L'intérêt des investisseurs pour les petites actions ou small caps (actions à faible capitalisation boursière) est due au supposé size effect, un rapport inversé entre la taille de l'entreprise (sur base de la capitalisation boursière) et la performance boursière de l'action de cette entreprise. Autrement dit, plus l'entreprise est petite, plus l'action aurait de chance de bien performer en Bourse.
...

L'intérêt des investisseurs pour les petites actions ou small caps (actions à faible capitalisation boursière) est due au supposé size effect, un rapport inversé entre la taille de l'entreprise (sur base de la capitalisation boursière) et la performance boursière de l'action de cette entreprise. Autrement dit, plus l'entreprise est petite, plus l'action aurait de chance de bien performer en Bourse. Les marchés financiers semblent confirmer le size effect depuis cinq ans. De début 2012 à fin 2016, le MSCI EMU Small Cap Index - un panier de petites actions de la zone euro - a augmenté de 123 %. L'indice MSCI EMU - qui englobe les grandes capitalisations ou les large caps de la zone euro - a enregistré une progression de 76 % pour la même période. Aux Etats-Unis, la différence de performance sur la même période est moins marquée : le MSCI USA Small Cap Index a rebondi de 98 % contre 91 % dans le chef du MSCI USA Index. Le fournisseur d'indice MSCI définit les small caps comme les actions des entreprises affichant une capitalisation boursière de 500 millions à 5 milliards de dollars. L'universitaire Rolf Banz a été le premier à évoquer l'existence d'un size effect en 1981. Après avoir analysé le rendement de toutes les actions américaines cotées en Bourse de 1936 à 1975, il a établi que, compte tenu des risques, les actions des petites entreprises - et des plus petites en particulier - produisaient un rendement généralement supérieur à celui des grandes entreprises. Rolf Banz n'a toutefois pas approfondi l'analyse pour expliquer cette différence de performance. Dans une étude de 2014, les chercheurs John B. McDermott et Dana D'Auria ont analysé les cours boursiers de 1926 à 2012, en ce compris les crashs de 1929 et 1987, la bulle spéculative dotcom et la crise financière de 2008-2009. Ils ont observé que les 10 % des plus petites actions ont produit sur ce laps de temps un rendement annuel moyen de 13 % contre 9,1 % pour les 10 % plus grandes entreprises. Les plus petites actions étaient alors deux fois plus volatiles que les plus grandes actions. Par ailleurs, les small caps ont moins bien performé que les large caps sur de longues périodes. John B. McDermott et Dana D'Auria considèrent le rendement plus élevé des small caps comme une prime de risque - une indemnité pour le risque accru que présentent les petites entreprises (plus gros risque d'échec, problèmes d'exploitation) et la négociabilité plus limitée des actions. Autre raison souvent invoquée : les petites entreprises sont davantage susceptibles de connaître un développement plus rapide que les grandes entreprises. Il est en effet plus facile de doubler les bénéfices de 100 à 200 millions euros que de 10 à 20 milliards d'euros. Les cours boursiers reflètent les bénéfices d'une entreprise à long terme. Autrement dit, les cours des small caps peuvent donc progresser beaucoup plus vite. Outre la croissance plus rapide des bénéfices, Francesco Conte, gestionnaire de fonds chez J.P. Morgan Asset Management, voit d'autres raisons pour lesquelles les small caps continueront à mieux performer à long terme que les large caps. Ainsi par exemple, une petite entreprise a plus de chance d'être rachetée par un gros concurrent. Il pointe aussi le petit nombre (en baisse) d'analystes et d'investisseurs qui suivent les actions des petites entreprises. Ces actions sont dès lors plus souvent sous-évaluées par rapport à leur valeur réelle et les investisseurs qui s'y intéressent ont plus de chance de réaliser un rendement supérieur. Francesco Conte souligne aussi le risque plus élevé lié aux small caps. Dans un contexte économique morose, elles performent moins bien que les large caps car en période d'incertitude, les investisseurs privilégient les grandes entreprises qui diversifient leurs