Début 2021, l'indice Nikkei a enfin dépassé son niveau de 1989 (en dollars). A cette époque, le marché nippon représentait entre 45% de la capitalisation boursière mondiale. Plus de 30 ans auront donc été nécessaires pour digérer l'explosion d'une des plus importantes bulles financières de l'histoire. Alors que le pays s'apprête à accueillir les Jeux olympiques d'ici quelques semaines (en dépit d'une opposition croissante de sa population), les meilleurs fonds exposés sur l'archipel nippon ont dégagé une performance annualisée supérieure à 9% durant les cinq dernières années.
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Début 2021, l'indice Nikkei a enfin dépassé son niveau de 1989 (en dollars). A cette époque, le marché nippon représentait entre 45% de la capitalisation boursière mondiale. Plus de 30 ans auront donc été nécessaires pour digérer l'explosion d'une des plus importantes bulles financières de l'histoire. Alors que le pays s'apprête à accueillir les Jeux olympiques d'ici quelques semaines (en dépit d'une opposition croissante de sa population), les meilleurs fonds exposés sur l'archipel nippon ont dégagé une performance annualisée supérieure à 9% durant les cinq dernières années. Au sortir d'un exercice 2019 très positif (avec une progression moyenne de 26% pour les fonds de notre échantillon), les fonds de croissance et les fonds value ont commencé un chassé-croisé durant les 15 derniers mois. Alors que les premiers ont dégagé des surperformances très importantes durant la pandémie, les seconds ont nettement mieux commencé l'année 2021. Ernst Glanzmann, responsable des actions japonaises chez GAM, indique que "les actions value ont effectué un mouvement de rattrapage important par rapport aux actions de croissance, avec notamment des secteurs comme les groupes miniers, le transport maritime, les banques ou les compagnies aériennes. Il est toutefois encore trop tôt pour affirmer que ces segments parviendront à soutenir durablement une progression de leurs résultats". Le tableau des meilleurs fonds en grandes capitalisations japonaises comprend ainsi des fonds value (par exemple ceux de Fidelity, BlackRock ou Pictet Asset Management), dont les rapports cours/bénéfice tournent autour de 13-16 avec des expositions sur des noms connus comme Sony, Hitachi ou Toyota. Les fonds en actions de croissance continuent toutefois d'occuper les meilleures performances sur un horizon de long terme, avec des compositions de portefeuille qui sont radicalement différentes. Outre des rapports cours/bénéfice nettement plus élevés, ces fonds sont également investis dans des sociétés plus méconnues en Europe, comme Sysmex, Fanuc, Daikin ou Shin-Etsu. Le fonds Comgest Growth Japan reste la meilleure stratégie disponible sur le marché belge, avec une performance annualisée très largement supérieure à l'ensemble de ses concurrents sur des horizons de trois et cinq ans. Comme l'ensemble des fonds proposés par le gestionnaire français, l'accent est mis sur des actions de qualité en mesure de dégager des perspectives de croissance soutenues sur le long terme, et sur une composition du portefeuille qui sera radicalement différente de l'indice de référence. "Le marché japonais contient de nombreuses opportunités de s'exposer sur les tendances de croissance des économies asiatiques, souligne Richard Kaye, cogestionnaire du fonds. Et le fait que le marché soit relativement méconnu par les investisseurs occidentaux nous a historiquement permis de nous exposer à bon prix sur ces tendances de long terme, et de creuser l'écart avec nos concurrents." Richard Kaye rappelle à ce titre que les valeurs japonaises sont nettement moins couvertes par les analystes par rapport aux actions en Europe ou aux Etats-Unis, et qu'une grande partie du marché nippon n'est tout simplement pas suivie du tout. "A un moment, un tiers des actions dans notre portefeuille n'étaient tout simplement pas couverte par plus d'un analyste." Aux yeux du gestionnaire, la prochaine décennie sera bien celle du Japon. "Après avoir été ignoré par les investisseurs globaux pendant une génération, nous pensons que le cas japonais va être prochainement réévalué". L'homme souligne en particulier les progrès en matière de gouvernance d'entreprise et l'augmentation des rémunérations pour les actionnaires. "Les premiers à redécouvrir ce marché ont d'ailleurs été les investisseurs japonais eux-mêmes, avec une augmentation continue de la détention domestique depuis plusieurs années." Les bouleversements de l'économie japonaise s'expliquent également par le fait que celle-ci est en manque de main-d'oeuvre, avec par exemple une forte augmentation de la participation des femmes dans la population active, avec un taux aujourd'hui plus élevé qu'aux Etats-Unis. "Une manière de s'exposer sur cette tendance est Recruit Holdings, la plus grande agence de placement au Japon", indique encore Richard Kaye. Cet attrait pour les valeurs peu connues en Occident se retrouver également du côté du fonds Nomura-Japan High Conviction. Shintaro Harada, son gestionnaire, expliquait l'avoir récemment positionné sur plusieurs grandes thématiques de long terme qui sont sorties renforcées par la pandémie, notamment la robotique, la digitalisation de l'économie, l'efficience énergétique, le vieillissement de la population et la croissance de la consommation en Asie. "Une de nos principales positions est Keyence, dans le domaine de l'automatisation industrielle. Cette société bénéficie des règles actuelles de distanciation sociale." Deux des autres plus grandes positions du fonds sont des actions exposées sur l'efficience énergétique, notamment le leader mondial des appareils pour purifier l'air Daikin ou le fabricant de moteurs électriques Nidec. "Durant les prochaines années, la qualité de l'air dans les espaces intérieurs va être particulièrement importante, et Daikin est idéalement positionné pour profiter de cette tendance", estime Shintaro Harada. Chez GAM Star Japan Leaders, le secteur des soins de santé est particulièrement bien représenté, avec notamment la présence de M3 (services médicaux en ligne) ou Sysmex (diagnostics). "M3 fournit des informations aux docteurs et soutient les groupes pharmaceutiques dans leurs campagnes marketing, indique Reiko Mito, le gestionnaire du fond. Le groupe a enregistré une très forte progression de son activité en 2020, lorsque les entreprises pharmaceutiques se sont reposées sur l'expertise du groupe pour remplacer les rencontres en présentiel entre les représentants commerciaux et les docteurs." Pour Reiko Mito, l'impact économique des Jeux olympiques sera réduit en raison des restrictions liées au Covid-19. "Le Japon reste toutefois bien positionné pour une croissance soutenue en 2021. Nous demeurons convaincus que la normalisation de l'activité économique et la solidité des fondamentaux à l'échelle mondiale se traduiront par un bon niveau de bénéfices tout au long de cette année. En outre, la grande majorité des sociétés nippones fortement exposées à l'international devraient également publier des prévisions solides grâce à l'amélioration des fondamentaux à l'échelle mondiale, alors que les entreprises qui ont fortement bénéficié en 2020 des changements structurels engendrés par le Covid-19 pourraient présenter des prévisions plus modestes".