Après les chutes de début et de fin janvier, les Bourses ont connu un rebond tout aussi spectaculaire début février. De fortes variations qui se sont généralisées sur les marchés. Le baril de Brent a déjà connu un pic à 71 dollars et un plongeon à 53 dollars en 2020. L'euro a chuté à son plus bas depuis près de trois ans par rapport au billet vert. Le cuivre a subi une chute de 13% en à peine trois semaines. L'once d'or a dépassé les 1.600 dollars pour la première fois depuis six ans.
...

Après les chutes de début et de fin janvier, les Bourses ont connu un rebond tout aussi spectaculaire début février. De fortes variations qui se sont généralisées sur les marchés. Le baril de Brent a déjà connu un pic à 71 dollars et un plongeon à 53 dollars en 2020. L'euro a chuté à son plus bas depuis près de trois ans par rapport au billet vert. Le cuivre a subi une chute de 13% en à peine trois semaines. L'once d'or a dépassé les 1.600 dollars pour la première fois depuis six ans. Cet accès de volatilité n'était pas inattendu après une année 2019 anormalement calme. Alex Tedder, responsable des actions chez Schroders, par exemple, entamait ses prévisions 2020 en annonçant : " la volatilité des marchés va augmenter ". De nouvelles inquiétudes, comme l'Iran ou le Covid-19, sont venues se greffer sur les sujets de tensions persistants comme le Brexit ou les conflits commerciaux. Le Royaume-Uni et l'Union européenne doivent négocier le cadre de leur future relation cette année. Au niveau commercial, les Etats-Unis doivent négocier un accord plus large avec la Chine et veulent renégocier les termes des échanges commerciaux transatlantiques avec l'Europe. Pour Brian Friedman, stratégiste chez Goldman Sachs, " la volatilité est (encore) trop basse actuellement " face aux chances de victoire grandissantes du radical Bernie Sanders lors des élections primaires démocrates. Le dernier point pouvant chahuter les marchés est l'évolution de la politique des grandes banques centrales mondiales. Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale américaine (Fed) cherche à réduire ses interventions sur les marchés après avoir dû intervenir en masse pour fournir des liquidités ces derniers mois. La Banque centrale européenne (BCE) a lancé une révision de sa stratégie de politique monétaire. Concrètement, qu'est-ce que cela signifie pour vos investissements ? Tout d'abord, il est important de noter que volatilité n'a, jusqu'à présent, pas rimé avec marchés déprimés. De coutume, la volatilité est en effet un mauvais présage. Cette année, l'agitation des marchés n'a pas empêché les principaux indices boursiers américains et européens d'atteindre de nouveaux records. Les marchés, toujours prompts à réagir, seraient-il devenus plus flegmatiques après les surprises des dernières années (Brexit, Donald Trump, Corée du Nord, Iran, guerre commerciale, etc.) ? Cela serait très optimiste de le croire. Comme Benjamin Graham, père de l'investment value et mentor de Warren Buffett, le décrivait déjà en 1949, Mr Market présente tous les troubles d'un maniaco- dépressif. C'est ce qui explique la volatilité inhérente des Bourses. Une véritable chute ne se concrétise toutefois traditionnellement que si l'économie tombe en récession. La stabilisation des indicateurs de conjoncture et le retour à la croissance des bénéfices des entreprises au quatrième trimestre 2019 sont à ce niveau plutôt rassurants.Il apparaît donc inopportun de fuir les Bourses à l'heure actuelle. La grande majorité des stratégistes continuent d'ailleurs de plébisciter les actions. Pour le célèbre investisseur Warren Buffett, il n'y a même jamais de véritable raison de vendre ses actions. En 1988, c'est-à-dire après le lundi noir de 1987 et en pleine crise des caisses d'épargne américaines, l'oracle d'Omaha écrivait : " Notre horizon d'investissement préféré est pour toujours ". Faut-il pour autant rechigner à gérer son portefeuille ? Du tout ! La composition évolue et surtout, Warren Buffett tient compte du contexte de marchés à l'heure de réaliser de nouveaux investissements. La trésorerie de son conglomérat, Berkshire Hathaway, a atteint le niveau record de 128 milliards de dollars. Il est donc clairement prêt à pouvoir profiter de toute " braderie " en Bourse. C'est sans doute le moyen le moins risqué de profiter de la volatilité : attendre des opportunités, que cela soit au niveau des marchés en général ou d'actions individuelles. Quand les marchés sont plus nerveux, les évolutions peuvent s'avérer très erratiques à l'image de l'action Umicore la semaine dernière. On constate un écart de pas moins de 19% entre le plus bas et le plus haut hebdomadaires. Une telle différence peut avoir un impact non négligeable sur votre rendement, même pour un investissement de long terme. Il existe également des stratégies plus actives permettant de profiter de l'accroissement de la volatilité. La plus connue consiste à miser sur l'indice Vix, une mesure de la volatilité implicite de la Bourse américaine dérivant du marché des options. Si ce dernier vous est inconnu, nous ne pouvons que trop peu vous conseiller de ne pas vous intéresser au Vix. Concrètement, vous pouvez miser sur le Vix au travers d'un tracker comme le Lyxor S&P 500 VIX (ISIN : LU0832435464) dont l'objectif est de refléter l'évolution du Vix. A priori, on serait tenté de croire qu'il s'agit d'un coup sûr. Le Vix finit toujours par connaître d'importants rebonds à plus du double du cours actuel, voire plus de 50 en cas de réelle crise, et les frais annuels ne sont que de 0,6%. Le problème se situe au niveau de ce qu'on appelle le roulement. Le tracker réplique le Vix en ayant recours à des futures, un produit dérivé avec une date d'échéance. Chaque jour, une partie des contrats sont " roulés " pour un autre avec une échéance ultérieure (le mois suivant) et à un cours de référence (traditionnellement) plus élevé. La différence au jour le jour est minime, mais sur le long terme, elle induit que le cours de l'ETF tend vers zéro. Le timing est donc prépondérant pour profiter d'une hausse du Vix avec un tracker. Etant donné cette situation, beaucoup d'investisseurs ont longtemps préféré jouer une baisse du Vix, le roulement faisant alors mécaniquement monter les cours. Le VelocityShares Daily Inverse VIX (XIV) avait ainsi été multiplié par 11 entre son lancement fin 2010 et début 2018 alors que le Vix était plus ou moins au même niveau. En février 2018, le cours du XIV a brusquement plongé de 90% et Crédit Suisse s'est résolu à le liquider. Une brusque remontée du Vix avait suffi à faire s'effondrer la structure interne du XIV. Les autres produits concurrents ont également mis la clé sous le paillasson. Notons enfin pour les plus aguerris que le marché des options peut aussi permettre de profiter d'une hausse du Vix. La valeur de ces droits d'acheter ou de vendre un actif comme une action ou même le Vix à un prix prédéterminé dépend notamment de la valeur temps, surtout pour les options dites out of the money (c'est-à-dire dont le cours n'atteint pas le prix prédéterminé). Plus la volatilité est élevée, plus cette valeur temps est importante. Une variation de 10% semble en effet plus probable quand les cours varient de 2% par jour que s'ils oscillent d'à peine 0,5%. Comme pour les trackers sur le Vix, le pari est risqué et un bon timing est indispensable, car fondamentalement, la valeur temps diminue au fur et à mesure que l'échéance de l'option approche.