Les marchés financiers viennent de connaître un premier semestre véritablement catastrophique. Globalement, les principaux indices boursiers ont subi leur pire premier semestre depuis 1970. Evidemment, la période des six premiers mois de l'année est un peu arbitraire, d'autant plus que les Bourses ont historiquement connu leurs pires chutes en fin d'année (krachs de 1929, 1987 et 2008). Cependant, la correction est sensible: -16,5% pour le Stoxx 600 paneuropéen et 21,1% pour le S&P 500 américain.
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Les marchés financiers viennent de connaître un premier semestre véritablement catastrophique. Globalement, les principaux indices boursiers ont subi leur pire premier semestre depuis 1970. Evidemment, la période des six premiers mois de l'année est un peu arbitraire, d'autant plus que les Bourses ont historiquement connu leurs pires chutes en fin d'année (krachs de 1929, 1987 et 2008). Cependant, la correction est sensible: -16,5% pour le Stoxx 600 paneuropéen et 21,1% pour le S&P 500 américain. De plus, les investisseurs n'ont pu compter sur aucune bouée de sauvetage pour compenser. L'or a reculé, les cryptomonnaies se sont effondrées et les obligations connaissent une chute historique en raison de la remontée des taux. Les obligations souveraines américaines et de la zone euro affichent ainsi une perte globale de 13% au premier semestre. Selon les stratégistes de la Deutsche Bank, il faut remonter à l'année 1788 pour trouver trace d'un pire début d'année pour les bons du Trésor américain. A l'époque, les Etats-Unis étaient encore une toute jeune nation... La remontée des taux et la chute des obligations sont directement liées à l'emballement de l'inflation qui a dépassé les 8% en mai tant en Europe qu'aux Etats-Unis. Les banques centrales durcissent leur politique, notamment en relevant leurs taux directeurs, pour freiner la machine économique et éviter une surchauffe. Le scénario du pire serait une spirale inflationniste prix-salaires-prix comme cela s'était produit durant les années 1970. Toutefois, les banques centrales sont un peu aveugles quand elles usent du frein monétaire, tant les éléments sont nombreux. D'une part, toute hausse des taux directeurs n'a pas un effet immédiat sur l'économie. D'autre part, les sources d'inflation sont diverses et variées: hausse des dépenses des consommateurs, coût de l'immobilier, problèmes d'approvisionnement liés au covid, hausse des prix des matières premières et de l'énergie consécutive au conflit en Ukraine. Les marchés ne semblent ainsi plus croire à un atterrissage en douceur où les banques centrales parviennent à freiner l'économie pour ralentir l'inflation sans mettre à mal la croissance. Au contraire, leur principale préoccupation est aujourd'hui le risque de récession, devant l'inflation. Oui mais c'est aussi la période des vacances... Que faire, dès lors, avec son portefeuille avant de partir en voyage? Suivre nos 10 conseils et précautions... Certains s'avèrent relativement simples, d'autres se révèlent un peu plus subtils. Additionnés ou pris séparément, ils devraient de toute façon vous aider à passer un été financier sans trop stresser... Tant la panique que l'euphorie sont de mauvaises conseillères en Bourse. Vous les éviterez en grande partie en évitant de regarder l'évolution de votre portefeuille trop fréquemment. Vous risqueriez à la fois de prendre une mauvaise décision d'investissement et de gâcher votre séjour... > Lire aussi | Comment établir votre profil d'investisseurAprès une chute de 20%, la question que tout le monde se pose est de savoir quand réinvestir en Bourse. Soyons honnêtes: personne ne le sait avec un minimum de précision. Cela peut être aujourd'hui, dans un mois, dans six mois.... Toutefois, l'historique boursier est clair sur la tendance: le rebond est puissant après une chute d'ampleur. Pour profiter des opportunités en évitant de tout miser sur un timing aléatoire, vous pouvez investir progressivement, par exemple tous les mois. Les fonds se prêtent bien à cet exercice, car vous pouvez ainsi investir un montant réduit dans un panier d'actions. A noter que cette technique n'est pas à réserver aux périodes de tensions, elle permet globalement de discipliner l'investissement afin d'évacuer au maximum les émotions qui coûtent souvent cher en Bourse. En investissant un montant fixe régulièrement, vous achetez mécaniquement davantage de titres/parts de fonds quand les prix sont bas et moins quand ils sont (trop) élevés. > Lire aussi | Placements: un retour "mesuré" vers l'obligataireCes