Si la veille, les places financières ont fini sur des hausses spectaculaires et parfois record --Paris gagnant près de 10% et Wall Street affichant sa plus forte progression de l'année--, l'humeur était tout autre mardi. La plupart des Bourses européennes ont clôturé en repli: Paris perdait 0,73 %, Londres 0,99 %, Milan 0,46 %, Madrid 3,32 %, Lisbonne 2,20% et Athènes 2,47 %. Bruxelles, elle, cédait finalement 0,57%. Seules les Bourses allemande et suisse ont fini sur des hausses: le Dax a gagné 0,33% et l'indice SMI de la Bourse suisse a gagné 0,42%. A New York, Wall Street, qui avait ouvert en baisse, est passé dans le vert à la mi-journée. Vers 15H45 GMT, le Dow Jones gagnait 0,22% et le Nasdaq 0,49%. Cette baisse des Bourses, au lendemain de l'adoption d'un plan massif de soutien à l'euro, est un "réajustement" après un rebond historique lundi, a estimé le Premier ministre français François Fillon, pour qui il n'y a "pas du tout d'inquiétude à avoir". Toutefois les opérateurs se montrent prudents: si le plan d'aide européen, d'un montant allant jusqu'à 750 milliards d'euros, rassure sur la cohésion européenne, de nombreuses interrogations demeurent, notamment sur les retombées des politiques qui vont être engagées par les gouvernements pour réduire leur déficit public. Il y aura nécessairement des conséquences sur la croissance, qui est d'ores et déjà molle en Europe, estiment des opérateurs. En Asie, après la liesse de lundi, les marchés ont accusé de franches baisses, Tokyo abandonnant 1,14%, Shanghai enregistrant un plus bas niveau depuis un an et Hong Kong étant également en recul. La prudence reste de mise alors que la monnaie unique, baromètre de la crise en zone euro, évoluait à 1,2718 dollar vers 16H00 GMT, effaçant son rebond de lundi qui l'avait propulsé brièvement au-dessus de la barre de 1,30 dollar. L'agence de notation Moody's avait douché les espoirs lundi en fin de journée, répétant qu'elle allait abaisser la note de la Grèce, jugeant "possible" de la reléguer au niveau des investissements à haut risque. Pour le Portugal, elle prévoit aussi un abaissement. Des réformes structurelles sont inévitables pour combattre les déficits des comptes publics qui ont précipité certains Etats européens, comme la Grèce, au bord de la faillite, a estimé mardi le gouverneur de la Banque d'Italie Mario Draghi. Tous les pays se sont engagés à accélérer la réduction des déficits si nécessaire. Lisbonne et Madrid notamment ont promis des mesures d'économies supplémentaires pour 2010 et 2011. Selon le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, la France et l'Italie "doivent également faire plus pour réduire leur déficit". La Grèce, dont la dette abyssale est à l'origine de la crise, a demandé mardi un premier versement de 20 milliards d'euros dans le cadre de son plan de sauvetage. Une bouffée d'air alors que le pays avait reconnu ne pas être en mesure de rembourser, le 19 mai, 9 milliards de dette arrivant à échéance, du fait de l'envolée des taux du marché.