Nous avons eu l'occasion de récemment rencontrer Pieter Busscher, le gestionnaire principal du fonds RobecoSAM Smart Materials, un des plus anciens produits de la gamme de fonds thématiques proposée par le gestionnaire suisse spécialisé dans l'investissement durable. Avec plus de 600 millions d'euros en actifs sous gestion, ce produit représente une alternative intéressante pour s'exposer sur les changements en cours dans nos sociétés et, notamment, sur l'utilisation plus efficiente des ressources et sur l'utilisation de nouveaux matériaux dans divers processus industriels.
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Nous avons eu l'occasion de récemment rencontrer Pieter Busscher, le gestionnaire principal du fonds RobecoSAM Smart Materials, un des plus anciens produits de la gamme de fonds thématiques proposée par le gestionnaire suisse spécialisé dans l'investissement durable. Avec plus de 600 millions d'euros en actifs sous gestion, ce produit représente une alternative intéressante pour s'exposer sur les changements en cours dans nos sociétés et, notamment, sur l'utilisation plus efficiente des ressources et sur l'utilisation de nouveaux matériaux dans divers processus industriels. Cette stratégie va s'exposer sur deux grandes orientations stratégiques. Premièrement, environ 55% des actifs sous gestion sont exposés sur l'utilisation de matériaux plus efficaces ou moins polluants que ceux utilisés actuellement, par exemple la fibre optique. Deuxièmement, le solde est exposé sur une utilisation plus efficace des matériaux, notamment dans le recyclage ou dans les processus de production (automatisation, logicials, robotique) en vue de réduire les gaspillages. " La proportion entre les deux grandes orientations n'est toutefois pas fixe et a eu tendance à fluctuer fortement au cours des années. " Dans la pratique, le portefeuille sera exposé sur 50 à 60 valeurs avec une durée de rétention qui avoisinera les deux ans, avec 45% des sociétés provenant des Etats-Unis, contre environ 25% pour l'Europe et l'Asie chacune. Parmi les principales positions du fonds reprises sur le site de Morningstar, figurent des sociétés telles qu'IPG Photonics, Albemarle, PTC Inc, Corning Inc, Hexcel, Thermo Fischer ou Dassault Systèmes. La performance en 2018 a toutefois été lourdement affectée par les craintes liées à une guerre commerciale ouverte entre les Etats-Unis et la Chine. Pieter Busscher ne pense cependant pas que ce thème aura un impact majeur sur le secteur des smart materials. " Nous avons terminé l'année sur une performance inférieure à celle du MSCI World, alors même que les sociétés ont continué d'annoncer de bons résultats, avec des marges en nette progression. Si les négociations débouchent sur davantage de protection au niveau de la propriété intellectuelle et plus d'ouverture du marché chinois, ce sera un élément positif pour notre secteur. Mais même si les négociations n'aboutissent pas à un accord, nous devrions assister à des décisions d'investissements plus localisées et la disparition de l'incertitude constituera un élément positif pour les marchés financiers et pour les valorisations sur notre secteur. " Une des nouvelles tendances du fonds Smart Materials concerne le recyclage et la substitution du plastique. " D'ici 2050, il y aura autant de plastique dans les mers du globe que de poissons. Nous ne recyclons actuellement que 5% des emballages que nous produisons et les gouvernements sont aujourd'hui en train d'augmenter la pression pour développer les initiatives dans ce domaine. Le recyclage du plastique devient un enjeu stratégique, comme ce fut le cas pour le métal par le passé. " " Les sociétés qui seront en mesure de se positionner sur une économie circulaire vont bénéficier de perspectives de croissance solides pour les prochaines décennies ", souligne Pieter Busscher. Pour autant, cette orientation stratégique représente actuellement moins de 10% des actifs sous gestion, notamment parce qu'il existe encore relativement peu d'alternatives cotées dans ce domaine. " Le poids de ce segment devrait toutefois augmenter rapidement durant les prochaines années. " Pieter Busscher souligne que l'utilisation plus efficace des matériaux est aujourd'hui une thématique qui est utilisée par de nombreuses sociétés, notamment dans les rapports de durabilité qui sont régulièremement publiés par les grands groupes cotés, " avec un niveau de transparence que nous n'avions jamais vu auparavant ". Dans le même temps, l'utilisation de logiciels visant à réduire les gaspillages dans les chaînes de production fait que de plus en plus de secteurs sont aujourd'hui affectés par cette transition industrielle. Une des thématiques centrales dans ce domaine concerne les développements autour des véhicules électriques. " Les batteries se dégradent aujourd'hui de manière beaucoup plus lente que par le passé et les matériaux utilisés sont également appelés à changer, avec les nouvelles générations de batteries, pour se reposer moins fortement sur le cobalt, en faveur du lithium et du nickel. Les producteurs traditionnels font aujourd'hui face à des changements règlementaires qui les poussent à investir fortement dans cette transition, avec une rentabilité qui sera lourdement mise sous pression durant les prochaines années. Nous préférons dès lors nous exposer sur ce domaine par l'intermédiaire des sociétés de leasing, des producteurs de batteries et de cathodes, ou les producteurs de semi-conducteurs. "