activités à l'échelon international. Les petites entreprises sont souvent très dépendantes du marché intérieur. Il y a différentes manières d'investir dans les small caps. Vous pouvez par exemple opter pour un fonds de placement à gestion active qui investit exclusivement dans les small caps. Autre possibilité : les fonds indiciels passifs (trackers ou ETF) qui copient les performances d'un indice de small caps. Vous trouverez par exemple à la Bourse d'Amsterdam les trackers iShares MSCI EMU Small Cap UCITS ETF (468 small caps de la zone euro ; code Isin : IE00B3VWMM18) et iShares MSCI USA Small Cap Index (1781 small caps américaines ; code Isin : IE00B3VWM098). Vous pouvez évidemment aussi composer vous-même votre portefeuille de small caps. Pour vous y aider, voici quelques actions de petites entreprises recommandées par cinq analystes et gestionnaires de fonds. "Croissance du chiffre d'affaires et marges bénéficiaires en hausse", Leon Cappaert, "investment manager" chez KBC Asset Management " Barco est un exemple très intéressant de restructuration. Le groupe spécialisé dans la conception et le développement d'équipements de visualisation se recentre depuis un moment sur quelques-unes de ses activités principales et en cueillera les fruits dans les années à venir. La croissance du chiffre d'affaires et les marges bénéficiaires devraient s'améliorer. Barco est aujourd'hui actif dans trois segments. Le cinéma numérique constitue la principale activité dans le segment 'Divertissement' qui représente 52 % du chiffre d'affaires. Ce n'est pas parce que le passage de l'analogique au numérique est pour ainsi dire terminé que cette activité n'a plus d'avenir. Au contraire, elle devrait bénéficier d'un cycle de remplacement dans les prochaines années : les vieux projecteurs sont en fin de vie et de nouvelles technologies ont vu le jour. Qui plus est, Barco propose également ses services et l'entretien des équipements dans ce segment, deux activités à fortes marges bénéficiaires. La division 'Enterprises' (26 % du chiffre d'affaires) est axée sur les salles de contrôle et Clickshare (système de présentation sans fil). Les salles de contrôle restent un marché difficile mais Clickshare connaît un gros succès commercial. 'Santé', la troisième et dernière division (21 % du chiffre d'affaires) propose des solutions d'imagerie pour les applications de diagnostic et de chirurgie. Cette division enregistre la croissance la plus forte et celle-ci devrait s'accélérer dans les années à venir. Le cocktail croissance du chiffre d'affaires + volonté de la direction d'améliorer l'efficacité pourrait se concrétiser par une augmentation de 8 à 10 % de la marge bénéficiaire (Ebitda). L'action est toujours disponible à un prix raisonnable, ce qui ne gâche rien. "Ticker : BARBourse : BruxellesCapitalisation boursière : 1.174 millions d'euros "Action émergente non cyclique de grande qualité", Francesco Conte, gestionnaire de fonds chez JPMorgan Funds" La société italienne Amplifon occupe une place de choix dans notre fonds de placement JPMorgan Fund - Europe Small Cap Fund. Fabricant d'appareils auditifs, l'entreprise est leader mondial sur ce marché fragmenté (Amplifon détient une part de marché inférieure à 10%). Le marché des appareils auditifs devrait enregistrer une forte croissance dans les cinq à 10 ans car la génération des babyboomers (nés entre 1946 et 1964) se rapproche peu à peu de l'âge moyen des clients Amplifon (72 ans). Pour le moment, Amplifon connaît une croissance deux fois plus rapide que le marché du fait d'une croissance organique combinée à des acquisitions réussies. L'entreprise a le potentiel d'exploitation nécessaire à sa croissance ultérieure, peut négocier de bons prix de ses sous-traitants et génère des flux libres de trésorerie attractifs. Les résultats du dernier exercice comptable illustrent l'excellence persistante du système d'exploitation avec une croissance du chiffre d'affaires de 10 % et une nouvelle progression de la marge bénéficiaire. Amplifon est considérée dans notre portefeuille de placement comme l'action émergente non cyclique de grande qualité par excellence. "Ticker : AMPBourse : MilanCapitalisation boursière : 2.350 millions d'euros "Knokke au bord du fleuve Congo", Danny Reweghs, directeur stratégie de " L'Initié de la Bourse " " Texaf est une petite holding spécialisée dans la promotion immobilière en République démocratique du Congo (RDC). Le pays se trouve pour le moment dans une situation économique et politique très difficile, ce qui n'empêche pas Texaf de poursuivre la construction de villas et d'appartements dans les beaux quartiers de Kinshasa. Les villas se louent ici jusqu'à 8.000 dollars par mois, ce qui équivaut à un rendement locatif brut de 20 %. Les revenus locatifs de l'immobilier Texaf ont augmenté de 5 % en 2016 jusqu'à 15,3 millions d'euros et quasi doublé par rapport à 2010 (7,75 millions d'euros). La holding a pour ambition de redoubler les revenus locatifs d'ici à 2025 grâce à un plan d'investissements de 120 millions d'euros. Texaf possède aussi 104 ha à Kinsuka, à 12 km de Kinshasa, et a l'intention d'y bâtir 1.500 à 2.000 habitations sur une période de six à huit ans. Ces habitations sont destinées non pas à la location mais à la vente à la classe moyenne congolaise émergente. La croissance de Texaf devrait prendre ainsi une nouvelle dimension. La holding a recommencé à verser des dividendes en 2005 et les a, depuis lors, majorés de 20 % annuellement, un rythme qu'elle a l'intention de maintenir dans les prochaines années. Chaque tassement du cours des actions provoqué par les frictions avec le président Kabila - qui s'accroche à sa présidence - est une opportunité d'achat pour les investisseurs visant un horizon à long terme. "Ticker : TEXFBourse : BruxellesCapitalisation boursière : 123 millions d'euros "Le potentiel du marché de la protonthérapie est énorme", Ken Van Weyenberg, spécialiste investissement de Candriam " La société belge IBA développe des solutions de protonthérapie pour le traitement du cancer et satisfait à tous nos critères de sélection très stricts. La direction qui connaît parfaitement son secteur d'activité affiche un solide track record depuis quelques années. Elle s'est débarrassée des activités moins rentables pour se recentrer sur la protonthérapie de manière à profiter au maximum de la croissance programmée de ce marché de niche. IBA détient une part de marché de quelque 50 % et a signé des accords de coopération stratégiques avec Toshiba et Philips entre autres. La concurrence directe est assez limitée vu les coûts de développement élevés. IBA se distingue aussi par la production de petites machines moins onéreuses. Le marché de la protonthérapie qui permet de mieux cibler l'irradiation présente un énorme potentiel. Vu son excellente position de trésorerie, IBA pourra effectuer les investissements nécessaires dans les années à venir ET est bénéficiaire. "Ticker : IBABBourse : BruxellesCapitalisation boursière : 1.494 millions d'euros "A la conquête du marché belge du 'foodservice'", Rik Dhoest, "head of equity research" chez Bank Nagelmackers" L'entreprise néerlandaise Sligro est leader du foodservice aux Pays-Bas - une valeur sûre qui dégage de belles marges bénéficiaires. La société part aujourd'hui à la conquête du marché belge. Elle dessert déjà la clientèle belge à partir des centres de distribution néerlandais et prévoit l'ouverture de deux sites belges, à Anvers et à Bruges - un projet qui connaît un léger retard. Le problème a été partiellement résolu par l'acquisition de Java, actif essentiellement dans les services aux maisons de repos, et du spécialiste de l'horeca ISPC. Le chiffre d'affaires en Belgique devrait atteindre les 250 millions d'euros, ce qui fera de la Belgique le deuxième marché de Sligro. Aux Pays-Bas, Sligro est actif également dans la distribution de produits alimentaires, même si sa part de marché ne dépasse pas 2 % et les marges bénéficiaires sont sous pression. Une décision importante pour l'avenir de cette activité devrait tomber d'ici à fin juin. Soit l'entreprise investit dans la rénovation de ses magasins - ce qui est déjà le cas pour un certain nombre de points de vente - soit elle les revend. La vente de cette activité pourrait pousser l'action à la hausse. " Ticker : SLIGRBourse : AmsterdamCapitalisation boursière : 1.554 millions d'euros