Officiellement, le dossier qui occupera principalement les Vingt-sept concerne la stratégie européenne de croissance "EU2020", qui doit renforcer la compétitivité de l'Union à partir de cinq piliers: l'emploi, la recherche et le développement, la politique d'énergie et du climat, l'éducation et la lutte contre la pauvreté. Mais les turbulences économiques et financières des derniers mois ont placé au premier rang des priorités politiques le débat sur la gouvernance économique, à savoir les instruments de meilleure convergence et contrôle des économies nationales afin d'éviter des dérapages tels que celui qu'a connu la Grèce, et qui a fait trembler l'union monétaire. Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, qui préside un groupe de travail sur ce sujet, a l'intention de faire approuver certains accords et conclusions partiels. De grandes avancées vers un gouvernement économique de l'Union ou un tableau de bord des économies nationales ne sont toutefois pas attendues. Le Premier ministre britannique David Cameron et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont ainsi déjà critiqué implicitement jeudi la proposition française de créer un gouvernement économique de la seule zone euro, estimant que l'Europe n'avait nullement besoin de "nouvelles institutions".