Depuis le 1er janvier 2022, les installations de chauffage au mazout dans les nouvelles constructions sont proscrites en Flandre, une interdiction qui sera étendue aux installations au gaz dès 2023. Cette interdiction de nouveaux raccordements au gaz vaut déjà pour les grands immeubles d'appartements et les grands lotissements, à moins que ce gaz ne serve uniquement à assurer la transition vers des installations collectives alimentées par des énergies renouvelables.
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Depuis le 1er janvier 2022, les installations de chauffage au mazout dans les nouvelles constructions sont proscrites en Flandre, une interdiction qui sera étendue aux installations au gaz dès 2023. Cette interdiction de nouveaux raccordements au gaz vaut déjà pour les grands immeubles d'appartements et les grands lotissements, à moins que ce gaz ne serve uniquement à assurer la transition vers des installations collectives alimentées par des énergies renouvelables. Au sud du pays, la fin du chauffage à énergie fossile se profile également, mais plus lentement. La Région bruxelloise interdira la commercialisation de chaudières à mazout en 2025, et la Wallonie en 2030. Concernant le gaz, rien n'est (encore) sur la table... Ces mesures contraignantes devraient inciter de nombreux Belges à se tourner, dès maintenant ou dans quelques années, vers d'autres sources d'énergie ou techniques. Par exemple la pompe à chaleur. Ce type d'installation, climatiquement neutre, puise la chaleur présente dans l'air ambiant (pompe à chaleur air-air) ou dans le sol (pompe à chaleur géothermique). La compression du fluide frigorigène permet d'augmenter la température de 30 à 40 degrés. L'air chaud ou l'eau chaude sont ensuite diffusés dans l'habitation par des planchers chauffants, des ventilo-convecteurs ou des radiateurs basse température notamment. Les deux types de pompe à chaleur peuvent également servir à chauffer l'eau des sanitaires. Sachez que l'installation d'une pompe à chaleur géothermique - de rendement supérieur - implique des frais de forage, ce qui alourdit considérablement la facture. Comptez au moins 20.000 euros pour une telle installation dans une nouvelle construction. Une pompe air-eau, qui nécessite en outre un dispositif extérieur visible, coûte environ 15.000 euros. Dans un immeuble existant, ce coût est encore légèrement supérieur étant donné la plus grande capacité requise. Autre question à considérer, tout aussi importante: comment diffuser dans l'habitation la chaleur ainsi extraite de la manière la plus efficace possible? "Le chauffage au sol, généralement installé sur toute la superficie de la maison, fonctionne habituellement à basse température, explique Anneleen Haers, porte-parole de Vlaams Energie- en Klimaatagentschap, l'agence chargée des politiques énergétique et climatique durable dans la Région flamande. Impossible donc de combiner pompe à chaleur et radiateurs classiques qui fonctionnent avec de l'eau à 60 ou 70 degrés. Heureusement, il existe aujourd'hui davantage de modèles de radiateurs capables de fonctionner à 30 ou 40 degrés. Ils sont un peu plus larges et offrent une plus grande surface. Le chauffage mural (diffusion de la chaleur par de petits tuyaux dans le mur) et les ventilo-convecteurs sont une autre option. Financièrement parlant, le chauffage au sol est probablement la solution la plus avantageuse dans une nouvelle construction mais le coût total dépend essentiellement du prix de la pompe à chaleur." Les critères d'isolation étant assez stricts pour ce qui est du chauffage alimenté par une pompe à chaleur, l'utilisation des systèmes de chauffage traditionnels dans les nouvelles constructions est fortement déconseillée, voire interdite. "Dans les habitations existantes, une pompe à chaleur hybride, autrement dit la combinaison d'une petite pompe à chaleur air-eau et d'une chaudière au gaz, peut être une solution intermédiaire valable, poursuit la porte-parole. Mieux l'habitation est isolée, plus le chauffage via la pompe à chaleur est performant. Le système hybride est légèrement moins cher dans une habitation existante que la pompe à chaleur air-eau classique, et si l'isolation de l'habitation n'est pas vraiment optimale, c'est probablement le meilleur choix, temporairement. Une maison chauffée uniquement par une pompe à chaleur ferait grimper la consommation d'électricité en flèche en cas de coup de froid." Pour encourager la transition vers des systèmes de chauffage climatiquement neutres, les autorités ont déjà prévu des incitants financiers. A Bruxelles, la prime pour l'installation d'une pompe à chaleur variait en 2021 entre 4.250 et 4.750 euros. En Wallonie, elle pouvait atteindre les 6.000 euros. La Flandre prévoit plus de 4.000 euros pour une pompe à chaleur géothermique, une prime qui est majorée de 1.500 à 2.250 euros depuis 2022 pour une pompe à chaleur air-eau. "En Flandre, la pompe à chaleur devrait devenir peu à peu la norme dans les constructions neuves, explique Anneleen Haers. Son installation fera considérablement baisser le niveau E de l'habitation", poursuit la porte-parole. Pour rappel, le niveau E est un chiffre qui donne une