" Great ! ", a tweeté Donald Trump dans la soirée du mercredi 25 janvier, après que le Dow Jones a atteint pour la première fois de son histoire les 20.000 points. Certes, l'indice qui ne regroupe que 30 groupes américains (American Express à Walt Disney) n'est pas vraiment représentatif. Les professionnels s'attachent bien plus volontiers à l'indice S&P 500 (qui regroupe, lui, les 500 principales actions américaines). Mais ce nouveau record, neuf semaines seulement après avoir pour la première fois passé le cap des 19.000 points, prouve que malgré les interrogations politiques de plus en plus nombreuses concernant la présidence de Donald Trump, les marchés financiers restent en mode bullish.

Gare à la douche froide cependant, avertit le prix Nobel d'économie Robert Shiller. " Les marchés s'illusionnent, dit-il. Ils considèrent Donald Trump comme un génie des affaires, capable de rendre sa grandeur à l'Amérique grâce à ses talents de négociateur " et à une politique d'investissements publics massifs et de baisse des impôts. Mais les leçons du passé ne prêtent guère à l'optimisme. " Le meilleur parallèle qui nous vient à l'esprit pour mettre Donald Trump en balance avec d'anciens présidents des Etats-Unis est peut-être Calvin Coolidge, qui fut extrêmement favorable à une réduction des impôts en faveur des entreprises ", poursuit Robert Shiller.La grande affaire du peuple américain, ce sont les affaires, affirmait Calvin Coolidge, tandis que son secrétaire du Trésor Andrew Mellon, l'un des hommes les plus riches d'Amérique, plaidait pour des baisses d'impôt pour les riches - qui étaient censés réinjecter ce bonus dans l'économie et donc profiter aussi aux moins fortunés. Las. Calvin Coolidge, au contraire, nourrit une bulle spéculative qui éclata à l'automne 1929, peu après son départ de la présidence.

Mais Robert Shiller met aussi en garde contre une autre illusion : à première vue, l'indice Dow Jones a gagné 70 % depuis l'an 2000. Mais attention, dit-il, c'est oublier l'inflation. Corrigée de l'inflation, la hausse sur 17 ans n'est que de 19 %. En termes réels, l'investissement boursier a rapporté 1 % par an. Pas de quoi pavoiser.