation de capital par placement privé la semaine dernière. L'engouement des investisseurs institutionnels lui a permis de lever 1,15 milliard de dollars (955 millions d'euros), moitié plus qu'initialement prévu. Ces liquidités vont venir gonfler sa trésorerie qui atteignait 1,8 milliard de dollars fin septembre. La société biotechnologique gantoise peut ainsi plancher sereinement sur la commercialisation de son premier médicament, l'efgartigimod contre la myasthénie grave, une maladie auto-immune rare qui perturbe la communication entre les nerfs et les muscles. Argenx a développé seul ce traitement et attend avec confiance la réponse des autorités américaines à sa demande de commercialisation. La société, qui affichait une perte opérationnelle de 300 millions sur les neuf premiers mois de 2020, prévoit de doubler sa consommation de trésorerie en 2021. Ces dépenses sont destinées à développer ses capacités de production et de vente ainsi qu'à poursuivre le développement de son pipeline, notamment une série d'autres indications pour l'efgartigimod. Les marchés partagent manifestement cet optimisme, valorisant argenx à 14 milliards d'euros. Malheureusement, il serait prématuré de considérer que le tour est joué. Au même stade, TiGenix (bide commercial), ThromboGenics (ventes dérisoires), Asit Biotech (études complémentaires) ou Galapagos (pas d'autorisation de commercialisation) ont toutes échoué. En espérant évidemment qu'argenx parvienne enfin à transformer la réputation de la Belgique en matière des biotechnologies en véritable success-story.