Dexia a certes réduit sa perte par rapport aux 4 milliards d'il y a un an mais le déficit demeure très lourd. Les causes sont par contre restées les mêmes : des moins-values sur les activités cédées dans le cadre du plan de restructuration et la crise financière qui renchérit les coûts de financement.

De par sa situation difficile, Dexia doit en effet consentir d'importantes primes au niveau de ses financements alors qu'elle est contrainte de financer sa division Legacy. Cette dernière regroupe les actifs (prêts, titres obligataire, etc.) hérités d'activités cédées ou arrêtées comme son rehausseur de crédits américain ou le financement des collectivités partout en Europe. À la fin juin 2012, les engagements s'élevaient à près de 84 milliards dont plus de 40% sont financés à court terme. L'apport de la garantie de la France et de la Belgique soulage certes Dexia mais cela reste insuffisant, d'autant plus que le groupe peine à se défaire de ces actifs à des prix convenables, les investisseurs (institutionnels) les jugeant trop risqués ou trop spécifiques. Certaines obligations étaient en effet conçues sur mesure pour le client.

Dexia progresse certes dans son plan de restructuration (prévoyant quasiment la cession totale ou partielle de toutes les activités) mais la Legacy Division demeure un fardeau quasiment insupportable. Karel de Boeck, qui remplacera Pierre Mariani au poste de CEO, devra s'atteler à réduire plus rapidement la voilure de cette division qui menace l'avenir du groupe.

Cédric Boitte

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