dernières années, le leitmotiv en matière d'investissements était de trouver des alternatives aux obligations qui ne rapportaient plus rien. Aujourd'hui, de plus en plus de stratégistes évoquent ouvertement ou à demi-mot un retour vers cette classe d'actifs. Les taux à 10 ans sont en effet un peu plus décents: 1,5% pour le Bund allemand, 2% pour l'OLO belge, 3% pour le bon du Trésor américain, 3,5% en Italie. De plus, les obligations à long terme (plus sensibles aux taux) peuvent profiter d'un ralentissement de l'inflation et surtout, offrir une protection en cas de récession sévère. Dans les deux cas, les banques centrales devraient arrêter de relever leurs taux directeurs, voire les diminuer si la situation économique est fortement dégradée. Ce qui ferait grimper les cours des obligations à long terme d'émetteurs souverains et solides. Le meilleur fonds en obligations internationales selon Morningstar est le PIMCO GIS Global Bond Fund E Class EUR (avec couverture du risque de change. Code Isin: IE00B11XZ103). La situation économique des différentes régions du monde est aujourd'hui fort différente. N'investir que dans une seule vous expose ainsi à des risques spécifiques: pénurie d'énergie en Europe, politique zéro covid en Asie, cycle inflation-salaires aux Etats-Unis. Votre portefeuille sera bien plus résistant en diversifiant votre exposition. Selon Morningstar, les meilleurs fonds en actions mondiaux sont Capital Group World Growth and Income et Axa World Funds Global Factors Sustainable Equity avec note qualitative Argent et une appréciation quantitative de quatre étoiles (sur cinq). Au niveau indiciel, l'ETF Xtrackers MSCI World Quality (XDEQ en Bourse de Francfort ; ISIN: IE00BL25JL35 ; frais annuels de 0,25%) vous offre une exposition à environ 300 entreprises mondiales de qualité cotées sur les marchés développés (Amérique du Nord, Europe occidentale, Japon, Océanie). Un ETF Xtrackers MSCI Emerging Markets (XMME en Bourse de Francfort ; ISIN: IE00BTJRMP35 ; frais annuels de 0,18%) vous permettra de compléter votre exposition en y ajoutant les pays émergents (dont avant tout l'Asie). Il y a six mois, rien ne semblait pouvoir perturber le développement des sociétés immobilières réglementées (SIR) belges. La remontée rapide des taux en a toutefois décidé autrement. D'autant plus que l'actualité a aussi pesé sur les deux principaux segments. Les spécialistes de l'immobilier de soins (Aedifica, Care Property Invest, Cofinimmo) ont été affectés par le scandale Orpea concernant sa gestion des maisons de repos. Dans l'immobilier logistique, WDP, VGP (qui n'a pas le statut de SIR), Intervest O & W et Montea ont souffert du ralentissement de l'e-commerce après l'euphorie des deux dernières années. Ces impacts semblent toutefois temporaires. Les besoins de maisons de repos et de cliniques demeurent élevés dans un contexte de vieillissement de la population et les SIR ne sont propriétaires que des murs, pas responsables de l'exploitation. La croissance à long terme des ventes en ligne n'est également nullement remise en cause. Cofinimmo et Intervest O&W affichent un rendement de dividende net de 4,2%, supérieur à leurs concurrents directs, en raison de leur exposition historique (et aujourd'hui réduite) aux immeubles de bureaux. Aedifica (rendement de dividende net de 3,4%) a l'avantage de bénéficier d'un précompte réduit de 15%. Les analystes plébiscitent aussi Inclusio (logements sociaux) et Xior (kots d'étudiant). > Lire aussi |Année catastrophique pour les immobilièresLes valeurs de croissance ont particulièrement souffert de la correction des Bourses. La principale raison est la remontée des taux. La valorisation de ces entreprises repose en grande partie sur les bénéfices qui seront réalisés dans un futur éloigné. Pour déterminer leur valeur actuelle, les analystes appliquent un taux d'actualisation qui est basé sur les taux d'intérêt de référence. En conséquence, lorsque les taux montent, la valeur actuelle de ces bénéfices futurs diminue. Un environnement marqué par un ralentissement de l'économie (voire une récession), de l'inflation et des taux est plus favorable à ce type d'actions. Depuis le pic des taux américains du 14 juin, l'indice Nasdaq Composite, davantage axé sur la croissance, fait ainsi un peu mieux que le Dow Jones à l'accent plus industriel. Il n'est toutefois pas question de retour à l'euphorie des deux dernières années quand tous les projets de croissance étaient valorisés au plus haut. Les actions susceptibles de profiter d'un soulagement des taux sont celles d'entreprises rentables