En dépit d'un thème potentiellement attractif, les fonds investis en petites capitalisations au niveau global ne constituent pas une classe très nombreuse. Il existe tout au plus une dizaine de fonds commercialisés en Belgique disposant d'un historique de performance supérieur à trois ans, et d'actifs sous gestion qui dépassent les 50 millions d'euros. Autre caractéristique de ce groupe, aucun fonds ne dépasse les 500 millions d'euros en actifs sous gestion. La performance annualisée des six fonds disposant d'un historique supérieur à cinq ans se monte en moyenne à 13,4 %.
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En dépit d'un thème potentiellement attractif, les fonds investis en petites capitalisations au niveau global ne constituent pas une classe très nombreuse. Il existe tout au plus une dizaine de fonds commercialisés en Belgique disposant d'un historique de performance supérieur à trois ans, et d'actifs sous gestion qui dépassent les 50 millions d'euros. Autre caractéristique de ce groupe, aucun fonds ne dépasse les 500 millions d'euros en actifs sous gestion. La performance annualisée des six fonds disposant d'un historique supérieur à cinq ans se monte en moyenne à 13,4 %. Les arguments en faveur des petites capitalisations sont nombreux, le principal étant la possibilité de trouver des entreprises affichant une forte croissance de leurs résultats futurs, dans un environnement économique caractérisé par une activité économique qui reste sous pression. Le deuxième est la relative méconnaissance de la part des grands courtiers internationaux, qui permet souvent de faire de belles découvertes parmi des sociétés qui ne sont parfois suivies que par une poignée d'analystes locaux. En outre, les investisseurs institutionnels restent encore largement sous-exposés sur les petites capitalisations, en dépit des performances attractives dégagées par ces sociétés depuis plusieurs années. Historiquement, c'est le fonds Invesco Global Smaller Companies Equity Fund qui affiche la plus forte performance, les 17,7 % de performance annualisée sur cinq ans dépassant de plus de 3 % la performance de ses plus proches poursuivants. Ce fonds était principalement géré par Nick Mustoe (basé au Royaume-Uni) jusqu'au début de l'été 2017, et sa place a ensuite été prise par Erik Esselink (basé aux Etats-Unis), qui faisait déjà partie de l'équipe de gestion. Ce fonds se veut comme étant un rassemblement des meilleures idées du gestionnaire sur les différentes régions géographiques (Etats-Unis, Asie, Japon, Europe), avec une gestion active des positions et une grande indépendance par rapport aux principaux indices de référence. " Gérants de conviction, nous ne détiendrons pas une valeur si nous ne l'aimons pas, quel que soit son poids dans l'indice de référence. La valorisation des sociétés constituera un facteur clé dans notre processus de prise de décision ", confie Erik Esselink. Dans la procédure de sélection des valeurs, les aspects macroéconomiques interviendront finalement assez peu, avec une diversification très importante sur plus de 200 lignes individuelles qui permet d'éviter qu'une valeur ait un impact trop important sur la performance du fonds. Le portefeuille est assez largement exposé sur les valeurs industrielles (31%), les services financiers (18%) et la technologie (14%). Invesco Global Smaller Companies Equity Fundest également très largement sous-pondéré sur des secteurs comme les soins de santé ou l'immobilier. Au niveau géographique, le marché américain arrive largement en tête avec 30 % des actifs, ce qui constitue toutefois une sous-pondération très importante par rapport au poids des Etats-Unis dans l'indice MSCI World Small Cap, qui tourne autour de 55 %. L'Europe, par contre, est très largement surpondérée, et notamment les petites capitalisations françaises, italiennes, irlandaises ou néerlandaises. Lancé en 2013, Axa WF Framlington Global Small Cap ne dispose pas encore d'un historique sur cinq ans, mais la performance sur les trois derniers exercices est comparable à celle du fonds d'Invesco avec un profil de volatilité toutefois plus favorable. Le fonds est géré par Isabelle de Gavoty, sur la base de la stratégie utilisée dans le fonds en capitalisations européennes (Axa WF Framlington Europe Small Cap) dont l'historique est plus ancien. " Durant ces dernières années, la croissance bénéficiaire ne s'est jamais démentie, tant au niveau européen qu'au niveau global, souligne Isabelle de Gavoty. Les petites sociétés sont généralement plus innovantes et plus agiles. Elles sont capables de s'adapter plus rapidement aux changements du marché, avec pour conséquence une progression historique des cours plus rapide que chez les grandes capitalisations, tout en affichant un profil de volatilité qui est similaire voire inférieur. Enfin, le cours des petites capitalisations sera beaucoup moins influencé par les éléments macroéconomiques, et davantage par les fondamentaux propres à la société. " Au niveau du processus d'investissement, Axa WF Framlington Global Small Cap vise avant tout des profils de croissance, porté par des thématiques assez diverses comme l'innovation, la globalisation et les tendances démographiques (vieillissement, bien-être). En partant d'un univers de 9.000 sociétés, divers filtres vont être appliqués afin de retenir des valeurs qui disposent d'une liquidité suffisante (1 million de dollar par jour) et qui ont un profil qui correspond à ce que les gestionnaires recherchent. La sélection finale s'opère ensuite parmi 300 à 400 actions, pour aboutir sur un portefeuille beaucoup plus concentré que le fonds d'Invesco, avec une cinquantaine de lignes individuelles, et avec des choix qui auront beaucoup plus d'impact sur la performance. " Le poids dans le portefeuille dépendra de la liquidité du titre ou du potentiel que nous avons calculé par rapport à la valeur intrinsèque, avec un maximum de 5 % dans le portefeuille. Dans le cas des petites sociétés, nous portons une attention toute particulière à l'aspect gouvernance, plus particulièrement pour les sociétés situées dans les pays émergents. " Parmi les profils d'entreprise recherchés, Isabelle de Gavoty recherche par exemple des sociétés disruptives (17 % du portefeuille), des futurs leaders sur un secteur (24%), des consolidateurs/leaders (27%), des sociétés en transformation retrouvant une trajectoire de croissance (19%) ou des pures sociétés de croissance (13%). Ce poids relativement faible des sociétés de croissance s'explique par la valorisation élevée de ces profils, notamment au niveau américain. Un thème également important est l'impact des fusions sur la performance. " La majorité des opérations de M&A tourne autour de 1 milliard d'euros et, chaque année, nous voyons environ 5 % de notre portefeuille se faire racheter. La première position du fonds est d'ailleurs un groupe japonais appelé Nihon M&A Center, un groupe qui achète des sociétés familiales qui ont des problèmes de transmission en raison du vieillissement de la population, pour les revendre. " La croissance du résultat tourne entre 20 et 25 % par an pour ce groupe. " Quebecor est le deuxième poids du portefeuille, un groupe télécom qui a bénéficié d'une simplification de sa structure et d'un développement de ses activités en dehors de sa région de base suite à l'acquisition de plusieurs licences GSM. Le néerlandais Wessenen est le troisième poids, " une des rares sociétés spécialisées dans le bio et le bien-être qui soit encore disponible sur le marché ". Le secteur des petites capitalisations a également profité de l'arrivée de nombreuses spin-off de grands groupes, avec des sociétés comme Osram, Philips ou FNAC Darty, qui ont subitement retrouvé un grand dynamisme opérationnel une fois qu'elles ont repris leur destin en mains ", souligne Isabelle de Gavoty.