indication sur les performances énergétiques d'une habitation. Plus ce niveau E est élevé, moins votre habitation est économe en énergie. "Pour les constructions dont le permis de bâtir a été introduit en 2022, le niveau E-20 donne droit, en Flandre, à 50% une réduction sur le précompte immobilier pendant cinq ans. Vous ne payerez même aucun précompte immobilier pendant cinq ans en cas de niveau E égal à E-10." Directeur des installateurs spécialisés en énergies renouvelables Ecopuur et Plan E (filiales du holding est-flandrien Camino), Joris Haems mise aussi bien sur les solutions énergétiques climatiquement neutres pour les nouvelles constructions que sur la conversion la plus neutre possible en énergie des habitations existantes. "Pour l'immobilier existant, le but est de répondre de façon optimale à la demande de chaleur après la rentabilisation énergétique la plus poussée possible de l'habitation, explique-t-il. Si vous voulez installer une pompe à chaleur après rénovation, il faut passer à un système basse température. Si le budget ne le permet pas ou si le propriétaire ne veut pas en entendre parler pour des raisons esthétiques - parce qu'il tient à ses beaux radiateurs en fonte par exemple -, mieux vaut oublier la pompe à chaleur. En théorie, il est toujours possible d'installer une pompe à chaleur suffisamment puissante pour porter l'eau à 60 ou 70 degrés mais cela vous coûtera des fortunes en électricité." "Dans le cas d'une construction neuve, près de la moitié des particuliers optent pour une pompe à chaleur mais la différence de prix avec une chaudière murale au gaz reste salée, poursuit Joris Haems. En termes d'efficacité, la pompe à chaleur fait toutefois nettement mieux: elle est capable de transformer 1 kWh de chaleur ambiante en 4 kWh de chaleur tandis que l'installation au gaz brûle 1 kWh de gaz pour générer 1 kWh de chaleur. Revers de la médaille: la pompe à chaleur a besoin d'électricité pour fonctionner et cette électricité coûte aujourd'hui quatre fois plus cher que le gaz. Autrement dit, les coûts variables sont tels que les deux systèmes se valent plus ou moins." Bonne nouvelle quand même: la pompe à chaleur devient financièrement plus intéressante quand elle est associée à des panneaux solaires à gestion intelligente. Par une belle journée ensoleillée d'hiver, il est possible de reconnecter systématiquement votre équipement à l'électricité générée par ces panneaux, de manière à réduire le plus possible les coûts variables de la pompe à chaleur. "Soyons honnête, reconnaît Joris Haems. La pompe à chaleur est toujours un investissement 'de raison' - susceptible, à terme, d'accroître la valeur du bien à la revente - plus qu'un investissement financièrement rentable à long terme. Si les autorités veulent vraiment convaincre les citoyens d'opter massivement pour la pompe à chaleur dans une construction neuve, le prix de l'électricité doit diminuer. Le système du compteur inversé autrefois en vigueur était très avantageux mais aujourd'hui, c'est terminé. Une taxe CO2 sur les énergies fossiles pourrait être un nouvel incitant à condition que l'électricité indispensable au fonctionnement des pompes à chaleur soit entièrement neutre en CO2. Dans cette optique, le projet de remplacer les réacteurs nucléaires par des centrales au gaz n'est peut-être pas le plus approprié. La pompe à chaleur ne deviendra un investissement financièrement intéressant que si le prix des combustibles fossiles continue à augmenter ou s'ils sont plus lourdement taxés." Si je veux améliorer le rendement énergétique de mon habitation neuve ou existante, existe-t-il alors d'autres options moins coûteuses que la pompe à chaleur mais écologiquement pertinentes? "Le chauffage central aux pellets est la seule réelle alternative, confie Joris Haems. Mais à condition que ces pellets ne soient pas fabriqués trop loin - question de limiter les frais de transport - et soient bien confectionnés à partir de déchets issus de l'industrie du bois (et non avec du bois coupé ou récolté à cette seule fin, Ndlr). Dans ce cas, les pellets constituent une source de chaleur quasi neutre en CO2. Mais encore faut-il que le confort et la facilité d'utilisation du système choisi soient au moins équivalents à ceux d'un chauffage central au gaz ou au mazout traditionnel. En général, le principal inconvénient est l'espace nécessaire au stockage des pellets. Mais en cas de transition au départ d'un système au mazout, il suffit de remplacer la citerne par un silo à pellets." Les pellets sont un rien moins chers que le gaz et le mazout. En revanche, l'investissement de départ est plus conséquent. Comptez 10.000 à 12.000 euros pour un dispositif de ce type. Et peu de subsides. En Wallonie, la prime pour l'installation d'une chaudière à biomasse culmine à 1.000 euros (250 euros pour un poêle local). A Bruxelles ou en Flandre, cette prime n'existe pas. "Les pellets ne sont pas considérés comme une source de chaleur fossile, mais nous ne souhaitons pas promouvoir ce système de chauffage à grande échelle, reconnaît Anneleen Haers. La combustion des granulés produit malgré tout des émissions de CO2 localement, et met l'utilisation des sols sous pression."