ne dépendant pas de financements continus pour développer leurs projets et affichant des valorisations raisonnables. Ce qui inclut les géants comme Apple, Microsoft ou Alphabet (Google) qui affichent un rapport cours/bénéfices de 20 à 26 (soit un rendement bénéficiaire de 3,8% à 5%). Les sociétés de cartes de payement (Mastercard, Visa) sont aussi d'importants membres de l'indice MSCI World Growth des grandes entreprises de croissance rentables. En Europe, retenons notamment ASML (équipement de production de semi-conducteurs), LVMH, L'Oréal ou Schneider Electric qui ont sensiblement corrigé au premier semestre. Sartorius (équipement médical de pointe) et Adyen (traitement de payements) présentent des valorisations plus élevées, mais connaissent une croissance rapide, génèrent de solides flux de trésorerie et ont chuté de plus de 50% depuis leur sommet. > Lire aussi | Investir : "Nous sommes en train d'attendre la tempête"Peu importe la conjoncture, nous continuons de nous nourrir, de boire, de nous laver, etc. Bref, le secteur de la consommation de base peut adapter ses prix quand l'inflation s'emballe et est peu sensible aux récessions. Il devrait même plutôt en profiter au travers d'une correction des prix des matières premières. Vous pouvez, par exemple, miser sur l'ETF Xtrackers MSCI World Consumer Staples (XDWS en Bourse de Francfort, code ISIN: IE00BM67HN09 ; frais annuels de 0,25%) au niveau mondial. Ou vous constituer votre propre portefeuille avec des valeurs comme Procter & Gamble, Nestlé, Unilever, PepsiCo, Coca-Cola, AB InBev, Diageo ou Danone. > Lire aussi | Consommation: le retour des choix réfléchis?L'Europe doit plus que jamais investir dans une plus grande indépendance énergétique et la neutralité climatique. Ce dont devrait profiter le secteur de l'énergie propre qui vient de connaître une période difficile en raison de la remontée des taux. Au niveau mondial, l'ETF iShares Global Clean Energy (INRA sur Euronext Paris ; ISIN: IE000U58J0M1 ; frais annuels de 0,65%) a une approche globale: pays développés et émergents, installateurs, exploitants et stockage. En Europe, le secteur est dominé par les groupes danois Vestas (éoliennes) et Orsted (centrales renouvelables, ambitions dans la capture de CO2). Le producteur d'éoliennes Siemens Gamesa est en cours de rachat par le conglomérat allemand. Dans le segment des centrales électriques renouvelables, nous pouvons également retenir le portugais EDP Renovaveis (filiale du géant portugais de l'énergie EDP) ou le plus petit acteur français Neoen. Certains secteurs étaient bien positionnés pour profiter des pressions inflationnistes et des pénuries dans un environnement de croissance économique. Toutefois, le glissement des risques vers la crainte d'une récession change la donne. Les sociétés minières ont ainsi commencé à corriger depuis quelques semaines dans le sillage des matières premières. Le secteur du tourisme (compagnies aériennes, hôtels et restaurants, parcs d'attractions) voit s'éloigner les belles perspectives post-covid alors que les budgets des ménages sont sous pression. Les croisiéristes Royal Carribean Cruises et Carnival ont même signé les pires performances du S&P 500 au deuxième trimestre. On peut ajouter bien d'autres secteurs exposés à la conjoncture comme la sidérurgie, l'automobile, la chimie ou même l'énergie. Les perspectives des majors pétrolières sont plus contrastées maintenant que les prix des énergies fossiles se contractent (sauf pour le gaz en Europe) et que plusieurs Etats envisagent d'imposer ou imposent déjà davantage leurs bénéfices afin de financer des mesures d'aide. > Lire aussi | La fin des holdings trop chersIl y a cinq mois, les planètes semblaient enfin alignées pour permettre au secteur bancaire (européen) de rebondir. Les taux remontaient progressivement, la croissance était robuste et les marchés bien orientés. Hélas, cela n'a pas duré. Les taux plus élevés devraient certes soutenir les revenus d'intérêts, mais cela risque fort de ne pas suffire. La très forte volatilité des marchés pèse sur les activités de banque d'investissement (notamment les fusions, introductions en Bourse, placements de titres...) et sur les commissions. En outre, la menace d'une récession alimente les risque de pertes sur crédits (entreprises et ménages ne parvenant pas à rembourser leurs traites). D'autant plus qu'il faut y ajouter les faillites "reportées" grâce aux soutiens publics depuis le début de la pandémie. La Belgique a, par exemple, dénombré 988 faillites en mai, le troisième pire chiffre mensuel jamais enregistré.