L'année 2021 s'annonce particulièrement incertaine pour les investisseurs, avec des valorisations qui sont particulièrement élevées sur les marchés boursiers, surtout pour les valeurs technologiques américaines. Du côté obligataire, la crise du coronavirus va repousser aux calendes grecques un possible mouvement haussier sur les rendements, une pression qui touche également la plupart des obligations d'entreprises présentant un risque acceptable. Trois gestionnaires d'actifs nous ont récemment proposé leurs solutions obligataires préférées.
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L'année 2021 s'annonce particulièrement incertaine pour les investisseurs, avec des valorisations qui sont particulièrement élevées sur les marchés boursiers, surtout pour les valeurs technologiques américaines. Du côté obligataire, la crise du coronavirus va repousser aux calendes grecques un possible mouvement haussier sur les rendements, une pression qui touche également la plupart des obligations d'entreprises présentant un risque acceptable. Trois gestionnaires d'actifs nous ont récemment proposé leurs solutions obligataires préférées. Chez Jupiter Asset Management, Harry Richards s'occupe de la gestion du fonds Jupiter Dynamic Bonds (LU0853555380), un produit noté quatre étoiles chez Morningstar qui dispose de la liberté d'investir sur l'ensemble des classes d'actifs obligataires. Durant les cinq dernières années, le portefeuille a dégagé une performance annualisée de 2,4% accompagnée d'une volatilité extrêmement limitée (autour de 4,6%). "Une de nos principales préoccupations est de limiter le risque baissier sur notre portefeuille, déclare Harry Richards. Et ceci nous a permis de dégager une performance trois fois plus élevée que la moyenne de notre catégorie depuis le lancement du fonds en 2012, tout en ayant une volatilité substantiellement moins élevée." Le gestionnaire souligne à ce titre que lors des phases de forte volatilité, comme au quatrième trimestre 2018, le fonds a évolué dans le sens inverse par rapport aux indices boursiers et au marché du haut rendement. Ce profil défensif a attiré une large communauté d'investisseurs, avec des actifs sous gestion qui approchent désormais les 10 milliards d'euros. Ce profil est obtenu en utilisant un mélange d'obligations gouvernementales de très haute qualité pour assurer la préservation du capital, et des obligations d'entreprises à haut rendement ainsi qu'une exposition significative sur la dette des pays émergents. La stratégie de Jupiter Dynamic Bonds intègre actuellement une vue relativement prudente sur le risque d'une hausse future de l'inflation. "L'afflux de liquidités en provenance des banques centrales n'a pas été utilisé pour investir de manière constructive, avec un impact sur l'inflation qui a été jusqu'ici relativement limité." En outre, il reste encore de nombreuses réserves disponibles tant sur le marché de l'emploi que dans l'économie. Le gestionnaire estime dès lors que ce contexte de déflation prolongée constitue une opportunité pour s'exposer sur les dettes souveraines à très long terme. "Sur la dette gouvernementale australienne à 30 ans, vous pourriez encore avoir un potentiel de 50% si le taux se dirige vers 0%", assure Harry Richards. Sur le crédit, il souligne que la compensation pour le risque pris a fortement reculé depuis le début des politiques d'expansion quantitative. Et le gestionnaire d'ajouter: "La crise sanitaire a créé une opportunité sur des secteurs défensifs résilients, avec un rendement attractif par rapport au risque pris par l'investisseur". Le portefeuille est actuellement exposé pour un tiers sur des obligations souveraines de haute qualité, une position compensée par des expositions plus rémunératrices dans le haut rendement et les marchés émergents. "Dans un contexte qui sera marqué par une hausse des défauts jusqu'en 2021, il faudra rester sélectif sur la qualité des émetteurs", conclut-il. Du côté de M&G, c'est M&G Optimal Income (LU1670724373) qui est mis en avant. Le fonds flexible prudent du gestionnaire britannique reste une réussite commerciale éclatante avec des encours supérieurs à 14 milliards d'euros, quatre étoiles chez Morningstar et une progression annualisée de 2,7% entre 2016 et 2020. Carlo Putti, investment director chez M&G, rappelle que ce produit a la possibilité d'investir de 0 à 100% sur l'ensemble des trois grandes classes d'actifs obligataires (souverains, dette d'entreprise de qualité, haut rendement) avec également la possibilité d'exposer le portefeuille jusqu'à 20% sur les marchés d'actions (actuellement autour de 3%). "Nous pensons qu'un risque sur l'inflation n'est pas à exclure et nous avons conservé des maturités relativement courtes dans notre portefeuille, dit-il. Même si nous convenons que les risques sont plutôt déflationnistes sur le long terme, nous pourrions avoir un choc de la demande en 2021 lorsque les économies rouvriront et que les particuliers chercheront à dépenser leur épargne accumulée pendant la crise." Les perspectives sur les obligations souveraines sont relativement peu engageantes en dehors de quelques segments comme les obligations américaines ou australiennes à long terme. A l'inverse, sur le marché du crédit, il existe une dispersion importante dans les segments du marché et Carlo Putti estime que ceci constitue une opportunité pour un gestionnaire actif. "Nous avons pris quelques bénéfices suite à la forte performance des obligations d'entreprises, de sorte que nous sommes pratiquement revenus à l'exposition que nous avions au début de l'année, avec une préférence pour les émissions investment grade par rapport au haut rendement. Dans l'ensemble, nous avons été très flexibles pour profiter des mouvements du marché et nous conservons actuellement un niveau élevé de liquidités dans le portefeuille." Chez Invesco, c'est un autre blockbuster dans les fonds flexibles défensifs qui était à l'honneur: Invesco Pan European High Income Fund (LU0243957239), avec des encours de 9,6 milliards de dollars et une notation quatre étoiles chez Morningstar soutenue par une performance annualisée de 3% durant les cinq dernières années. Lewis Aubrey Johnson, head of fixed income products chez Invesco, indique que l'impact le plus significatif de la crise sanitaire est le plongeon des rendements sur la dette américaine, "qui va avoir des conséquences importantes sur le positionnement futur des clients en retirant une des rares sources de rendement qui étaient encore sûres". Le fonds d'Invesco pourra détenir jusqu'à 30% en actions, même si le niveau n'a jamais réellement dépassé 20% depuis son lancement en 2007. "Notre stratégie d'investissement sur les actions nous pousse plutôt vers des grandes capitalisations européennes de qualité avec un rendement attractif, estime Lewis Aubrey Johnson. Nous pensons qu'il reste encore du potentiel sur les actions, la dette à haut rendement, et la dette bancaire". Selon lui, le redressement rapide des économies et le soutien des autorités monétaires devrait permettre à ce positionnement de dégager une performance appréciable, "d'autant que la recherche de rendement va rester féroce sur les marchés financiers".