Le plus saisissant est le contraste entre le premier semestre, couvrant la période d'avril à septembre 2020, et l'exercice entier. La croissance du chiffre d'affaires a ralenti de 5,7% à 3,7%, et la hausse de 26,6% du bénéfice net s'est muée en baisse de 3,6%. Au cours du second semestre, le chiffre d'affaires dans la grande distribut...

Le plus saisissant est le contraste entre le premier semestre, couvrant la période d'avril à septembre 2020, et l'exercice entier. La croissance du chiffre d'affaires a ralenti de 5,7% à 3,7%, et la hausse de 26,6% du bénéfice net s'est muée en baisse de 3,6%. Au cours du second semestre, le chiffre d'affaires dans la grande distribution en Belgique a même baissé de 0,4%. Un repli qui s'explique certes en partie par un effet de comparaison défavorable, alors que les supermarchés avaient été pris d'assaut en mars 2020. Mais le plus inquiétant est ailleurs, dans la baisse de la part de marché de 32,1% à 31,3% sur l'ensemble de l'exercice. D'une part, Colruyt pâtit du développement en Flandre de son pire ennemi, l'enseigne néerlandaise Albert Heijn (groupe Ahold Delhaize) dont les ventes belges ont bondi de 23% en 2020 selon les estimations. D'autre part, le distributeur de Hal est moins présent dans les supermarchés de proximité, qui ont le vent en poupe. Colruyt a bien tenté de réagir avec Okay, mais sans amélioration tangible jusqu'à présent. Pour limiter les dégâts et attirer le chaland, Colruyt s'en remet aux prix bas. Ce qui n'est pas de bon augure pour les marges, le groupe ayant d'ailleurs prévenu que son bénéfice devrait baisser en 2021-2022. Dans ce contexte, la prime de valorisation de l'entreprise, qui est toujours d'environ 20%, ne semble plus justifiée.