Il souligne tout d'abord que le leadership sur les Bourses mondiales a eu tendance à fortement évoluer avec le temps. " En 1900, les compagnies ferroviaires dominaient le marché américain et elles ne représentent désormais plus qu'une fraction de la capitalisation boursière. En outre, 80% des industries de cette époque ont disparu. "

Depuis 1900, la performance en chiffres réels des Bourses mondiales a atteint 5,2%, dont une contribution de 4,1% pour le rendement. Cet élément est donc primordial pour la performance d'un portefeuille boursier à long terme.

" Sur le long terme, la performance en chiffres réels (corrigés de l'inflation) des Bourses mondiales a atteint 5,2%, dont une contribution de 4,1% pour le rendement, ce qui confirme que cet élément est primordial pour la performance d'un portefeuille boursier. " Et de souligner l'impact énorme que constitue le geste de ne pas réinvestir les dividendes perçus, faisant retomber la performance des marchés boursiers vers celle des marchés obligataires sur la période allant de 1900 à 2008.

Rémunération

" Dans le contexte actuel, le rendement devrait être encore plus important pour les investisseurs, confirme Christophe Braun, investment director chez Capital Group. Le dividende représente une partie importante et stable de la performance d'un portefeuille sur le long terme, tandis que la progression des cours boursiers a tendance à être beaucoup plus volatile. " Dans le fonds Capital Group Income Builder, les actions à rendement élevé auront une place de choix dans la stratégie d'investissement. " Plus particulièrement, ce sont les sociétés qui augmentent régulièrement leur dividende que nous rechercherons, ajoute-t-il. Elles ont tendance à réaliser une meilleure performance sur le long terme, soit 9,6% par an depuis 1989. "

Christophe Braun apprécie les profils hybrides, soit des sociétés qui continuent d'avoir une croissance solide et qui peuvent investir tout en allouant une partie croissante de leurs bénéfices en faveur des actionnaires. " Nous préférons clairement ce type de rémunération aux rachats d'actions propres, qui sont généralement réalisés lors de périodes où l'activité est florissante et lorsque la valorisation de l'entreprise est riche. La majeure partie du temps, les rachats d'actions propres s'effectuent à des moments qui ne sont pas appropriés. "

Theo Vermaelen, professeur de finance à l'Insead" Je suis surpris que davantage de sociétés n'utilisent pas le rachat d'actions propres. " © PG

Des exceptions

En regardant les données depuis 1989, Christophe Braun constate que les sociétés qui laissent leur dividende inchangé réalisent également des performances supérieures par rapport aux entreprises qui n'en distribuent pas. " Des sociétés comme Netflix ou Amazon constituent des exceptions dans la totalité de l'environnement boursier. " Il indique que cette stratégie a également tendance à réaliser de bonnes performances dans un contexte de hausse des taux directeurs, avec une performance généralement positive deux années après la première révision des taux.

Capital Group Income Builder est un produit qui dispose d'un historique de 30 ans aux Etats-Unis. Une version luxembourgeoise est disponible depuis septembre 2018 et réplique la stratégie du fonds américain. Il s'agit également d'un fonds mixte flexible, avec une allocation neutre à 70% d'actions et à 30% d'obligations, cette dernière poche étant essentiellement utilisée pour atténuer les pics de volatilité et offrir de la stabilité au portefeuille. " Comme nous cherchons à investir dans des sociétés qui augmentent régulièrement leurs dividendes, nous aurons tendance à avoir un turnover relativement faible sur la poche actions, certaines positions du fonds américain étant dans le portefeuille depuis son lancement. " Parmi les principales positions du fonds, nous trouvons des groupes tels qu'AbbVie, Verizon, Coca-Cola, Broadcom, Novartis ou Royal Dutch.

Le fonds vise pour ses différentes positions un rendement minimum de 1,7% et un taux de croissance du dividende de 3,5%. " Nous ne cherchons pas à tout prix des actions à dividende élevé ( qui sont plus difficilement soutenables, Ndlr), précise Christophe Braun. De même, nous ne serons pas exposés à plus de 5% dans les obligations à haut rendement, dont le profil de risque est beaucoup trop similaire aux actions. " Enfin, au niveau géographique, Capital Group Income Builder a un biais américain (50% des actifs sous gestion), mais les mouvements ont surtout été réalisés sur les actions européennes. " C'est actuellement la région la plus attractive pour notre stratégie. "

Christophe Braun (Capital Group)" Les sociétés qui augmentent régulièrement leur dividende ont tendance à réaliser une meilleure performance sur le long terme. " © PG

Rachat d'actions

Tout le monde n'est toutefois pas convaincu par l'investissement dans les dividendes. " Il s'agit d'un engagement qui peut devenir difficile à tenir et qui provoque une forte chute du cours si la société est obligée de le couper ", souligne Theo Vermaelen, professeur de finance à l'Insead. Dans son fonds PV Buyback USA, il va se focaliser sur une autre forme d'efforts consentis par les entreprises à l'avantage de leurs actionnaires : les rachats d'actions propres. " Il s'agit d'une forme de rémunération beaucoup plus flexible et je suis surpris que davantage de sociétés ne les utilisent pas ", poursuit-il. Ses recherches académiques ont démontré l'impact favorable pour des cours des sociétés, avec toutefois des applications pratiques qui restent étroites.

" Mes recherches ont démontré l'impact positif des rachats d'actions sur les petites et moyennes capitalisations américaines, à condition que la valorisation décotée soit le principal moteur justifiant l'opération ", indique Theo Vermaelen. Il ne s'agit donc pas d'un fonds qui va investir dans les opérations des grands groupes et ne visera pas les opérations qui se produisent lorsque la valorisation d'une société est proche de ses sommets historiques.

" Nous chercherons également des signes dans la communication financière des sociétés, des indices nous permettant de déduire que l'équipe dirigeante estime que l'action est actuellement fortement décotée, poursuit-il. Nous pensons que la direction a généralement une meilleure idée du futur de la société que les analystes boursiers qui couvrent la société. Depuis le lancement du fonds en 2011, la performance a été chaque année supérieure au marché, de 5% en moyenne par rapport à l'indice Russel 2000 sur les petites et moyennes capitalisations de la cote américaine. "

Stratégie réputée

Dans la pratique, ce seront près de 600 opérations de rachat d'actions propres qui seront examinées chaque année, avec deux ou trois investissements réalisés chaque mois avec un portefeuille qui compte en moyenne 90 positions et une durée optimale de détention tournant entre trois et quatre années. " Il n'est pas obligatoire d'entrer sur une société le jour où elle annonce la mise en place d'un tel programme, mais il ne faut pas attendre un mois non plus, souligne Theo Vermaelen. Je remarque que ma stratégie est aujourd'hui nettement plus connue qu'il y a cinq ans, et que davantage d'investisseurs tentent d'anticiper les positions que le fonds va prendre. "

Par contre, cette stratégie s'est avérée moins pertinente sur les sociétés européennes ou sur les grandes capitalisations. " Les sociétés européennes soumettent la décision aux actionnaires et il sera donc plus difficile de déceler un signal liée à une sous-évaluation de la société dans la communication des dirigeants du groupe, alors que ce sont généralement ces derniers qui décident de la mise en place d'un programme de rachat d'actions dans les pays anglo-saxons. "