Chez nous, par ricochet, le rendement des obligations (OLO) à 10 ans franchit la barre symbolique du pour cent, tandis que le taux allemand à 10 ans s'en rapproche également.

La raison de cette remontée des taux américains (et européens) ? " Le retour des tensions inflationnistes aux Etats-Unis, du fait notamment de la hausse des salaires, à laquelle s'ajoutent les annonces de la Banque centrale américaine (la Fed, Ndlr) qui prévoit trois hausses de taux en 2018 ", note Bernard Keppenne, chief economist à la banque CBC. Bref, fini les taux bas et les politiques monétaires ultra-accomodantes.

Du coup, logiquement, après des mois de hausse ininterrompue, les marchés corrigent. Certains, comme Alan Greenspan, l'ancien président de la Fed, parlent même de la fin de la " bulle obligataire ". L'année boursière 2018 s'annonce en tout cas plus volatile et plus dangereuse que 2017.

En effet, " on risque d'avoir cette année des performances négatives dans les portefeuilles obligataires, contrairement à ce qui s'est passé l'an dernier, mais de là à parler de krach, c'est aller un peu loin ", estime l'expert de la CBC qui ajoute, qu'en ce qui concerne les taux à court terme, ceux-ci ne devraient - hélas - pas remonter cette année. " C'est là tout le paradoxe pour l'épargnant qui, malgré ce retour à la normale des rendements obligataires, ne verra pas le taux de son livret augmenter en 2018. "

3%, c'est le niveau que tutoie désormais le rendement des bons du Trésor américains à 10 ans.